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Un homme de 45 ans paraissait devant le tribunal correctionnel de Strasbourg sans avocat. Il est accusé d'avoir menacé de mort, début août, son fils, son ex-compagne ainsi que la sœur et la nièce de cette dernière.

Lui, c’est un homme de 45 ans, séparé de son ex-compagne en 2024 puis à nouveau en 2026. Il a avec elle un fils de 7 ans. Mais c’est également 32 mentions au casier judiciaire dont la première remonte à ses 17 ans et qui s’étalent jusqu’en 2024 que le quarantenaire traîne au tribunal judiciaire de Strasbourg. Ce mardi 15 septembre, il comparaît pour menace de mort sur son fils, son ex-compagne mais aussi sur la sœur  et la nièce (majeure) de celle-ci.  Le prévenu est également en état de récidive judiciaire puisqu’il avait été condamné pour des faits similaires en 2024.

« Je vais égorger mon fils, je vais égorger sa mère »

Début août, lorsque son ex-compagne, avec qui il explique entretenir une relation intermittente, lui demande son barbecue pour un événement, il accepte volontiers. Mais lorsqu’il apprend qu’il n’est pas invité, il s’énerve. Il prend alors son vélo et se rend alors au domicile de son ex-compagne pour récupérer son bien. Et là, ça dégénère. Son ex-compagne arrive avec sa nièce et sa sœur. Le prévenu accuse cette dernière : « Elle m'est rentré dedans, elle m’a poussé. »

Mais la version des trois femmes diverge : il aurait sonné à la porte et aurait demandé aux trois enfants dont son fils présents dans le logement un couteau. Terrorisés, les jeunes enfants - la plus grande avait 12 ans - auraient barricadé la porte à l’aide du canapé et appelé leur mère. Interrogé sur cette version, l'homme reconnaît à demi-mots : « Oui, j’ai sonné. Mais trois enfants de cet âge, dont une handicapée, [qui auraient] porté un canapé ? » La sœur de son ex-compagne casse alors une bouteille qu’il avait dans le panier de son vélo. Il ramasse le tesson et les menace une première fois : « Ça je le mets dans la carotide. » Il quitte alors les lieux mais revient pendant le barbecue, fortement alcoolisé. Il réitère les menaces. Mais cette fois “il menace d’égorger son fils et son ex compagne », raconte leur avocate qui lui attribue la phrase : « Je vais égorger mon fils, je vais égorger sa mère, de toute façon j’irai en enfer. »

Des menaces de mort, mais pas contre son fils

L'homme assume et reconnaît, il a bien menacé de mort – sans intention de passer à l’acte – la sœur de son ex-compagne et sa fille. « Ce sont des sorcières qui veulent que je coupe les liens avec mon ex-compagne et mon fils », justifie le prévenu. Mais il nie en bloc avoir menacé son fils ou son ex-compagne. « J'ai grandi sans parents, j’ai grandi sans père. Si j’ai fait autant de conneries c’est parce que j’avais pas de soutien. Quand vous me dites que j’ai voulu tuer mon fils, ce n'est pas possible », plaide-t-il. Il ajoute au sujet de son ex-compagne : « La veille, on était à la piscine avec les enfants et le jour d’avant on a eu des relations sexuelles. Pourquoi le lendemain je voudrais la tuer ? »

L’avocate de son ex-compagne et de son fils demande « une peine de prison sérieuse » accompagnée d’un suivi sociojudiciaire de cinq ans avec interdiction de paraître au domicile des victimes, aux activités scolaires et périscolaires des enfants et même d’entrer en contact avec les membres de la famille ainsi que des dommages et intérêts. En entendant ça, le prévenu s'effondre à l’idée de ne plus voir son fils. Le procureur de son côté est plus modéré et ne requiert que 18 mois de prison et un sursis probatoire assorti d’une interdiction de contacter son ex-compagne et sa famille pendant deux ans mais avec la possibilité de voir son fils. Il requiert également une obligation de soin en psychologie et addictologie pour ses problèmes de frustration et d’alcool.

Lorsque le juge demande au prévenu s’il souhaite s’exprimer après les réquisitions, il plaide qu’il veut bien aller en prison, pour deux ans comme requis ou pour cinq ans s’il le faut, à condition de pouvoir voir son fils. Il conclut : « Mon fils, je vis pour lui. Enlevez-le moi, en prison, je prends une corde et je me suicide ».

Sacha Laudrin-Laroche

Le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a rappelé, dans un rapport de 160 pages paru mercredi 9 septembre, que la maternité reste l’un des principaux facteurs d’inégalités socio-économiques entre les hommes et les femmes. 

La naissance d’un enfant entraînerait une chute de revenu salarial de 40% pour les mères. C’est le chiffre choc mis en avant par le Haut Conseil à l’Égalité dans son rapport paru le 9 septembre dernier intitulé « Du plancher collant au plafond de mère ».

