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Le poids du contexte (inter)national 

Au plus bas dans les sondages – seulement 16 % d'opinions favorables selon la dernière étude Ipsos  – Emmanuel Macron tente de convoquer cette réunion pour montrer son activité et rappeler que le contexte international justifie le prix des carburants. Une position maintenue par le chef de l’État, notamment sur ses réseaux sociaux : « Ce qui se passe à des milliers de kilomètres de chez nous finit toujours par peser sur notre quotidien. », pouvait-on lire sur son compte X hier. Cette tentative de justification intervient alors que la grogne sociale se fait entendre de plus en plus fort. Certains appellent même au retour des gilets jaunes, un souvenir douloureux pour le président de la République et une tache indélébile de son mandat.

Eymeric Eymet édité par Héloïse Lartia

Alors que les prix à la pompe atteignent un prix record et que la situation internationale se dégrade, Emmanuel Macron convoque ce matin, à l’Élysée, les chefs de partis de l’Assemblée nationale.

Après le Conseil de défense tenu par Macron ce mercredi, c’est une nouvelle réunion qui s’ouvre ce matin à l’Élysée. Celle-ci se tient en « format Saint-Denis », c'est-à-dire en réunissant tous les chefs de partis et candidats à l'élection présidentielle. Objectif de l’opération ? Évoquer la « dégradation rapide » de la situation géopolitique, ainsi que la hausse brutale des prix des carburants. Ces derniers ayant atteint des records historiques, avec pour le gazole une moyenne nationale autour de 2,40 € par litre. 

Transmettre avant 2027 

Les principaux candidats à l'élection présidentielle sont présents ce matin à l’Élysée. Du côté du Rassemblement National et de La France insoumise, ils seront représentés non pas par leurs candidats – Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon – mais respectivement par Jordan Bardella, chef du RN, et Manuel Bompard, coordinateur de LFI. D’autres chefs de partis sont aussi conviés ce matin, du MoDem à l’UDR en passant par l’UDI.

En plus du défilé des personnalités politiques, d’autres figures clés seront présentes. Comme le directeur général de l'énergie, le chef des autorités militaires et celui des renseignements. Le but est de transmettre des informations confidentielles à ces responsables politiques présents, dont certains espèrent accéder à l’Élysée. Le tout dans un contexte de campagne présidentielle déjà lancée dans les médias depuis plusieurs mois.

À lire aussi : Carburants : de fortes disparités de prix dans les stations services alsaciennes

C'est le cabinet de conseil Deloitte qui a été choisi pour mener l'audit des comptes de la municipalité strasbourgeoise.

La maire socialiste Catherine Trautmann a fait appel à l'entreprise privée Deloitte pour analyser les comptes de la ville.

Après sa victoire aux élections municipales de Strasbourg en mars 2026, Catherine Trautmann tarde à adopter une ligne économique claire. Les résultats du double audit financier sur l'endettement de la ville promis durant sa campagne politique et commandés à son arrivée paraissent aujourd'hui. Retour sur cette promesse de campagne et ce qu’elle présage en matière de gestion municipale.

Des prestations de plus en plus courantes

Lors de la présentation de cette démarche, la majorité avait indiqué vouloir un audit « indépendant » et « rapide ». Mais cet argumentaire ne semble pas suffire à l’opposition : « Se dire qu’on donne les clés de l’état des finances à une entreprise privée… Et qu’elle va dicter les choix financiers qu’on va faire, pour une équipe qui se dit socialiste, c’est quand même choquant. » Sollicité par Webex, le premier adjoint chargé des finances, Mathieu Cahn, n’a pas souhaité répondre avant la conférence de presse qui dévoilera les résultats de l’audit, cet après-midi.

De nombreuses villes font appel à des cabinets de conseil des “big four”. Cette pratique est loin d’être exceptionnelle. En 2021, la ville de Marseille avait elle aussi sollicité les services de Deloitte pour réaliser un audit. Plus récemment, en juin 2026, Ernst & Young a mené une analyse financière de la ville de Bordeaux. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement national. L’Ugap (Union des groupements d’achats publics), principale centrale d’achat public française, a passé un accord-cadre d’un montant de 315 millions d’euros avec Deloitte. Conclu pour une durée de trois ans, il a débuté le 6 mars 2026. Concrètement, il permettra aux acteurs publics, collectivités locales entre autres, de recourir aux services de Deloitte sans publier de nouvel appel d'offres. 

