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Pendant le confinement, c’est tout notre être qui a été forcé au changement. Le corps, son chaînon le plus malléable, a été rudement éprouvé. Manque de sommeil, prise de poids, injonction à rester parfait... Les chairs ont ressenti que relaxation et dépense physique sont nécessaires à son bien-être.

 

Les mains, outil de l’ingéniosité et de la créativité, ont repris leur place au coeur des activités. Il aura fallu un enfermement prolongé pour rappeler combien elles étaient utiles. Musiciennes, cuisinières, couturières, joueuses : c’est sûr, elles sont bien plus qu’un refuge à l’ennui. 

Avant la pandémie, l’esprit évoluait à toute vitesse : pas un instant de libre. Et puis, tout a changé. La claustration a bouleversé le cours de nos pensées en même temps qu’elle ouvrait une période propice à la réflexion. On a appris de nouvelles langues, on s’est cultivé dans son salon, on a songé à déménager à la campagne. Au fond, on a rêvé un retour à des valeurs plus essentielles.

Pendant un bref instant, les priorités des Bas-Rhinois ont changé. Chacun a pu toucher du doigt un mode de vie plus en adéquation avec lui-même. Et réaliser que les technologies, indispensables pour garder un lien, ne rivaliseront jamais avec le contact humain.

 

Dans le cimetière, une pierre tombale recense tous les concerts passés du duo. © Lucas Jacque

Dans le bar du hub, les visiteurs peuvent commander un verre virtuel tout en regardant le concert. © Lucas Jacque

Problème : le retour dans son logement strasbourgeois approche et aucune solution n’a été trouvée pour l’entretien de ses plantes. Il espère pouvoir continuer à s’en occuper “les week-ends et pendant les vacances” et ajoute vouloir “emporter des pousses pour les replanter dans des pots, même si c’est compliqué de jardiner dans un 10m²”.

Des créations uniques

Depuis le confinement, Luna Tavernier, 18 ans, s’est même lancée dans la confection de vêtements de A à Z. “Je fais vraiment au feeling, je tente et je recommence. J’ai déjà créé une jupe à boutons et un haut dos nu en satin de toutes pièces mais sinon je coupe, je mets des pièces parfaitement à ma taille”, explique-t-elle. Elle est d’ailleurs propriétaire d’une friperie à Strasbourg, qu’elle a baptisée Le Grenier. Elle y vend des vêtements de seconde main, qu’elle reprise au besoin. “La fast fashion, on essaie d’oublier au maximum”, recommande-t-elle. Aussi appelée mode éphémère en français, cette expression anglo-saxonne désigne le renouvellement rapide des collections, pour pousser à racheter sans cesse des vêtements neufs. Le rejet grandissant de cette mode jetable a mené à l’ouverture de nombreuses friperies, ces dernières années, dans le Bas-Rhin.

Avoir des vêtements à sa taille et résister à la fast fashion, c’est aussi l’ambition d’Éloïse Perrin, une étudiante de Strasbourg. À 20 ans, elle a entièrement réalisé près d’une vingtaine de vêtements depuis le confinement. Depuis des semaines, elle se sert de “vieux tissus qui traînent”. En plus de redonner vie à d’anciennes tenues, la jeune femme ne néglige pas la qualité de son travail. “Je sais que les vêtements que j’ai créés sont bien faits car je me suis attardée sur des détails. Ça devrait me durer quelques années”, espère l’étudiante. Même si ses créations ne seront pas “la dernière pièce ultra tendance”, peu importe, ses vêtements ne ressemblent à aucun autre. 

Eva Moysan
Léna Romanowicz

Le temps du confinement a permis à chacun une réflexion sur son mode de vie et sur le “monde d’après” que beaucoup veulent construire. Et la couture pourrait bien en faire partie.

Stéphanie, 40 ans, a peu de temps pour ses loisirs depuis le début de la crise sanitaire. Enseignante en maternelle à Strasbourg, elle doit jongler entre la garde de ses deux enfants et le télétravail. Ses moments off, elle a décidé de les consacrer à la réalisation de ses projets couture, dans le cadre d’une démarche zéro déchet. Lingettes démaquillantes, sac à tarte ou encore retouches sur des vêtements, l’enseignante a plein d’idées pour limiter ses déchets et les achats superflus. Léa, qui milite chez Zéro Déchet Strasbourg et au collectif Éthique sur l’étiquette l’assure : “Le zéro déchet a motivé pas mal de gens à coudre des choses simples comme des sacs de vrac.” 

De nouveaux adeptes

Matthieu Kieny fait partie de ceux qui ont décidé de plonger leurs mains dans le terreau pour la première fois. Avec sa femme, ils ont emménagé en septembre 2019 dans une maison avec jardin à Eckbolsheim. “Avant, nous vivions en appartement donc c’était compliqué. J’aurais pu essayer sur le balcon mais ça ne m’intéressait pas”, indique-t-il. Maintenant que la place n’est plus un problème pour lui, Matthieu a construit deux carrés potagers. “J’y ai planté des choses basiques, je voulais d’abord voir si j’avais la main verte. On a des tomates, des courgettes, des concombres, des radis et des poivrons. Ah, et aussi deux pommes de terre qui avaient commencé à germer au fond de mon placard”, précise le jeune homme, charmé par ce nouveau passe-temps. “C’est une activité qui détend. Suivre l’évolution de la plante, passer d’une simple graine à un légume, c’est super intéressant”, sourit-il.

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