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Réélu en 2023, le chef de l'Etat turc avait promis qu'il s'agirait de son ultime mandat. Photo Wikicommons

Le groupe d’extrême droite ECR (Conservateurs et Réformistes Européens) a inauguré ce mardi une exposition polémique dans les couloirs du bâtiment Louise-Weiss.

Face aux ascenseurs qui mènent à l’étage principal de l’institution européenne, un couloir permet aux députés d’aller de leurs bureaux à l'hémicycle du Parlement européen. Sur les murs de ce couloir, quatorze panneaux et une vidéo qui tourne en boucle font le décor de l'exposition anti-IVG « Just EUman », inaugurée par le groupe ECR sous l’égide de l’eurodéputé Paolo Inselvini. Les trois groupes de gauche au Parlement européen ont saisi la présidence comme nous le racontions dans notre article d'hier.

Pour monter cette exposition, le groupe parlementaire d’extrême droite s’est allié à l’association italienne conservatrice Pro Vita & Famiglia qui a conçu l’exposition. Le tout est financé par le lobby anti-IVG américain Live Action, quelques mois après l’adoption par le parlement de l’initiative « My Voice, My Choice » visant à rendre l’avortement sans danger en Europe.

La science au service de l'affect...

Dans son préambule, l'association revendique « des données vérifiables issues de la littérature scientifique » sur quatorze panneaux représentant les stades du développement de l’embryon. Pourtant, l’exposition mêle données présentées comme scientifiques et jugements qui font appel à l’affect. On peut lire sous le panneau « deuxième mois » un sous-titre : « Le cœur peut être détecté. Tandis que les premiers signes d’un visage apparaissent. » Mais si la première donnée est objective, la seconde correspond à un sentiment. Qu’est ce qu’un visage ? À quel stade considère-t-on qu’un amas de cellules est un visage ?

À 72 ans, Recep Tayyip Erdogan n’entend pas lâcher le pouvoir. Premier ministre pendant dix ans puis Président depuis 2014, l’homme fort du régime se représentera pour un nouveau mandat. Selon un conseiller, cité par l’AFP, le scrutin aura lieu le 16 avril 2028, une date qui advient un mois avant le terme officiel du mandat. Une condition doit être respectée : que « la décision d'organiser de nouvelles élections soit prise avec le soutien de 360 parlementaires » sur 600. 

La raison de l’opération est simple. Le pouvoir présidentiel est limité à deux mandats consécutifs à une exception près, si une élection anticipée est convoquée. Erdogan, qui en est à son troisième mandat, avait déjà réalisé cette manœuvre constitutionnelle lors de la précédente élection. Réélu en 2023 après un second tour serré, alors qu'il était menacé par la crise économique et par la mauvaise gestion d’un séisme meurtrier, le chef de l'Etat turc avait promis qu'il s'agirait de son ultime mandat.

Une dérive autocratique

Ironie du sort : la Constitution qu’il détourne pour la seconde fois est celle que lui-même a fait adopter en 2017, transformant le régime parlementaire en régime présidentiel. Cette révision a supprimé la fonction de Premier ministre et concentré les pouvoirs entre ses mains, en guise de réponse à la tentative de putsch de juillet 2016. 

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Dix ans plus tard, l’homme fort de l’AKP, le Parti de la justice et du développement, est accusé de dérive autocratique. Erdogan muselle plus que jamais l’opposition politique. Le populaire maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme son rival le plus redoutable, a été arrêté pour "corruption" en mars 2025, et placé en détention le jour même de sa désignation comme candidat du principal parti d'opposition. Cette semaine, une centaine de militants LGBT+ ont été arrêtés dans les rues d’Istanbul et d'Ankara alors qu’ils manifestaient pour leurs droits. 

Clément Vaillat 

Edité par Ella Peyron

Le jeune comparaissait devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour être entré par effraction dans le domicile familial d’où il avait été chassé et violenté son père. Photo : Wikimedia Commons

C’est en visioconférence qu’il apparaît sur l’écran du tribunal. Le jeune homme qui est jugé ce jeudi 17 septembre porte un t-shirt vert, a les cheveux ébouriffés et un air vaguement déboussolé. « Vous êtes à Fleury-Mérogis, c'est bien ça ?, demande le président du tribunal, Christophe Deshayes. « Ouais - On dit oui, Monsieur.» Emprisonné à Paris depuis juin pour vol avec effraction, il comparaît pour de précédents faits, commis ici, à Strasbourg, dont il est originaire.

Le 31 mars, il s’introduit vers 23 heures par effraction au domicile de ses parents. Face aux protestations de son père, il s’en prend violemment à lui devant sa mère et sa sœur. S’il ne conteste pas être entré illégalement dans la maison, il rejette les faits de violence, mettant en avant une légitime défense face à un père menaçant. « Votre sœur dit, je cite : “J’ai vu mon frère étrangler mon père d’une main et lui mettre des gifles de l’autre”. On parle de coups portés à terre, pas de légitime défense, on est d’accord ? », réplique le président. « Ouais », souffle le prévenu, laconique. « Vous ne contestez pas les coups - Ouais.»

« Je voulais juste rentrer chez moi » 

Cette agression nocturne s’inscrit dans le parcours judiciaire chaotique du jeune homme. Son casier judiciaire se remplit à partir de 2023, pour des faits d’apologie du terrorisme, suivis de de vols et de violences. Le lien avec sa famille s’étiole, jusqu’à se rompre. « Il fallait peut-être discuter », avance le juge. « J’ai essayé mais il n’y avait pas d'issue. »

Face aux propos de la procureure arguant qu' « être adulte c’est se défendre autrement que par la violence », le prévenu fait valoir sa volonté d’être hébergé par ses parents, qu’il estime responsables de lui, bien qu’il soit majeur. « Je vais pas dormir dans des cages d’escaliers alors que mes parents dorment au chaud, je voulais rentrer chez moi. Les violences, ce n’est pas moi qui les ai commencées en premier », s’exclame-t-il d’une voix teintée d’indignation.

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Les travaux d'intérêt général en guise de solution

Derrière ses lunettes rondes, le président fixe le prévenu dans les yeux - tâche difficile par écrans interposés. « Vous comprenez qu’on va être à court de réponse pénale pour vous. Vous passez votre temps en détention », expose-t-il. Le prévenu manifeste son envie de travailler.
« Vous souhaitez revenir à Strasbourg ? - Ouais - Il faudrait demander une semi-liberté - Ok ok - Ce serait une bonne chose », insiste Christophe Deshayes.

Après les réquisitions de la procureure, quatre mois ferme et une interdiction de paraître au domicile parental, le tribunal rend finalement sa décision. Le prévenu devra réaliser 140 heures de travaux d'intérêt général, réalisables ici à Strasbourg. En cas de non exécution, les quatre mois ferme seront appliqués.

Héloïse Lartia. Edité par Alice Billia

Parmi les panneaux, un aborde le sujet controversé de la « douleur fœtale », précisant que « la réponse réflexe au toucher apparaît autour de la bouche dès 5-6 semaines ». © Sacha Laudrin Laroche

Intitulé « Just EUman, comment naît un citoyen européen », l'exposition a été installée dans une des ailes principales du Parlement européen. © Sacha Laudrin Laroche

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