Après un large rappel introductif sur l’impact de la socialisation primaire genrée qui pousse les petites filles vers le “care” (l’aptitude à prendre soin des autres), le rapport rappelle que cette assignation se cristallise d'abord dans les choix d'orientation scolaire et professionnelle. Les femmes se retrouvent ainsi massivement concentrées dans des secteurs du soin et du tertiaire, moins rémunérés et moins évolutifs. Ce mécanisme est désigné comme le « plancher collant » par le rapport. À l'autre extrémité de l'échelle hiérarchique, elles se heurtent au « plafond de verre », ces barrières invisibles qui freinent leur accès aux postes de responsabilités et de direction et donc, aux emplois les mieux rémunérés. 

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Mais le rapport va plus loin en conceptualisant un nouvel obstacle aux femmes dans le travail : le “plafond de mère”. Bien avant l'arrivée d'un enfant, la maternité, qu'elle soit « réelle, supposée ou anticipée » par les employeurs, constitue une pénalité. Selon le 18e Baromètre des discriminations dans l’emploi, publié en 2025, parmi les personnes discriminées à l’embauche, 24 % des femmes invoquent leur situation familiale, contre seulement 5 % des hommes.

Coincées entre “bonne mère” et le “child penalty”

Le HCE dénonce ainsi un monde du travail qui applique un véritable « régime de la suspicion maternelle » envers les femmes en âge de procréer, anticipant une moindre disponibilité. Selon une étude réalisée en 2022 à la demande de la Direction générale de la fonction publique (menée à partir de 688 offres d’emploi et de 3 440 candidatures fictives), un signal de grossesse ou de future parentalité réduit d’environ 15 % les chances d’obtenir une réponse positive. 

Le HCE rappelle que cet obstacle professionnel contraste pourtant avec les injonctions sociétales qui exigent des femmes qu'elles s'accomplissent par la maternité, tout en leur imposant la norme de la « bonne mère », naturellement sacrificielle et disponible. Mais dès la naissance de l'enfant, ces dynamiques se transforment en une véritable “child penalty” (pénalité maternelle). « La naissance d'un enfant agit comme un révélateur, un accélérateur et un amplificateur de ces inégalités », et explique à elle seule 88 % des écarts de revenus entre les hommes et les femmes en 2020, développe le rapport. Cette pénalité économique s'articule autour de trois facteurs développés par le rapport : les interruptions d'activité (parmi les 100 955 familles bénéficiant d’une aide financière versée par la Caf pour les parents qui cessent ou réduisent leur activité professionnelle afin d'élever leur jeune enfant, le congé parental à taux plein est pris à 94 % par les mères), la réduction du temps de travail (en 2024, 37,2 % des femmes salariées ayant deux enfants dont le plus jeune a moins de 3 ans travaillent à temps partiel, contre 5,4% des hommes dans la même situation) et le ralentissement durable de la carrière (en 2026, 62% des femmes interrogées déclarent avoir des difficultés à reprendre leurs marques à leur poste après la naissance de leur enfant, contre 36 % pour les hommes).

Face à ces constats inquiétants, le HCE formule 46 recommandations divisées en quatre axes d’action : « déconstruire les normes qui mènent à la pénalité maternelle », « sécuriser l’autonomie économique, patrimoniale et professionnelle des femmes », « faire de la parentalité une responsabilité collective », et « protéger les mères et les enfants face aux violences, aux séparations et aux inégalités territoriales ». Parmi ces recommandations, apparaissent par exemple l’intégration aux programmes d’éducation à la vie sexuelle et affective, un exercice de mise en situation d’un foyer fictif « afin de déconstruire l’assignation des filles au care et les stéréotypes liés au travail domestique et parental », ou encore le fait de rendre obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salarié·es, la mise en place d’un suivi des trajectoires professionnelles des mères au retour du congé maternité, puis 3 ans et 10 ans après une naissance. Pour mieux prévenir les discriminations liées à la maternité, le rapport préconise également d'imposer aux entreprises de plus de 50 salarié·es une formation régulière des RH et la distribution d'une fiche-recours aux équipes.

Jeanne Derieux Le Magueresse

Sept élèves scolarisés en maternelle à l’école Schoepflin de Strasbourg disent avoir été victimes d’actes sexuels commis par une enfant de leur classe durant l’année scolaire 2025-2026. L’affaire maintenant ébruitée dans la presse, le rectorat et l’école commencent tout juste à agir. 

Dans une enquête publiée le 11 septembre, nos confrères de Rue89 Strasbourg révélaient qu’un petit garçon et sept petites filles avaient subi des attouchements et pénétrations digitales de la part d’une de leurs camarades de classe. Les faits se seraient déroulés le long de l’année scolaire précédente, au sein d’une classe de moyenne section de maternelle.

