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Sur le parvis de l’école, Magali*, venue chercher son petit-fils de 5 ans, livre avec effroi les faits dont celui-ci aurait été victime.
« À l’école, ils traînaient souvent ensemble avec cette petite fille. C’était même sa seule amie. Mon petit-fils est quelqu’un de très doux. Cette enfant-là avait beaucoup d’ascendant sur lui et les six autres filles. Plus grande en taille que les autres, elle avait une emprise sur eux et les menaçait de ne plus être leur amie s’ils ne se soumettaient pas. Notre petit-fils raconte qu’elle avait des endroits où elle isolait les enfants. Il nous a parlé des toilettes mais aussi d’un lieu qui s’appelait “l’endroit secret”.
Depuis, mon petit-fils a des problèmes d’incontinence fécale. Pourtant l’école nous disait : “C’est normal à cet âge-là de découvrir le corps de l’autre”, puis la directrice a même osé dire que c’était les parents les agresseurs. Aujourd’hui on vit ça très mal, c’est honteux de gérer la situation de cette manière. Ma fille réfléchit à le changer d’école. »
À l’école Schoepflin à Strasbourg, sept enfants de maternelle auraient été victimes d’agression sexuelle par l’une de leurs camarades âgée de 5 ans. Après la décision du rectorat d’ouvrir une enquête administrative, la rédaction de Webex a recueilli deux nouveaux témoignages de familles de victimes.
Bras croisés, visages fermés, à 11 h 45 devant l’école Schoepflin à Strasbourg, l’émotion envahit toujours les parents d’élèves venus récupérer leurs enfants pour la pause déjeuner, ce mardi. Durant l’année scolaire 2025/2026, sept enfants de l’école maternelle auraient été victimes d'agressions sexuelles par une camarade de classe âgée de 5 ans. Il s’agit de la fille d’une enseignante du même établissement. Après la révélation de cette affaire dans les médias, le rectorat a annoncé, ce lundi, l’ouverture d’une enquête administrative et le déplacement de l’élève et de sa mère dans une autre école. La rédaction de Webex a recueilli deux nouveaux témoignages de familles d’enfants qui seraient victimes.
Le problème pour l’Union européenne réside dans la difficulté à trouver une riposte efficace qui n’entraînerait pas une intervention démesurée de l’OTAN. L’article 5 du traité de l’Atlantique Nord lie le destin militaire de ses membres, en prévoyant une défense collective et une assistance mutuelle en cas d’agression. Si le Conseil de l’UE a renforcé sa « boîte à outil hybride » le 16 mars 2026, son action s’est principalement concentrée sur la lutte contre la désinformation, les cyberattaques et les sabotages d’infrastructures critiques. La menace des drones n’y paraît pas explicite.
Depuis l’hémicycle de Strasbourg, Kaja Kallas s’est contenté de réaffirmer la stratégie de l’Union européenne, malgré l’actualité de ce mardi 15 septembre. La responsable de la politique extérieure de l’UE l’a résumée en cinq points : « dénoncer ces attaques », « sanctionner les instigateurs », « supprimer les financements à la racine », « démanteler la flotte fantôme » et « protéger l’espace d’information ». Un mantra que l’UE répète inlassablement depuis le début de la guerre en Ukraine et qui apparaît de plus en plus obsolète face à la surenchère de Moscou.
Bertille Liétar
Edité par Antoine Dana
Jouer avec les limites
Lorsque l’on parle d’attaques hybrides, on pense souvent aux cyberattaques, aux campagnes de désinformation et aux sabotages des câbles sous-marins, orchestrés par la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Cependant, la réalité est plus complexe. D’après un rapport sur la protection de l’intégrité territoriale de l’Union, débattu ce mardi 15 septembre au Parlement européen, ces menaces incluent également « les incursions de drones, les violations de l’espace aérien, le sabotage d’infrastructures critiques […], les incendies criminels, les complots d’assassinat, l’instrumentalisation de la migration et la criminalité organisée. »
Comme le résume le Conseil de l’UE sur son site, ces attaques sont « conçues de manière à ce qu'il soit difficile de les détecter et de s'en prémunir et sont pensées pour rester en dessous du seuil qui pourrait constituer ou être perçu comme un acte de guerre ». Ce qui permet à la Russie de maintenir une épée de Damoclès sur l’Europe, sans jamais engendrer un conflit ouvert avec celle-ci.
