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Catherine Trautmann voulait le lancer dès son éventuelle élection. Elle l’avait annoncé en même temps que l’officialisation de sa candidature aux dernières municipales, le 10 octobre 2025. C’est désormais chose faite : les conclusions de l’audit financier portant sur l’endettement de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg seront présentées cet après-midi. Elles ont suivi le même processus, démarré au printemps et confié aux mains du cabinet de conseil britannique Deloitte.

Aux Dernières Nouvelles d’Alsace, en juin, la maire socialiste indiquait vouloir « un appui indépendant, hors politique et hors polémique, à la stratégie financière, pour éclairer les choix budgétaires à venir ». Elle ajoutait « [avoir] besoin d’un audit pour connaître le rythme de désendettement ». Mais en avait-elle vraiment besoin pour évaluer la dette, ou pour asseoir une nouvelle politique plus austéritaire, aux antipodes de la doctrine dépensière de sa prédécesseure ?

Un rapport récent de la Chambre régionale des comptes (CRC) Grand-Est faisait déjà une synthèse de la gestion budgétaire écologiste, puisqu’il avait été publié le 23 juin 2025. Les magistrats indiquaient que la dette de la ville de Strasbourg avait bondi, passant de 203 millions d’euros au début du mandat à une projection tablant sur 491 millions d’ici 2027. 

Ils envisageait également un délai de désendettement à « 11,9 années en 2027 », le seuil d’alerte étant fixé à 12 ans. Mais il s’agit là d’un indicateur recommandé par l’État, et en aucun cas d’une limite légale. Ce que ne manque pas de rappeler Syamak Agha Babaei (SE), ex-premier adjoint chargé des finances, qui tente d’expliquer les choix budgétaires de son équipe, dirigés vers les investissements : « Le seuil des 12 ans est une « bonne pratique » financière qui n’a aucun lien avec la durée d’amortissement d’un équipement. Vous ne construisez pas une école à 25 millions d’euros pour qu’elle soit utilisée 12 ans ! »

Cette démarche – et en particulier la décision de recourir à un prestataire privé – a fait l’objet de vifs débats au sein du nouveau conseil municipal, avec des critiques menées de front par le groupe d’opposition formé autour de la maire sortante, Jeanne Barseghian (Les Écologistes) ; ainsi que celui mené par Florian Kobryn (LFI). 

Clash sans fin au sujet de la dette

La guéguerre entre la socialiste et l’écologiste ne date pas d’hier. Pourtant, il y a six ans, les deux femmes avaient hésité à faire liste commune pour les municipales de 2020. Depuis, les clashs n’ont pas cessé et la campagne de 2026 a vu le débat se brutaliser autour des finances publiques à plus d’une reprise. « Je ne suis pas surprise de la situation des finances de la Ville, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit si difficile », lançait encore la maire, élue fin juin, devant les médias. Syamak Agha Babaei, désormais conseiller municipal d’opposition, dénonce une stratégie qu’il juge revancharde : « Il s’agit de vendre une situation catastrophique pour justifier la trajectoire libérale de la nouvelle équipe municipale, avec une réduction des services publics, une politique d’inaction et anti-écologique. » Sollicité par Webex, le premier adjoint chargé des finances, Mathieu Cahn (PS), n’a pas souhaité répondre et nous a renvoyé vers la conférence de presse qui se tiendra cet après-midi.

Le 30 juin, lors d’une rencontre devant les médias à l’occasion des 100 premiers jours de son mandat, Catherine Trautmann résumait aux journalistes les grands projets à venir. A savoir : un nouvel incinérateur, la relance du tram Nord, une circulation plus fluide sur la M35 et un projet de gare « suspendue et futuriste », connectée à la route métropolitaine. Des réalisations conditionnées aux résultats de l’audit : « Mon problème c’est l’argent. On a un mur devant nous », indiquait-elle aux journalistes. 

Des projets suspendus pour être réévalués

La réalisation de cet audit budgétaire - même si Mathieu Cahn s’en est défendu à plusieurs reprises dans la presse ces derniers mois - coïncide avec la mise à l’arrêt de nombreux chantiers entamés par la municipalité sortante, pour les rediscuter, les « revoir » ou encore les « rephaser ». 

“L’exemple phare pour moi, c’est la maison urbaine de santé du quartier Laiterie, déplore Syamak Agha Babaei. Des médecins et soignants réfléchissent depuis deux ans à la configuration des locaux, au recensement des besoins et à l’accueil des patients… Est-ce que ce collectif sera encore là après la suspension ? » A ce jour, aucun nouveau calendrier n’a été détaillé par l’équipe de Catherine Trautmann. 

La construction de cette maison de santé avait pourtant été approuvée en février 2026 par le conseil de l’Eurométropole. Elle devait pallier une offre de soins dégradée dans le quartier Laiterie, classé Quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV). Un statut qui offre l’appui financier de l’Agence régionale de santé Grand-Est pour encourager les professionnels à venir s’y installer. 

Autre projet interrompu : le réaménagement de la place d’Ostwald, qui doit être rediscuté alors qu’un collectif d’habitants travaille sur le dossier depuis déjà quatre ans. Ce lieu central du quartier de Montagne Verte, aujourd’hui traversé par un trafic automobile important, devait être végétalisé et repensé pour « la vie de quartier ». Un marché public relatif à ces travaux avait été ouvert par l’Eurométropole en décembre 2025. Mais puisqu’ils n’avaient toujours pas commencé, un coup de frein a été donné.

