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Des salaires de fonctionnaires toujours stagnants
Pour les fonctionnaires, 2027 sera une énième année blanche. La valeur du point d’indice, bloqué à 4,92 euros depuis juillet 2023, le sera encore au prochain budget. Ce point, multiplié à un indice majoré propre à chaque fonctionnaire, au regard de son ancienneté et de son poste, permet de calculer son salaire brut.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a qualifié la reconduction du gel de « scandale » et a renouvelé son appel à une « journée noire » de grève de la fonction publique le 29 septembre. Le premier ministre, qui espère que la mesure rapportera 2 milliards d’euros, dit rester ouvert à des discussions avec les syndicats pour protéger les salaires les plus bas de l’inflation.
Un tabou encore trop présent
Patricia Claudon, l’assistante de communication du Service de santé étudiante (SSE), temporise. Pour elle, la mise en place du nouveau RSE est une étape vers le congé menstruel, « une volonté d’agir vite » pour des personnes qui attendent depuis longtemps. Ce n’est pas seulement une aide, ça fait partie d’un ensemble d’actions pour essayer de lever le tabou des menstruations : « Les règles ce n’est pas du sang sale, ça n'a rien d'impur ». Le SSE propose aussi des cours de yoga spécifiques, des rendez-vous gynécologiques gratuits et monte des campagnes contre la précarité menstruelle. « Nos médecins sont vraiment très à l’écoute, on ne se retrouve pas les pieds dans les étriers sans discuter », remarque Patricia Claudon. Elle soulève que malgré le retard de l’Unistra sur la question, c’est important pour elle de se mobiliser autour des règles, « ça fait aussi partie de la santé ».
Devant la faculté de lettres, Danaé, étudiante en licence Humanité de 18 ans, raconte, en remplaçant ses lunettes bleues sur son nez, que sa copine, en attente de diagnostic pour l’endométriose, fait souvent des malaise en cours à cause de la douleur. Elle souffle, fataliste : « de toute façon quand t’es une femme, ta douleur n’est jamais prise au sérieux et tu dois constamment prendre sur toi». A ses côté, Leelou, 18 ans également, salue la décision de créer un statut particulier pour les personnes souffrant de règles douloureuses mais harangue : « Je n’ai pas envie de ne pas réussir juste à cause de mon corps de femme. Si les hommes peuvent le faire, je peux le faire aussi. »
Adèle Tabaali
Elif Eralp porte son projet politique autour du cou. Depuis le début de la campagne, elle arbore une chaîne dorée sur laquelle est inscrite le mot « Mietendeckel » – « plafonnement des loyers ». Un accessoire simple qui fait appel aux codes vestimentaires de la culture populaire, du collier emblématique « Nora » de Thomas Anders, le chanteur du groupe allemand Modern Talking, aux rappeurs de la Gen Z, tout en affichant fermement les convictions de la candidate.
Une femme jeune, tatouée, socialiste, d’origine étrangère, maniant habilement les références populaires et en croisade contre les loyers grimpants dans une métropole multiculturelle. La comparaison avec Zohran Mamdani, le maire cool de New York, a été très rapide.
La tête de liste de Die Linke, le parti de gauche socialiste et anticapitaliste allemand, cultive ce rapprochement et déclare être régulièrement en contact avec les équipes de l’élu démocrate, toujours aussi populaire un peu moins d’un an après son élection. « Le succès d’un socialiste démocrate à New York, le fief du capitalisme, est une formidable réussite, a assuré la Berlinoise la semaine dernière. Nous avons échangé de nombreuses idées. »
Adhérente du parti depuis « le jour où l’AfD est entré au Parlement »
Fille d’un couple de syndicalistes turcs ayant fui le coup d’Etat de 1980, Elif Eralp arrive en Allemagne dans le ventre de sa mère. Elle naît à Munich, puis vit à Dortmund et Hambourg, avant de s’installer définitivement à Berlin. Dans la course à la mairie de la capitale allemande, ses origines étrangères ne sont pas un tabou : « Dans une ville où 42 % de la population est issue de l’immigration, il me semble important que cette diversité se reflète aussi à la mairie », dit-t-elle à Arte.