Drones espions et engins de pression
Selon le rapport « Russia’s UAV Campaign Over Europe » de l’IISS, les drones russes survolent l’Europe à basse altitude avec deux objectifs. Alors que la Russie semble avoir perdu en capacité d’espionnage, les engins aériens sont « une solution idéale pour combler ce déficit de collecte d’informations et pallier les lacunes russes en matière d’imagerie spatiale par rapport à l’OTAN ». Ainsi, sur les 144 incursions de drones observées par l’institut, 48% visaient des zones militarisées, 26% des infrastructures sensibles et 18% des aéroports civils.
L’autre intérêt pour Moscou est de tester la résistance du soutien de l’Union européenne à l’Ukraine. Comme le précisait Elie Tenenbaum, directeur du Centre des études de sécurité de l’Ifri, suite aux attaques russes de septembre 2025, il y a un objectif « politico-stratégique de créer du stress, de voir quel est le niveau de solidarité […] et enfin de créer éventuellement une forme de confusion ou de friction entre les alliés sur la juste réponse à apporter. »
Un bouclier de sanctions européennes
Si la menace semble évidente, les moyens de défense de l’UE le sont moins. Depuis 2022, l’UE a surtout usé des sanctions pour interdire l’accès au territoire européen et geler les avoirs de certaines personnes ou entités russes ou alliées de la Russie. L’Union a ainsi adopté son 21ème pack de sanctions le 23 juillet, ciblant particulièrement les secteurs de l’énergie et des services financiers et des crypto-actifs russes. Mais les effets semblent limités.
Ce mardi 15 septembre 2026, la Lituanie a annoncé que l’Otan avait abattu un drone russe qui survolait la veille son territoire. Une situation qui questionne sur l’intérêt de l’utilisation de ces engins par la Russie et la difficile stratégie de défense de l’Union européenne. Decryptage.
L’Union européenne vit son lot d’incidents inédits. Depuis septembre 2025, la Russie intensifie les atteintes à l’intégrité des pays européens, franchissant depuis cet été, toutes les limites jusque-là connues de la guerre hybride qui les oppose. Deux avions de l’OTAN ont abattu un drone russe qui volait au-dessus de la Lituanie, dans la nuit du lundi 14 septembre 2026. Le lendemain, Copenhague a accusé Moscou d’avoir usé de deux fusées éclairantes à l’encontre d’un de ses hélicoptères en mer Baltique.
L’escalade du Kremlin
Il y a un an, en septembre 2025, des drones russes entraient dans l’espace aérien de l’Estonie, la Pologne et la Roumanie. Les aéroports de Copenhague et d’Oslo étaient survolés, entraînant leur fermeture pendant plusieurs heures. Un phénomène que l’Union européenne peine depuis à endiguer. En juillet, le International Institute for Strategic Studies (IISS) dressait les contours de cette tactique militaire. Entre août 2024 et février 2026, la Russie aurait mené près de 144 incursions par drones dans des pays européens membres de l’Otan, particulièrement à l’automne 2025.
La Russie n’a depuis de cesse de renchérir. L’attaque déjouée de drones à l’aéroport de Leipzig, le 4 août, était déjà une escalade considérable pour l’Union européenne. Plusieurs drones, dont un chargé d’explosif, avaient été découverts à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens. La première attaque aussi directe, émanant de Moscou. Le survol de l’espace aérien de la Lituanie, dénoncé ce matin par le président Gitanas Nauseda, a entraîné l’intervention de la police de l’air de l’Otan. Une ligne que les alliés n’avaient jusque-là eu à franchir qu’une seule fois, à l'encontre d'un drone ukrainien qui s’était égaré en Estonie, en mai 2026.
À Strasbourg, la vie queer se décline entre événements festifs, culturels et associatifs. Rencontre avec trois étudiantes LGBTQIA+ qui partagent leur expérience.
Côté vie nocturne, de rares institutions, comme le Canapé Queer ou le plus récent Au Goût Doux, côtoient des établissements LGBTQIA+ friendly comme le Carmen Kamina, le Kalt ou le Molodoï. Les associations proposent des activités sportives (Olympqueer), des randonnées (Alsarando), du chant (Pelicanto) ou encore des espaces d’accueil et d’échanges (La Station). Mais pour les personnes concernées, vivre son identité queer dans la capitale alsacienne se revèle parfois délicat.
