Vous êtes ici

Le module est validé, il peut être inséré dans un article pour être consulté par les internautes.

Le lancement du projet est actuellement entre les mains de la Communauté de communes qui peut décider de modifier ou non le plan local d’urbanisme. Les opposants demandent de leur côté un moratoire. De quoi avoir le temps d'observer la mise en route et le bon fonctionnement du site de Schwabwiller pour lequel les travaux ont débuté en juin 2025.  

Un potentiel d’exploitation du lithium revu à la hausse

Contacté, le groupe Arverne, détenteur de la filiale Lithium de France, a refusé de répondre à nos questions. Le 18 août, Christophe Constant, le directeur de la filiale, annonçait dans Actu Strasbourg « ne pas envisager de moratoire » tout en assurant être « très sensible aux préoccupations des habitants. »

Le 14 septembre, le groupe dévoilait dans un communiqué son potentiel total d’exploration du lithium en Alsace. Il est estimé à 43 millions de tonnes sur les 322 km² de ses permis exclusifs de recherche. Un chiffre qui, selon le groupe « dépasse significativement les exigences du plan de développement de Lithium de France et confirme les perspectives de long terme. » Une annonce qui pourrait peser dans l’équation sur l’avenir du site de forage de Durrenbach.

Axelle Lorans et Colin Berson 

Édité par Bertille Lietar

Affiche accrochée par les étudiants de Sciences po Strasbourg en février 2025 en plein blocage pour faire pression sur l’institut et mettre fin au partenariat avec l’université Reichman. © Paul Ripert

Chaque jeudi après-midi, la salle Saint-Joseph de Strasbourg accueille les adhérent·e·s du GEM Aube. Crédits photo : Hannes Zimmermann   

Au mois de juin, certains habitants de Durrenbach ont pu se rendre sur le premier site de forage de Lithium de France, à Schwabwiller. « C’est très professionnel et bien tenu, mais on n’a pas été rassurés pour autant », lance Jean-Luc. Malgré cette visite, la communication passe mal. Régulièrement installé sur le parking de la mairie afin de permettre aux habitants d’échanger avec le porteur de projet, le van floqué du nom de l’entreprise peine à instaurer le dialogue. Surtout face aux plus réfractaires. « Quand on s’est rendus sur place pour la première fois, ça a très vite chauffé, témoigne Jean-Luc. La dernière fois, ils sont même venus avec la gendarmerie. » Dans ce contexte, la mairie compte programmer une réunion publique au premier semestre 2027. 

« Beaucoup d’initiatives ne viennent pas du collectif »

D’ici là, le collectif Protégeons Durrenbach, compte bien rester sur sa lancée. Depuis le mois d’avril, la mobilisation ne faiblit pas. Distribution d’environ 7000 flyers dans toute la Communauté de communes Sauer-Pechelbronn, pose de banderoles, pétition ayant récolté près de 400 signataires… « Beaucoup d’initiatives ne viennent pas du collectif. Elles naissent spontanément », se félicite Jean-Luc. 

Les précédents en termes de pollution des sols hantent encore la mémoire collective. « Dès 1800, des mines ont été construites pour extraire le pétrole », explique le militant retraité. Il poursuit : « Rebouchées en 1964, elles ont ensuite été utilisées pour déverser 80 000 m³ de déchets pétrochimiques. La structure des mines a été fragilisée par ces produits. Plusieurs d’entre elles se sont déjà effondrées à cause des micro-séismes, libérant du gaz toxique dans le village. Avec le projet de forage, on a peur que cela se répète et que les produits chimiques se déversent dans les nappes phréatiques, polluant l’eau que l’on consomme. »

Une sismicité naturelle

Une thèse que Jean Schmittbuhl, chercheur du CNRS en sismologie et géomécanique, nuance : « Ce n’est pas le forage à proprement dit qui crée les séismes, explique-t-il à la rédaction du Webex. C’est la pression produite par la réinjection dans le sol du fluide chaud qui produit la sismicité. » Le spécialiste, qui n’a pas pu étudier le cas de Durrenbach, indique : « On a des actions de suivi sur les sites de forage. À Rittershoffen, commune située à 20 km de Durrenbach, le site d’extraction de lithium a fermé en décembre 2025. Nos études montrent qu’il y a, là-bas, une contribution naturelle à la sismicité. Elle n’est pas liée qu'à l'exploitation humaine. »

Le chercheur estime que « la réinjection a lieu, en général, à 2 km de profondeur ». Sans trop s’avancer, il poursuit : « À Durrenbach, c’est donc bien plus bas que les mines existantes. Le seul risque pourrait être de les traverser. »

Quelques jours plus tard, le 24 août, tout s’aligne. Après une journée passée à chercher des habits dits « féminins », elle comprend qu’une transition complète s’impose. La dysphorie, état de malaise psychologique par rapport à son propre corps, reste trop intense. Le dogme de l’incarnation, l’idée que Dieu s’est fait homme et a pris chair, résonne en elle avec une force particulière. « On est appelé à nous incarner, à vivre pleinement cette vie, les deux pieds sur terre », appuie-t-elle. Son bracelet de perles colorées cliquette au rythme des mouvements de ses mains.  Axelle désire alors habiter son corps en accord avec son identité de genre. 

