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Faciliter les aides gouvernementales
Dans l’hémicycle de Strasbourg, la présidente de la Commission a rappelé les mesures du plan « AccelerateEU » présenté le 22 avril 2026. Dans l’immédiat, l’UE entend d’une part mieux coordonner ses achats de gaz afin d’éviter une concurrence entre États membres qui génère une hausse des prix. D’autre part, la Commission a annoncé un assouplissement temporaire et ciblé de l’encadrement des aides aux entreprises. Une mesure en réponse aux États qui réclamaient « des règles simples pour cibler les secteurs dépendant de carburants importés et les industries fortement consommatrices d'énergie » selon Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission en charge de la concurrence. L’Allemagne et l’Espagne ont ainsi opté pour une baisse de la fiscalité sur les carburants.
« Il y a une réalité difficile à laquelle il va falloir faire face pendant des mois voire des années », a sobrement déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen ce mercredi 29 avril 2026 lors du débat sur la crise au Moyen-Orient et ses répercussions économiques sur l'énergie. L’envolée des prix grève le budget des Européens : en 61 jours de conflit, la facture énergétique de l’Union européenne (UE) s’est alourdie de 27 milliards d’euros. Bien que les pays du Golfe ne soient pas ses fournisseurs principaux, une partie importante des flux énergétiques mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz, dont le gaz naturel liquéfié (GNL) consommé en Europe. Le blocage de cette voie névralgique perturbe l’acheminement du pétrole et du gaz, entraînant ainsi une hausse des prix. Le prix du baril de pétrole a grimpé de 60 % en deux mois ; celui du Mwh de gaz de 80 %.
Le Parlement européen a approuvé une proposition de budget 2028-2034 en hausse de 10 % par rapport à celui proposé par la Commission. Défense, sécurité et compétitivité sont les nouvelles priorités. Une façon de peser dans le bras de fer qui s’annonce avec les États membres.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient en février 2026, les factures d’énergies de l’Union européenne s'alourdissent, conséquence de sa dépendance aux combustibles fossiles importés. Réunis ce matin dans l'hémicycle, les eurodéputés ont débattu de la sécurité énergétique, plus que fragile, du Vieux Continent.
Des négociations difficiles
C’est maintenant aux États membres de s’exprimer sur la position du Parlement. Et les négociations s’annoncent délicates. Rob Jetten, premier ministre des Pays-Bas, trouvait déjà que le budget proposé par la Commission était trop élevé, avant la hausse proposée par le Parlement : « Le montant du budget [tel que proposé par la Commission européenne] doit absolument être réduit significativement », avait-il affirmé vendredi 24 avril 2026, lors d’un sommet européen à Chypre. Une position partagée par le chancelier allemand, Friedrich Merz.
Du côté du Parlement, pas question de bouger une ligne. Carla Tavares (S&D, gauche), autre eurodéputée en charge du rapport parlementaire, prévient : « Nous n’envisageons pas de renoncer à quoi que ce soit sur le budget. » À ses côtés, Roberta Metsola s’est félicitée de la rapidité avec laquelle le Parlement a trouvé un accord : « Nous espérons que le Conseil fasse la même chose pour que les négociations commencent au plus vite. »
Car les délais sont courts. Les différentes institutions souhaitent trouver un accord avant la fin de l’année 2026, pour éviter que les échéances électorales ne figent les négociations. Tous ont en tête l’élection présidentielle française de 2027, où l'extrême droite pourrait potentiellement accéder au pouvoir.
Nina Brulaire et Lilian Nowak
Vers une taxe sur les géants de la tech
Pour justifier cette hausse du budget, le Parlement s’est accordé sur la création de nouvelles ressources propres. L’idée d’une taxe sur les géants de la technologie américains, comme Google ou Meta, a notamment été évoquée. Autre grande différence avec le texte de la Commission : échelonner le remboursement de l’emprunt du plan de relance post-pandémie « Next Generation EU ». La dette européenne va donc encore courir quelques années.
