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Un festival au rayonnement international à Wolfisheim, un complexe sportif flambant neuf à Eckbolsheim. Pendant que les mairies soignent leurs chouchous, les autres associations s'efforcent d'animer la vie des communes autrement.
Établis depuis des générations ou nouvellement arrivés, commerçants et artisans s'adaptent aux évolutions de la vie économique en marge de Strasbourg. Révélant toute une mosaïque de trajectoires professionnelles.
Aujourd’hui automatisées, elles permettent de planifier la poussée des pains et viennoiseries. Cette avancée considérable en fait “un métier plus conventionnel”, selon Sylvain Trotignon.
Il est 5h30. La nuit s’achève. Les männele, à peine sortis du four, sont installés dans la vitrine, aux côtés des petits pains, prêts à être dégustés par les lève-tôt.
Le festival, au rayonnement national, concentre à lui seul 57 % des subventions accordées aux associations par la commune en 2024. Malgré une baisse de fréquentation lors des deux dernières éditions, la municipalité soutient cet événement devenu incontournable. Son organisatrice, Marie-Laure Lamotte, adjointe au maire chargée de la culture à Wolfisheim, se défend toutefois d’un quelconque déséquilibre : “Ici, personne ne manque de subventions. On subventionne toutes les associations en fonction de leurs actions et de leur nombre de jeunes adhérents. Wolfi Jazz et le reste, ce n’est pas la même envergure. Le budget d’une commune, c’est comme le budget d’une famille, il faut saupoudrer partout.”
“À presque 83 ans, je représente mal l’Omsalc, concède la directrice, Annie Legrand. Mais c’est difficile de se faire remplacer. Les jeunes ne veulent pas s’engager.” À la tête de l’organisme depuis six ans, elle peine à recruter des bénévoles, même en pleins préparatifs du marché de Noël.
L’octogénaire réfute tout manque de soutien aux initiatives locales : “Tous les présidents d’associations assistent aux réunions, il y a de la transparence. J’ai du matériel. Tout est gratuit. S’il y a besoin d’aider, on aide. On est neuf personnes au bureau et Michèle Merlin, l’adjointe à la culture (qui n’a pas donné suite à nos demandes d’interview), est à l’écoute.”
Sur les deux communes, les associations ne manquent ni d’idées, ni d’énergie, mais comme le rappelle Laurent Schott, trésorier de Ludi Wolfi, “dans le milieu associatif, le nerf de la guerre, c’est l’argent”.
© Olivia Bagarry, Gaby Fabresse et Lilou Marjolet
© Olivo Bagarry, Gabby Fabresse et Lilou Marjolet
Les boulistes en bout de piste
À Wolfisheim, Mohammed Entaji, vice-président du club Les Amis de la pétanque déplore le manque d’investissement de la commune : “On est livrés à nous-mêmes. On a dû refaire les terrains. Je demandais juste une participation à la mairie, pas la totalité, mais ils ne nous ont pas donné un euro.” Au milieu des médailles et des certificats de victoire accrochés au mur du local que la mairie lui loue, il explique que le club survit grâce à la buvette, aux soirées à thème ponctuelles et aux cotisations (56 euros annuels) de sa centaine de licenciés. “La seule chose que la commune nous accorde, c’est l’éclairage extérieur.”
Olivia Bagarry, Gaby Fabresse et Lilou Marjolet