Son parcours de transition commence enfin, entourée de ses proches, portée pleinement par sa foi, mais face à un grand inconnu sur sa place dans l'Église. Déjà pasteure depuis 2019, et à l’époque en poste à Hatten, elle fait son coming out auprès de ses fidèles en janvier. Contre toute attente, les retours bienveillants des fidèles pleuvent : « Il y a tout de suite eu un élan d’amour et de confiance. C’était beau de voir des gens pas éduqués sur ces questions qui ont réagi avec un amour fraternel et chrétien. Les réactions négatives étaient très minoritaires », se réjouit Axelle. Par la suite, elle est nommée pasteure à Souffelweyersheim-Reichstett et à Hoenheim.

Un lieu “qui leur appartient” 

Instauré en 2005 par le Plan de Santé Mentale, le dispositif du Groupe d'entraide mutuelle invite les personnes handicapées psychiques et/ou cognitives à prendre des responsabilités au sein des différentes associations. Selon un recensement effectué en 2023 par l’Agence Régionale de Santé du Grand Est - qui participe également à leur financement -, la région compte désormais 69 GEM (réunissant plus de 3000 adhérents) dont 4 rien que dans la ville de Strasbourg. 

« On veut leur permettre de retrouver du lien social et un rythme dans un quotidien où les médicaments peuvent les fatiguer énormément », explique Maxime Hoffner. S’il est chargé d'orchestrer les différentes activités de l’association avec les autres salariés, ce sont bel et bien les adhérent·e·s qui les font vivre. Certains membres ont même pris en charge l’animation de plusieurs activités comme l’atelier écriture. 

Un principe cher aux salariés de l’Aube et réaffirmé chaque semaine lors de la réunion des adhérent·e·s. « C’est un temps où ils peuvent proposer des sorties, des activités [...] Le but, c’est vraiment d’avoir une organisation horizontale et que les décisions leur appartiennent », explique le coordinateur. Il est presque 16 h et le temps est venu de ranger la salle. Maxime commence à regrouper les affaires de l'association, sur le rythme des derniers coups de raquette échangés sur le terrain de badminton.

Kilian Robart

« Non au forage de lithium. » Ce message, ils étaient plus de 200 à le faire savoir hier soir, place de la mairie à Durrenbach. Pourtant, quelques heures avant, le point dédié au projet de forage de lithium, prévu lors du conseil municipal était annulé. En dernière minute, un vote a finalement eu lieu. Treize élus sur quinze se sont prononcés contre ce projet controversé. Un vote à l’image de la tendance actuelle dans ce petit village de 1 100 habitants, mobilisé depuis avril sur le sujet. 

Mené par l’entreprise de géothermie Lithium de France, le forage comporterait quatre puits situés à l’entrée de la commune. L’objectif ? Faire remonter l’eau géothermale afin d’en extraire la chaleur et le lithium dont elle est chargée, puis la réinjecter dans le sol. L’entreprise affirme œuvrer en faveur de la transition énergétique en fournissant de la chaleur aux entreprises, agriculteurs et collectivités territoriales. Dans le Bas-Rhin, quatre sites de forage sont en activité. À l’heure actuelle, la France dépend des importations de lithium, métal nécessaire à la fabrication des batteries.

« Ça nous a fait bondir »

Le projet fait face à une levée de boucliers des habitants. « Un forage de lithium à 200 mètres d’une crèche et des premières habitations, ça nous a fait bondir », s’inquiète une Durrenbachoise. En avril, le collectif Protégeons Durrenbach s’est créé. Depuis, une trentaine d’actifs militent en contre son développement. Jean-Luc, habitant de la commune depuis 40 ans l’assure : « On n’est pas contre le lithium, mais pas à cet emplacement-là. »  

Depuis avril 2026, les habitants luttent pour empêcher le développement du site, qui pourrait s’implanter à l’entrée de la commune bas-rhinoise. Un projet aux contours flous, encore en débat dans les institutions. 

Pages