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Le 22 mars, le Rassemblement national emporte la mairie de Saint-Avold en Moselle, une ville d’un peu moins de 15 000 habitants, avec 43,3 % des voix. Devant le parvis de l'hôtel de ville, Hervé Simon sort triomphant, applaudi par la foule. « RN casse-toi, Saint-Avold n’est pas à toi », scande une petite partie des Naboriens et des Naboriennes. Parmi eux, des colistières et colistiers de la liste Saint-Avold ouvrière et solidaire qui a obtenu 6,3 % des suffrages au premier tour. Serge Laly en fait partie. À 58 ans, bien que très critique sur le fonctionnement des institutions démocratiques, il s’engage pour la première fois en politique. Militant de longue date, celui qui fait de l’éducation populaire son « fer de lance », revient sur les raisons de cet engagement.

L'abstention est le parti qui a remporté le plus de suffrages aux municipales 2026, avec 57 % de non participation à l'échelle du pays. Dans les quartiers populaires, cette tendance est beaucoup plus prononcée. À Strasbourg, sur les 40 bureaux de vote les plus abstentionnistes, 36 se situent dans des quartiers prioritaires de la ville. L’un d’entre eux, la cité nucléaire à Cronenbourg, a comptabilisé 70 % d’abstention. Pendant près de dix ans, Bullyhood, un enfant du quartier devenu personnage incontournable, a lutté face à ce désintérêt des urnes à chaque échéance électorale. Usé par son engagement, à rebours de tout ce pourquoi il a milité, il a décidé cette année lui aussi de ne pas se rendre aux urnes.

Chaque fin d’après-midi, une vingtaine de jeunes se rassemble aux abords du camion de Bullyhood, seul lieu de convivialité de la cité nucléaire, à Cronenbourg. Jusqu’à la tombée de la nuit, les habitants du quartier viennent boire une canette, manger un goûter ou fumer des cigarettes, en laissant un peu de monnaie s'ils le peuvent. © Mahault de Fontainieu

 

Des fortunes diverses dans les urnes pour les régionalistes

Les listes régionalistes sont arrivées en tête dans 14 communes. © Axel Guillou

Nombre et pourcentage de voix récoltées par les régionalistes au premier tour des municipales, selon le ministère de l'Intérieur. © Axel Guillou

© Axel Guillou

En France, contrairement à des pays voisins comme l’Espagne ou le Royaume-Uni, les partis régionalistes, autonomistes, voire indépendantistes, ont un poids électoral relativement faible. Une exception qui trouve ses origines dans l’histoire du pays. Promue par le régime de Vichy, et certains nationalistes ayant collaboré avec l’occupant, l’idée régionaliste a été durablement discréditée après la Libération, ce qui a renforcé la méfiance de l’État, déjà très centralisateur, envers les revendications régionales.

À cela s’ajoutent des obstacles institutionnels, comme les découpages administratifs qui ne correspondent pas toujours aux territoires culturels : le Pays basque intégré dans les Pyrénées-Atlantiques, la Bretagne historique divisée en deux régions ou l’Alsace rattachée dans l’ensemble Grand Est.

55 % des Français restent favorables à un statut d’autonomie régionale, selon un sondage Ipsos paru en 2025. Un pourcentage qui augmente dans différentes « régions à forte identité culturelle » : Alsace-Moselle (82 %), Savoie (56 %), Bretagne (63 %), Corse (78 %), Pays basque Nord (60 %) et Catalogne Nord (Pyrénées-Orientales, 67 %). 

Axel Guillou

Édité par Quentin Baraja

Ma région, oui. Mon vote ? Pas forcément…

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