Segwo : « À Strasbourg c’est très culturel, mémoriel et engagé »
Segwo, étudiante de 23 ans en master d’anthropologie est arrivée dans la ville il y a un an. Après une licence à Lille, sa rencontre avec le milieu queer strasbourgeois l’a parfois déçue : « A Strasbourg, c’est très culturel, mémoriel, engagé. Et c’est très bien, mais j’ai parfois l’impression qu’il y a des codes précis à respecter, que les gens ont une image en tête, de ce qu’est un “bon queer”, une “bonne lesbienne”. Puisque je suis très féminine, on m’a parfois fait ressentir que je n’étais pas assez lesbienne. Le milieu queer strasbourgeois est parfois très performatif et assez peu familial. Lille par contre, c’était autre chose, c’était vraiment ma ville. J’y avais une vie très tournée vers la fête, le Drag, le Ball Room. A Strasbourg, les endroits à disposition des personnes queer, comme la Station par exemple, sont trop institutionnels, froids et tristes. On a besoin de se retrouver, de célébrer ensemble. Je suis très partisane de la fête. Mais à Lille il n’y a pas cette mémoire queer qu’il y a ici, l’aspect culturel et artistique est quasi inexistant. »
Naïla : « Je voulais faire du sport de façon politisée »
Naïla, elle, a 24 ans et étudie en deuxième année de master à Science Po. Elle est arrivée dans la ville en Septembre 2021. Originaire d’un “petit village”, elle a découvert une vie culturelle et militante riche à Strasbourg. Aujourd’hui, elle a rejoint une association de football queer, pour investir un nouveau champ de sa vie de façon politique. « Des lieux queers, il n’y en a jamais suffisamment. Quand je suis arrivée, ma découverte du milieu queer strasbourgeois s’est beaucoup faite à travers mes amis proches et mon engagement militant auprès de l’association féministe queer de Science Po. C’est là que je me suis fait des contacts, que j’ai découvert la scène drag aussi par exemple. Puis, j’ai rejoint le Collectif Diaspora, un collectif antiraciste et décolonial. Donc ce qui a constitué ma vie queer ici, ça a un peu été un mélange de tout : les amis, le militantisme, et maintenant, les “fouteureuxses”. Je n’avais pas fait de sport depuis longtemps et je voulais en faire de façon politisée. Tant d’aspects de ma vie le sont et au fond toutes les questions se croisent. J’ai rejoint les “fouteureuxses” il y a un an maintenant. C’est régulier, on a des entraînements, des matchs, des moments plus informels aussi. Ça me permet de faire du sport en me sentant “safe”, entourée de personnes qui partagent des intérêts communs. Ca m’a aussi permis de rencontrer, lors des tournois, et même à Strasbourg, des personnes que je n’aurais jamais pu rencontrer autrement. Côté vie nocturne, je ne suis pas une énorme fêtarde, donc ce que la ville propose me suffit totalement. Mais c’est certainement parce que je me suis constitué un cercle queer : je vis un peu dans ma bulle. »
Leïla (1) : « Même sur les applis de rencontre, on tourne vite en rond ! »
Leïla est une marseillaise âgée de 21 ans et arrivée à Strasbourg pour effectuer sa licence de Staps il y a un an. Elle regrette parfois la vie culturelle et artistique de sa ville d’origine. « A Marseille, il y a beaucoup plus de soirées queer. Des endroits, comme le quartier de la Plaine ou le Cours Julien, sont parfaitement identifiés. On sait qu’on va s’y retrouver entre personnes queer, l’aspect communauté est très présent, et facile à ressentir. A Strasbourg, je suis un peu déçue par l’offre. Le Cosmos a une super programmation : l’offre culturelle queer y est riche. Avec mes ami.e.s on sort dans des endroits qui organisent parfois des événements queer, des drag show, des débats ou des lectures. mais on a pas vraiment de QG. J’ai parfois l’impression d’être un peu à l’étroit. D’ailleurs, même sur les applis de rencontre, on tourne vite en rond ! »
(1) : prénom modifié à la demande de l’interviewé
Gaby Fabresse