Vous êtes ici
10/09/19
16:19

Schiltigheim : une semaine après, la solidarité s'organise

Habitants et ouvriers se mobilisent, une semaine après l'incendie criminel d'un immeuble qui a coûté la vie à un enfant de 11 ans.

Elle est pourtant jolie, la rue Principale, avec ses maisons à colombages, ses commerces et sa microcrèche « Les Papillons ». Le vieux Schilick, dans la banlieue de Strasbourg, est loin d'évoquer le décor d'un drame. Pourtant, il suffit d'avancer un peu dans la petite impasse, dans le prolongement de la rue, pour découvrir la façade noircie. Ses odeurs de suie et de fumée sont toujours présentes une semaine après l'incendie criminel du numéro 43, qui a coûté la vie à un enfant de 11 ans, blessé onze personnes et détruit neuf logements.

Ce mardi 10 septembre, sur les toits de l'immeuble sinistré, les employés de l'entreprise Stell et Bontz déblaient les tuiles endommagées pour permettre la venue des experts des assurances. Des débris calcinés de meubles et d'objets indistincts sont entassés devant, protégés par des grilles de chantier. Sur elles, sont accrochées des photos rieuses de Maël, l'enfant retrouvé mort dans les décombres mardi 3 septembre. Des bouquets de fleurs ont été déposés, en hommage, au pied des grilles.

Un des bâtiments une semaine après l'incendie criminel./ Photo Nicolas Massol

« C'est mon fils qui est mort »

Un homme, pas très grand, rond de visage, tout en noir, une banane autour de la taille, s'avance. « Je voudrais juste m'agenouiller un peu, c'est mon fils qui est mort. » Les ouvriers interrompent alors leur travail. « Cette douleur, je ne la souhaite même pas à celui qui m'a fait ça », explique le père de Maël, après s'être recueilli. Sa femme et ses deux autres enfants ont eu la vie sauve, eux, mais se sont blessés en sautant par la fenêtre de leur premier étage. Il se demande quand il pourra récupérer des affaires. « Il y a peut-être des choses dans ce tas de gravas, j'ai retrouvé une chaussure de mon fils derrière l'immeuble, la semaine dernière. Pour les souvenirs, seulement, tout est détruit, je n'ai plus rien ici. »

A la sortie de l'impasse, très vite, un petit attroupement se fait autour du père en deuil. Les voisins lui prennent les mains, l'embrassent, lui témoignent leur amitié. Parmi eux, un couple fait partie des neufs foyers qui ont complètement perdu leur logement dans l'incendie. « On n'avait déjà pas grand chose, maintenant on n'a plus rien », résume le chef de cette famille recomposée de neuf enfants. Pour se reloger, ils ont préféré faire appel à des amis plutôt qu'accepter les propositions de la mairie. « Ils nous proposent des logements dans la cité des Ecrivains [un quartier populaire à quelques encablures de la rue Principale, ndlr] , mais tout le monde sait que c'est insalubre, et infesté de puces et de punaises de lit », s'emporte-t-il. Et de reprocher à la maire de n'avoir pas rendu visite à tous les sinistrés.

Une marche blanche en souvenir de Maël

Sonia et Claudine, deux poussettes et trois enfants, un peu plus loin, ne sont pas du même avis. Assistantes maternelles au Parc du Château, une de leur collègue a perdu son logement dans le sinistre : « La mairie s'est occupée de tous les papiers pour l'aider à se reloger, c'est allé vite », assurent-elles. Contactée, la mairie n'a pour le moment pas donné suite à nos demandes d'entretien.

Mardi matin, la vie semble malgré tout reprendre un peu son cours normal, rue Principale. « Ça va mieux depuis ce week-end », estiment Sonia et Claudine. Même si la colère n'est jamais très loin : « Et lui, il va avoir quoi celui-là ?» « Celui-là », c'est Tony Mosquera, 22 ans, principal suspect, mis en examen et écroué jeudi pour avoir causé l'incendie, sous emprise de l'alcool. « Comment ça se fait qu'un mec de cet âge soit dans la rue, en semaine, à picoler, alors qu'il n'a pas de boulot ? », s'indigne Raymond Romilly, propriétaire du bierstub La Houblonnière, et habitant du quartier depuis 34 ans.

Beaucoup de voisins assurent qu'ils seront présents à la marche blanche en souvenir de Maël, samedi à dix heures. Le cortège partira de la mairie, puis passera devant l'immeuble pour finir dans la cour de son ancienne école.

Nicolas Massol

Imprimer la page

Fil info

11:57
Strasbourg

Deux motards de la gendarmerie ont été blessés dans un accident sur la M35, après avoir chuté sur une plaque d'hydrocarbures

08:30
Strasbourg

Le partenariat entre Sciences Po Strasbourg et l’université israélienne Reichman n'a pas été renouvelé

14:53
Strasbourg

Ursula von der Leyen a annoncé vouloir interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans dans son discours annuel au Parlement européen

17:48
Strasbourg

Après des violences sexuelles à l'école Schoepflin, le rectorat annonce le départ de l'enfant en cause et l'ouverture d'une enquête interne

16:54
Strasbourg

Eurométropole : face aux insécurités qui explosent dans les transports, la CTS relativise

16:40
Strasbourg

Avec 152 899 visiteurs, la fréquentation de la Foire européenne en hausse de près de 10%

10:10
Strasbourg

Le président d’une association de joueurs du jeu de piste de la Chouette d’Or, poursuivi pour diffamation, relaxé à Strasbourg

08:00
Strasbourg

Bouchons sur le pont de l'Europe : les contrôles à la frontière entre la France et l'Allemagne sont reconduits

21:00
Strasbourg

Le Racing Club repart de Croatie avec une victoire face à Riejka (2-1) en 8e de finale aller de Ligue Conférence

17:53
Strasbourg

Un dernier débat entre les candidats aux élections municipales strasbourgeoises se tiendra ce 11 mars à partir de 18h15 sur ICI Alsace TV