Malgré l’approbation du texte, certains groupes parlementaires ne cachent pas leur opposition. 201 eurodéputés ont voté contre ce budget intérimaire. « La cohésion sociale ne peut pas être remplacée par des chars d'assaut et des drones », martèle Estrella Galán (The Left, gauche radicale), dans l'hémicycle. De leur côté, les Patriotes pour l’Europe (PfE, extrême droite) pointent du doigt les nouvelles « taxes et contraintes imposées d’en haut », par la voix de leur représentant Julien Sanchez (PfE, extrême droite).
Les Verts (écologistes), quant à eux, ont voté pour le texte. « On obtient la préservation d'un certain nombre d'éléments, dont le Fonds social européen, ainsi que le programme LIFE », un instrument financier spécifiquement dédié à l’environnement et au climat, précise Marie Toussaint (les Verts, écologistes). « Ce n’est pas notre budget rêvé. C'est un compromis du Parlement européen qu'on soutient, de sorte à pouvoir être plus fort face aux décisionnaires que sont la Commission et le Conseil », poursuit la vice-présidente du groupe écologiste.
Un budget ambitieux pour « faire face aux nouvelles crises », assure Roberta Metsola, présidente du Parlement européen. Ce mardi 28 avril 2026 à Strasbourg, le Parlement a adopté sa position sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de 2028 à 2034, qui fixe le budget et les grandes orientations européennes. Ils se sont appuyés sur la proposition de la Commission présentée en juillet 2025. Les eurodéputés se sont accordés pour une hausse de 10 % par rapport au budget initial.
« Le message est clair : nous sommes unis », déclare Siegfried Mureșan (PPE, droite), qui a porté cette législation. Avec une majorité de 370 voix favorables, elle met l’accent sur de nouveaux axes : la sécurité, la défense et la compétitivité. Le tout, sans rogner sur les dotations actuelles. L’agriculture et la politique régionale restent des priorités, pendant que les moyens alloués à la défense sont multipliés par cinq, et ceux aux migrations et à la sécurité intérieure triplés. L’enveloppe totale est évaluée à 2 000 milliards d’euros pour les sept prochaines années.
L’Union européenne adopte une méthode unique de calcul des GES pour les transports
Le Parlement européen a adopté ce mardi un outil à destination des entreprises de transport de marchandises et de passagers. Il vise à fournir une méthode de calcul unique pour mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Auparavant, chaque entreprise appliquait son propre calcul. Désormais, elles devront utiliser une méthode de calcul unique pour déclarer leurs émissions à des fins commerciales ou bien lorsque la législation européenne l’exige. Dans les faits, si Air France ou la SNCF souhaite communiquer l’impact carbone du trajet de ses passagers, elle devra effectuer son calcul via le site internet mis à sa disposition par la Commission européenne. Cette dernière dispose maintenant d’un délai de quatre ans pour mettre en place cet outil.
Robin Grange
Le groupe des Patriotes contraint de voter contre son propre rapport sur la fraude
Le rapport annuel sur la lutte contre la fraude, qui émet des recommandations pour renforcer les dispositifs en la matière, a été rejeté. Ce texte, habituellement consensuel, proposait notamment d'augmenter les moyens de l'Olaf, le gendarme antifraude de l'Union. Les groupes parlementaires de gauche et du centre ont voté « par principe » contre, à cause de la couleur politique du député en charge du texte : l'eurodéputé des Patriotes pour l'Europe (PfE, extrême-droite) et membre du Rassemblement national (RN) Julien Sanchez. Ces groupes ont aussi rajouté un amendement de justesse. Celui-ci mentionne l'enquête du Parquet européen sur les soupçons de détournement de fonds par Identité et Démocratie, l'ancien groupe auquel appartenait le RN. Finalement, Julien Sanchez et son groupe n'ont eu d'autre choix que de voter contre leur propre texte, aboutissant à son rejet.
Clément Vaillat