Le travail de nuit dans l'alimentation sur les communes de Wolfisheim et d’Eckbolsheim. © Roxane Guesdon et Alexia Sabatier
Dans l’arrière-boutique du 23 rue des Seigneurs à Wolfisheim, Nicolas Schwarz s’affaire à épingler de longs pans de tissu sur un fauteuil dénudé. Il aligne soigneusement les motifs autour de l’armature en bois, s’assurant d’obtenir des raccords parfaits entre les différentes pièces. Entouré de milliers de morceaux d’étoffes, de centaines de clous et d’une vieille surjeteuse rouillée, l’artisan s’affaire sur de nombreux ouvrages. Pourtant, il compte mettre la clé sous la porte à la fin de l’année.
Ouvert à la fin du XVIIIe siècle, À L’Aigle, devenu en 2015 le bar L’Aigle “Chez Max”, est le vestige d’une époque où six auberges cohabitaient dans la commune. Ce soir, rue de la Mairie, ne reste que le néon rouge de l’enseigne pour tenir tête aux lampadaires. “Ici, il n’y a rien d’autre !”, regrette Denis, habitant du village. Invité par une amie, il vient pour la première fois.
Il est 5h30. La nuit s’achève. Les männele, à peine sortis du four, sont installés dans la vitrine, aux côtés des petits pains, prêts à être dégustés par les lève-tôt.
Roxane Guesdon et Alexia Sabatier
Adrien appuie sur le bouton pour autoriser l’ouverture de la porte blindée de l’armurerie Recht de Wolfisheim. Avec son frère, Émilien, ils sont les visages du magasin, fondé dans les années 1980 par leur grand-père, alors boulanger à Eckbolsheim. Ancien champion du monde de tir, Raymond Recht avait décidé de se lancer dans ce commerce après avoir réalisé que les clubs de tir français n’avaient pour arme que des “tubes en métal avec un bout de bois”. Inadmissible pour l’Alsacien, qui avait frappé à la porte des fabricants allemands. La jeune armurerie Recht devient ainsi importateur historique notamment de Steyr et Walther, deux marques de tir sportif. Son credo : la qualité et rien que la qualité. Les fils de Raymond Recht ont ensuite élargi la gamme de modèles proposés.
Coup de sifflet de l’arbitre, le Racing Club de Strasbourg mène 1-0 à la mi-temps. Soulagés, quelques supporters profitent de la pause pour commander une nouvelle bière et refaire le match. C’est “Chez Max” à Wolfisheim, qu’une vingtaine d’hommes, les yeux rivés sur la télé, se retrouvent pour supporter leur équipe de football en déplacement en Suède, ce 6 novembre.
À Wolfisheim, L’Aigle “Chez Max” reste le dernier bar où se rencontrer. Discussions autour d’un verre et jeux à gratter rythment la vie de l’établissement et permettent aux clients de rompre la solitude. Maxime Schell, son gérant, tente d’élargir sa clientèle.