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L’Union européenne, grande absente des négociations entre Israël et le Liban
« La semaine dernière nous avons signé un prêt de 45 millions d’euros d’aide directe pour le ministère des affaires sociales libanais. [En plus] 100 millions d’euros d’aide humanitaire ont été fournis », déclare la commissaire européenne Hadja Lahbib lors d’un débat inédit sur la situation au Sud-Liban ce mercredi. Depuis le 3 mars et le début de l’offensive israélienne dans le pays, c’est la première fois que l’Union européenne (UE) envoie des aides directes au Liban.
Malgré ces annonces, l’UE reste à la porte des négociations entamées en avril entre les gouvernements libanais et israélien sous la supervision des États-Unis. « Il faut être lucide. Nous avons disparu du jeu diplomatique mondial », estime la députée européenne Laurence Trochu (ECR, extrême droite) au cours du débat. Pour les groupes de gauche, un seul levier reste possible afin que l’UE s’impose dans ces discussions : la suspension de son accord commercial avec Israël.
Emma Simon
Un en « même-temps » qui fait réagir les oppositions. Les Socialistes et Démocrates (S&D) ainsi que les Verts (écologistes) dénoncent le recul du groupe conservateur sur le Pacte vert. Impulsé en 2019, ce pacte devait garantir un ensemble de mesures visant à réduire les émissions de CO2 d’au moins 50 % d’ici 2030, notamment grâce au déploiement des énergies renouvelables. Sauf que celui-ci a été considérablement allégé début 2025 au profit de mesures en faveur de l’industrie et de la compétitivité. Selon Iratxe García-Pérez (S&D, gauche), il « n’est pas le problème, mais doit rester la solution ». À l’autre bord de l’échiquier, les eurodéputés des groupes Conservateurs et réformistes européens (ECR, droite souverainiste) et Europe des nations souveraines (ESN, extrême droite) ont quant à eux dénoncé l’inaction de la Commission en matière d’énergie nucléaire jusqu’en 2022.
C’est dans ce contexte que le rapport d’initiative sur les droits fondamentaux dans l’Union européenne (UE) a été voté au Parlement européen. Ce rapport vise notamment à alerter la Commission européenne sur le recul démocratique dans certains pays et sur les atteintes à la liberté de la presse. Il s’appuie sur les chiffres du Conseil de l’Europe qui recense les attaques répétées contre les journalistes. 344 atteintes en Europe en 2025, soit 29 % de plus que l’année précédente. Le rapport préconise donc de mieux protéger les journalistes dans les États membres via l’extension des garanties prévues par la directive contre les procédures bâillons aux affaires nationales et pénales.
« Les procédures bâillons, c’est le nouvel avatar de certains États et régimes dits illibéraux », explique Pierre Petillault, directeur général de l’Alliance de la presse et de l’information. « C’est la tentation, pour le politique, de réduire le pouvoir médiatique. » En 2024, 167 cas de procédures bâillons ont été recensés par la coalition « Anti-SLAPP » en Europe. Un chiffre en nette hausse, 27 cas étaient recensés en 2016.
Le gouvernement français a jusqu’au 7 mai 2026 pour transposer la directive européenne contre les procédures bâillons, qui a été adoptée par le Parlement européen en 2024. La procédure bâillon est le fait d'assigner un journaliste ou une publication pour obtenir le retrait ou l'abandon d’un article. L’objectif n’est pas forcément de gagner le procès, mais plutôt d’exercer une pression financière sur le média et sa source du fait du coût de la procédure et de sa longueur et dissuade certaines enquêtes. C’est le cas d’Inès Léraud, journaliste lanceuse d’alerte, qui a connu trois procédures bâillons pour avoir enquêté sur l’industrie agroalimentaire et ses impacts environnementaux.
Le « en même-temps » de la Commission
Face à cet enjeu d’indépendance énergétique, les parlementaires sont unanimes : il faut produire sur le sol européen. Mais reste à choisir quel mix énergétique adopter. Le Parti populaire européen (PPE, droite) soutient la Commission dans son jeu d’équilibriste. Manfred Weber, chef de file du groupe, estime d’un côté que « ce sont les énergies renouvelables qui doivent jouer un rôle essentiel » et de l’autre qu’il faut « une base nucléaire solide pour que la souveraineté soit au rendez-vous ».
En France, le gouvernement tarde à mettre en place les prérogatives européennes contre les procédures bâillons, alors que le Parlement pointe leur importance dans un rapport adopté à une courte majorité mercredi 29 avril 2026.
À long terme, l’urgence est de réduire la dépendance du continent aux énergies fossiles, ce qui aiderait aussi l’UE à tenir ses engagements en matière de climat. Ursula Von der Leyen a affirmé son ambition de mieux électrifier l'Europe, en interconnectant mieux les États entre eux pour faciliter la circulation de l’électricité décarbonée. Pour cela, elle incite à voter le “paquet réseaux”, train de mesures présenté en décembre 2025. « Nous devons entamer une transition électrique dans les transports, l’industrie et le chauffage. Dans notre budget actuel, il nous reste 95 milliards à utiliser » a-t-elle détaillé.
À long terme, l’urgence est de réduire la dépendance du continent aux énergies fossiles, ce qui aiderait aussi l’UE à tenir ses engagements en matière de climat. Ursula Von der Leyen a affirmé son ambition de mieux électrifier l'Europe, en interconnectant mieux les États entre eux pour faciliter la circulation de l’électricité décarbonée. Pour cela, elle incite à voter le « paquet réseaux », train de mesures présenté en décembre 2025. « Nous devons entamer une transition électrique dans les transports, l’industrie et le chauffage. Dans notre budget actuel, il nous reste 95 milliards à utiliser » a-t-elle détaillé.
Guerre au Soudan : le Parlement européen se donne bonne conscience
« Le Soudan est devenu un tsunami de souffrances et fait incroyable : personne n’en parle », tonne Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’égalité. Les députés européens se sont réunis ce mercredi afin de commémorer les trois années de guerre au Soudan, opposant les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. Murielle Laurent (S&D, gauche), rappelle l’urgence humanitaire : « L'Union européenne doit continuer à apporter de l'aide et elle doit aussi, sur un aspect plus politique, exercer une pression plus importante pour influencer l'arrêt de ce conflit. » Pour les eurodéputés, la mobilisation devra en particulier passer par un maintien des budgets humanitaires européens. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 13 millions de personnes et été marqué par l’usage de violences sexuelles comme instrument pour semer la terreur.
Estelle Bouchart