Vous êtes ici

Le module est validé, il peut être inséré dans un article pour être consulté par les internautes.

À peine sortis de la bouche de métro de la station de Wat Mangkon, on plonge dans un microcosme. Des toriis enjambent les routes, des caractères chinois côtoient l’alphabet thaï sur les panneaux, et dans les temples, se marient en un seul culte différentes branches du bouddhisme... C’est une ville dans la ville. C’est Chinatown.

Il est 18 h. Des touristes affluent aux abords des restaurants et des carrioles de street-food. Les files d'attente grossissent, les lumières des néons ne laissent pas un espace vide dans le paysage. Les commerçants alpaguent les visiteurs, tantôt en anglais, tantôt en thaï. La cadence s’accélère. Les brochettes de poulets tournent sur les braises, entre un étal coloré où s’accumulent des dizaines de fruits et un stand où l’on déguste scorpions, grillons ou autres insectes. Le bruit du crépitement de l’huile et du tintement des poêles s'accentue dans chaque direction. Un voile sonore se pose sur la ville.  

Poids lourd des compétitions internationales

Dès l’arrivée du sport dans le pays, une organisation et un cadre professionnalisant ont été mis en place. « Ça a été une décision par le haut. Rama IX [père du monarque actuel, ndlr] a décrété que dans chaque province, il y aurait un comité bouliste », explique Claude Azéma, président de la Fédération internationale de pétanque et de jeu provençal (FIPJP). Réussir dans la pétanque peut ouvrir de belles portes en Thaïlande. Les pros peuvent trouver une sécurité de l’emploi dans la gendarmerie ou l’armée, avec des emplois du temps aménagés pour qu’ils puissent continuer. Un modèle que l’on retrouve également en France avec les skieurs professionnels et la douane. La pétanque est un sport à faible coût, et donc accessible à tous. Les joueurs d’un certain niveau pouvant également bénéficier de bourses universitaires, ce sport représente un tremplin pour les familles les plus précaires.

Le quartier chinois, prisé par les touristes, et lieu de vie de nombreux descendants d’immigrés, les cultures alimentaires sino-thaïs se marient. Une union à la fois économique et politique.

Une dizaine d’hommes et une femme se retrouvent ce soir à Bonkai. Quand Serm ne joue pas, il aime assister au spectacle : « Je peux voir mes amis, ça me détend. Puis c’est très divertissant ! On aime bien boire aussi », avoue-t-il, assis à côté des bouteilles vides.

Le terrain de Bonkai a été construit par un joueur professionnel qui habitait la résidence, il y a une vingtaine d'années. Il est délimité par des cordes et des anciennes pancartes de sponsors utilisées pendant les compétitions amatrices organisées deux fois par an. Chaise de bureau abîmée, fauteuil en osier, glacière portable : chaque membre de la communauté apporte une pierre à l’édifice pour faire vivre ce lieu. Le terrain est rempli chaque soir, les enfants ont le droit de jouer jusqu’à 22 h, parfois 23 h. La grande majorité est issue du quartier, certains viennent d’un terrain voisin. À Bangkok, il existe une vingtaine de boulodromes, souvent situés dans les parcs ou les campus.

Un boulodrome qui fédère tous les soirs

Un terrain pour les plus précaires

Sans compter les milliers de joueurs amateurs comme Noo, la Thaïlande compte entre 30 000 et 40 000 boulistes inscrits auprès de la fédération nationale. Bien que l’écart avec les 302 000 Français licenciés soit de taille, la Thaïlande demeure tout de même le deuxième plus grand pays de pétanque. Si la présence des sphères métalliques s’explique facilement au Vietnam ou au Cambodge, deux anciennes colonies françaises, sa popularité au « pays du sourire » interpelle davantage. La légende populaire raconte que le sport a été importé par la reine-mère Srinagarindra après que celle-ci a élu domicile en Suisse dans les années 1930 et 1940. 

Le tilapia à menton noir prolifère dans les eaux thaïlandaises mais, en raison de sa chair dure, ne peut se vendre à un bon prix. © Punchanok Sriyoha

Pages