Après de longs mois d’attente, les premières réponses apportées le 26 août par le directeur académique des services de l’Education nationale (Dasen), n’ont pas été à la hauteur des craintes exprimées par les parents. Sous l’autorité du rectorat, il s’était dans un premier temps contenté de faire sauter une classe à la fillette mise en cause, lui autorisant ainsi à continuer sa scolarité en CP dans le même groupe scolaire. 

En réaction, ce lundi, une cinquantaine de parents d’élèves avaient décidé de garder leurs enfants à la maison. Certains parents de victimes exprimaient, en outre, la nécessité de protéger leurs enfants, alors que ces derniers risquent tous les jours de croiser la petite fille en empruntant l’entrée unique de l’école.

La petite fille et sa mère écartées de l'école

Après une réunion d’urgence organisée entre les familles des victimes et le Dasen le jour de la manifestation, le rectorat a pris des mesures supplémentaires, annoncées dans un communiqué le soir-même : « L’ensemble des personnels de l’école bénéficie, au cours de l’année, d’une formation à l’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR). Trois séances seront proposées aux élèves de chaque classe afin de leur donner, de manière adaptée à leur âge, des repères sur le corps, l’intimité, le respect des limites et les comportements appropriés (il s’agit toutefois d’un enseignement déjà obligatoire de la maternelle au CM2, NDLR) [...] En parallèle, le rectorat diligente une enquête administrative au sein de l’école. À compter du mardi 15 septembre, une enseignante et une élève ne fréquenteront plus l'école Schoepflin. » L’enseignante réaffectée est la mère de la petite fille qui aurait commis ces gestes, également maîtresse d’école à Schoepflin. 

Les parents restent consternés par la stratégie adoptée par la direction de l’école, qui n’a pas fait circuler l’information. Ce, alors que des signalements avaient été réalisés dès le début de l’année scolaire, à la suite de déclarations de nombreux enfants dans leur cadre familial. Durant l’année, tous sont restés persuadés qu’ils étaient des cas isolés.

Carl Lefebvre

L’actrice américaine Sydney Sweeney a tourné une publicité (encore une fois) très controversée, où elle pose dénudée pour promouvoir un site de paris sportifs. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses athlètes se sont insurgées contre cette vision sexiste du sport.

Dans cette vidéo publiée par le site de paris sportifs Novig, Sydney Sweeney se montre dénudée avec des accessoires de sport cachant ses parties intimes. De nombreuses sportives ont réagi, indignées. Elles ont même créé une trend sur les réseaux sociaux, où elles partagent des vidéos d’elles en train de faire du sport avec la phrase « this is women in sports », pour lutter contre le sexisme dans ce secteur.

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Enora Moreau et Belinda Grube

*Les prénoms ont été modifiés pour cause d’anonymat.

Axelle Lorans

Edité par Ella Peyron

Rentrée en CP il y a quelques semaines, la fille de Louise* lui court dans les bras en sortant de l’école. Cette mère de famille, l’une des premières à avoir brisé le silence sur le sujet, accepte de témoigner. 

« En octobre dernier, notre fille nous a fait remonter un événement. Elle nous a raconté qu’une de ses camarades lui avait fait s’allonger dans la cour, lui avait baissé sa culotte et lui avait touché les parties intimes. À ce moment-là, ce n'était pas une inquiétude majeure pour nous. On se disait que les enfants découvraient leur corps. 

Mais après ça, il y a eu un an de silence.  Elle nous faisait part d’un mal-être, elle avait des crises intenses qu’elle n’avait jamais faites auparavant mais elle nous disait qu’elle ne voulait pas en parler. 

Un soir en fin d’année, après avoir eu des échos de problèmes dans l’école, on lui repose la question, et là elle nous raconte tout. Elle nous a livré des choses très précises, elle parlait de parties de l’anatomie que des enfants de 5 ans ne connaissent pas normalement. Elle évoque avoir essayé de l’en empêcher mais sans y parvenir. Elle a aussi tout mimé. Pour des parents, voir des choses comme ça, c’est affreux.

À ce moment-là, j’entame la difficile tâche d’informer les autres parents d’élèves. Mais nouvelle désillusion, je découvre que l’on est loin d’être les seuls à avoir fait des signalements auprès de l’école. Ça nous a donné l’impression que la direction a tout gardé en huits-clos, ce qui est très malvenu. 

Dans cette situation, l’ensemble des parents d’élèves victimes portent énormément d'empathie pour cette enfant. Une enquête sociale a été déclenchée à la demande des parents. On pense que le changement d'école est une bonne chose car elle commençait à être stigmatisée au sein des élèves. »

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