Une firme internationale parfois éclaboussée

Épinglée à plusieurs reprises, notamment en 2014 lors du scandale des Luxembourg Leaks, l'entreprise figurait parmi les quatre géants de l'audit ayant conclu des accords fiscaux secrets avec l'administration luxembourgeoise. Ce pays, aux normes très souples et classé comme paradis fiscal par Oxfam, permettait alors à des multinationales comme Apple, Amazon, IKEA ou la Deutsche Bank d'optimiser massivement leurs prélèvements fiscaux. Cette affaire n’a donné lieu à aucune poursuite judiciaire, mais a tout de même inspiré l’UE pour imposer aux États membres plus de transparence et de coordination en matière fiscale. 

En 2025, le cabinet de conseil anglais s’est à nouveau retrouvé dans la tourmente, après avoir remis au gouvernement australien un rapport stratégique de 237 pages sur la fraude aux prestations sociales, comportant de fausses références et des citations erronées. La société Deloitte avait alors admis qu’il renfermait des erreurs, et qu'elle l'avait rédigé à l’aide de l’intelligence artificielle, sans faire explicitement de lien entre les deux. Un épisode documenté par The Australian Financial Review. 

Dernière affaire en date pour Deloitte en février 2026, juste avant la commande de l’audit sur les finances publiques de la Ville et de l'Eurométropole de Strasbourg. Le cabinet a été assigné devant le tribunal de commerce de Nanterre par 700 actionnaires de l’entreprise française Atos, qui l’accusent d’avoir caché la situation financière du géant de l’informatique. Ces derniers chiffrent leur perte à environ 40 millions d’euros ; la procédure est toujours en cours. Contactée, l’entreprise Deloitte n’a pas répondu à nos sollicitations.

Marion Guédot, Carl Lefebvre, édité par Jeanne-Esther Eichenlaub

Depuis la prise de contrôle de la Ville par la nouvelle municipalité, l’opposition gronde, accusant la maire Catherine Trautmann de « geler les projets », voire de mener « une politique du grand effacement », selon les mots de Syamak Agha Babaei, ex-premier adjoint de la maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian. Une maire socialiste fait donc réaliser un audit sur les finances publiques de la Ville et de l’Eurométropole par l’un des “ big four” du conseil, l’entreprise Deloitte, au chiffre d'affaires de plus de 67 milliards de dollars en 2024. Un choix qui cristallise la critique au sein des opposants de gauche depuis des mois. Le groupe Strasbourg Juste et Vivante (Les Écologistes et alliés) s’interroge sur le recours à un prestataire privé, alors que des entités publiques et indépendantes, telles que la Chambre régionale des comptes (CRC) du Grand-Est, ont déjà rendu leur copie. 

Le dernier rapport de la CRC date d’ailleurs de juin 2025. Il portait sur tous les exercices financiers de la Ville depuis 2019 et délivrait les conclusions suivantes : « La chambre appelle la commune à la vigilance et lui recommande d’accroître son niveau d’épargne, en optimisant ses dépenses de fonctionnement, de manière à pouvoir financer les investissements à venir tout en contenant la capacité de désendettement en-dessous du seuil de 12 ans à l’horizon 2027. » Une position qui semble plutôt mesurée, au milieu des invectives échangées entre la majorité et l’opposition au sujet de la dette. « Est-ce qu’il fallait vraiment dépenser 100 000 euros en les donnant à une entreprise privée ? », pique Syamak Agha Babaei, l’ancien adjoint chargé des finances et conseiller municipal. « Tout ça n’est qu’une mise en scène politique. »

Titiou Lecoq sera présente le 2 octobre aux Bibliothèques idéales pour présenter son dernier ouvrage. Crédits photo : Chloé Vollmer

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