14h35
« Je me suis engagée en campagne électorale et en début de mandat à donner en transparence des chiffres sur la situation financière de la Ville et de l’Eurométropole », présente Catherine Trautmann. Celle qui est maire de Strasbourg depuis mars 2026 a ensuite lancé une petite pique, dirigée à l'ancienne édile, Jeanne Barseghian : « L’enjeu est d’établir une gestion plus sobre et plus robuste que celle qui nous a précédés. »
Catherine Trautmann a ensuite développé ses priorités de mandat : mobilités, logement, développement économique, attractivité. « L’objectif est pour nous de mener un mandat à forts enjeux, qui se projette à l’horizon 2050 pour une ville 0 carbone. Nous avons donc besoin de le faire sur des bases claires », précise-t-elle avant de lancer la présentation qui durera 40 minutes.
« Je n’ai pas voulu travailler avec mes collègues sur des impressions ou des commentaires politiques. Ni mettre en défaut mes propres équipes. Il était donc indispensable d’avoir un regard externe, d’expert, indépendant et objectif, pour obtenir un état des lieux clair et précis de la situation financière de nos deux collectivités. »
Une manière de laisser la parole à Loïc Muller, représentant du cabinet Deloitte qui a réalisé l'audit.
Une ponction inférieure à 6 milliards sur les retraites
Le premier ministre a dit regretter « que le débat public des derniers jours ait pu donner l’impression que les retraités seraient les seuls mis à contribution ». Certes, ils ne seront pas les seuls, mais ils participeront bien à un effort « inférieur » à 6 milliards d’euros. Chaque année, les pensions de base évoluent au rythme de l’inflation, augmentant de 15 % entre 2022 et 2026. Mais en 2027, l’indexation sur l’inflation pourrait être supprimée à partir d’un certain niveau de revenu, qui doit encore être déterminé.
Le gouvernement menace également d’abroger l’abattement fiscal de 10 % sur les retraites. Une proposition qui avait entrainé une levée de bouclier de la gauche et des syndicats lors de la préparation du dernier budget en janvier 2026 et avait finalement été abandonné pour éviter la censure du Parti socialiste. Alors, entre désindexation ou fin de l’abattement, c’est le Parlement qui tranchera lors de l’adoption du projet de loi de finances.
Malgré un avis favorable aux congés menstruels, il faudra attendre septembre 2027 pour leur mise en place à l’université de Strasbourg. En attendant, un dispositif permet aux personnes souffrants de dysménorrhées d’aménager leurs études.
En mars, la Commission de la formation et de la vie universitaire de l’université de Strasbourg a voté en faveur de la mise en place d’un congé menstruel pour les personnes touchées par des douleurs intenses pendant leurs règles (dysménorrhées). Ce dispositif pourrait permettre aux personnes souffrantes d’être diagnostiquées et identifiées comme telles par le Service de santé étudiante (SSE), qui mettra en place un suivi et des aménagements pour les cours. Mais entre la création d’une plateforme dédiée, l’organisation des espaces et l’adhérence des différentes composantes de l’université, le projet ne pourra être mis en place qu’à partir de septembre 2027.
Un dispositif “étape” en attendant le congé
En attendant, et conformément à ce qui avait été voté en mars, le régime spécial d’étude (RSE) s’élargit. Ce système permet à des étudiants dans des situations particulières (handicap, sport de haut niveau, bénévolat, etc) de bénéficier d’une certaine flexibilité dans l’organisation de leurs études. Désormais, être atteinte de dysménorrhées entre dans ces catégories et permet d’être absente sans avoir à s’expliquer à chaque fois : un seul justificatif médical à l’année suffit. Petit hic cependant, le nombre de jours d’absence autorisés dépend de la composante dans laquelle on est inscrit et le dispositif ne permet pas d’être excusée pour un examen. « C’est vraiment dommage », constate Yara, une étudiante de 24 ans en attente de diagnostic, tout en triturant ses tresses. « Je suis déjà allée à un partiel de philosophie alors que mon utérus avait éjecté mon stérilet la veille, évoque-t-elle en riant jaune. Mon gynécologue m’avait dit que c’était comme si j’avais eu un mini accouchement, c’est injuste de devoir être concentrée alors qu’on souffre. C’est l’enfer. »