Flou manifeste autour de l’Opéra national du Rhin

La rénovation de l’Opéra national du Rhin (OnR), lieu culturel emblématique de la capitale européenne, a aussi été bousculée. Un report décidé par celle qui a été ministre de la Culture sous Lionel Jospin, et qui a vu l’obtention par l’établissement du label “Opéra national”, lors de son premier mandat à la tête de la mairie de Strasbourg. Pendant les travaux, prévus de 2029 à 2033, l’OnR était censé déménager dans le Palais des Fêtes, second bâtiment dont la réfection devait permettre de l’accueillir temporairement, avec de premières briques à l’été 2026.

Mais encore une fois, le calendrier a été revu. Dans les lignes d’Actu.fr, le 13 septembre 2026, l’adjoint à la culture Pierre Jakubowicz (HOR) évoquait un défaut de permis de construire pour ce second ouvrage, « qui n’aurait jamais été déposé ». « Les groupements qui étudient les différents scénarios pour les travaux n’ont pas encore rendu leurs conclusions », ajoutait l’adjoint, qui indiquait vouloir sécuriser une saison supplémentaire à jauge pleine pour l’Opéra. 

Un argument que ne comprend pas Syamak Agha Babaei : “C’est un artifice pour ne pas répondre aux questions. On avait un lieu, ce sujet a été débattu autour d’une table avec l’État, les architectes des bâtiments de France, la Région et la CEA. A aucun moment je n’ai le souvenir qu’un problème de permis de construire ait été soulevé. Par ailleurs, je mets au défi la nouvelle mandature de trouver un autre endroit et d’engager les travaux.» 

Les premières options devraient être proposées par la municipalité à la mi-octobre. D’autres réponses sont attendues dès cet après-midi par les oppositions de gauche. 

Marion Guedot et Carl Lefebvre 

Poser des visages sur l’équipe

Hôtesse, régisseur, chargée de relation presse, secrétaire générale… L’initiative permet également de voir qui se cache derrière le rideau. Au stand 4, Sandro, régisseur lumière, sort de sa poche deux photos en noir et blanc. Le public se penche et sourit à la vue du visage enfantin, devenu grand technicien. « Et vous, quelle relation tissez-vous avec le passé ? », commence-t-il, avant de dérouler le récit de « Thésée, sa vie nouvelle », une pièce de théâtre adaptée du roman éponyme de Camille Toledo et mise en scène par Guy Cassiers. Attentifs, quelques spectateurs entourent sur leur brochure les dates de représentation, les 14, 15 et 16 octobre.

Sur le stand voisin, Antonio, directeur technique, vient de terminer sa première rotation. « Ça nous implique différemment, c’est un challenge où chacun donne de sa personne », sourit celui qui a plus de 20 ans de métier. Une volonté de la direction, désireuse de travailler sur la rencontre et la proximité avec le public.

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Ce semestre, Barbara Engelhardt a choisi la thématique du « populaire », cette notion « aux facettes multiples » également porteuse d’un « risque particulier », celui du populisme. Ces six premiers mois seront notamment ponctués du festival de l’émergence européenne, du 6 au 14 novembre, et se concluront par une session « paysage », du 27 janvier au 5 février : 10 jours avec Rébecca Chaillon, autrice, metteuse en scène et comédienne française, également féministe et militante queer.

L’ultime jingle retentit dans le hall. Certains déjà conquis, s’empressent vers la billetterie. D’autres, préfèrent prendre le temps de réfléchir à leur sélection autour d’une citronnade bien fraîche.

Anaïs Coste

Spectateurs habitués comme novices découvrent la programmation du théâtre dans un cadre intimiste. © Anaïs Coste

En marge des grandes rencontres, l’institution strasbourgeoise mise sur un moment de convivialité pour présenter sa programmation du premier semestre.

Des canapés, des bancs et des poufs installés en îlots sous une lumière chaleureuse. Ce mardi 15 septembre, le grand hall vitré du théâtre du Maillon se mue en petit cocon pour la présentation de sa programmation du premier semestre, pensée sous forme de speed-dating. Le concept : les membres de l’équipe du théâtre disposent de quatre minutes pour présenter un spectacle de leur choix à une cinquantaine de personnes réparties sur huit îlots. À la fin du temps imparti, signalée par un jingle, chaque groupe se dirige vers l’îlot suivant. 

C’est la troisième édition du genre. Pour Lionel, qui n’a pas loupé un seul rendez-vous, fini le grand comité, organisé dans une vaste salle, où la directrice présente, seule, les tableaux de cette saison. « J’en avais marre de rester assis dans un siège pendant deux heures. Là, c’est plus vivant, avec différentes manières de parler. »

À l’entracte, le jeune homme fait le point sur les premiers spectacles présentés, avec ses deux amies Ly et Manon. Tous s’accordent sur la pièce de théâtre « Les mots qu’on ne me dit pas », du roman éponyme de Valérie Poulain et repris par Éric Massé. « Le format plus intimiste m’a permis de comprendre l'œuvre plus en profondeur », explique Ly, qui assiste pour la première fois à ce genre d’événement. Elle a même noté l’atelier de langue des signes française lié au thème de la pièce.

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