Ce jeudi, un jeune homme de 18 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour être entré par effraction dans le domicile familial d’où il avait été chassé, et pour avoir, à cette occasion, violenté son père.
C’est en visioconférence qu’il apparaît sur l’écran du tribunal. Le jeune homme qui est jugé ce jeudi 17 septembre porte un t-shirt vert, a les cheveux ébouriffés et un air vaguement déboussolé. « Vous êtes à Fleury-Mérogis, c'est bien ça ?, demande le président du tribunal, Christophe Deshayes. « Ouais - On dit oui, Monsieur.» Emprisonné à Paris depuis juin pour vol avec effraction, il comparaît pour de précédents faits, commis ici, à Strasbourg, dont il est originaire.
Le 31 mars, il s’introduit vers 23 heures par effraction au domicile de ses parents. Face aux protestations de son père, il s’en prend violemment à lui devant sa mère et sa sœur. S’il ne conteste pas être entré illégalement dans la maison, il rejette les faits de violence, mettant en avant une légitime défense face à un père menaçant. « Votre sœur dit, je cite : “J’ai vu mon frère étrangler mon père d’une main et lui mettre des gifles de l’autre”. On parle de coups portés à terre, pas de légitime défense, on est d’accord ? », réplique le président. « Ouais », souffle le prévenu, laconique. « Vous ne contestez pas les coups - Ouais.»
« Je voulais juste rentrer chez moi »
Cette agression nocturne s’inscrit dans le parcours judiciaire chaotique du jeune homme. Son casier judiciaire se remplit à partir de 2023, pour des faits d’apologie du terrorisme, suivis de de vols et de violences. Le lien avec sa famille s’étiole, jusqu’à se rompre. « Il fallait peut-être discuter », avance le juge. « J’ai essayé mais il n’y avait pas d'issue. »
Face aux propos de la procureure arguant qu ' « être adulte c’est se défendre autrement que par la violence », le prévenu fait valoir sa volonté d’être hébergé par ses parents, qu’il estime responsables de lui, bien qu’il soit majeur. « Je vais pas dormir dans des cages d’escaliers alors que mes parents dorment au chaud, je voulais rentrer chez moi. Les violences, ce n’est pas moi qui les ai commencées en premier », s’exclame-t-il d’une voix teintée d’indignation.
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Les travaux d'intérêt général en guise de solution
Derrière ses lunettes rondes, le président fixe le prévenu dans les yeux - tâche difficile par écrans interposés. « Vous comprenez qu’on va être à court de réponse pénale pour vous. Vous passez votre temps en détention », expose-t-il. Le prévenu manifeste son envie de travailler.
« Vous souhaitez revenir à Strasbourg ? - Ouais - Il faudrait demander une semi-liberté - Ok ok - Ce serait une bonne chose », insiste Christophe Deshayes.
Après les réquisitions de la procureure, quatre mois ferme et une interdiction de paraître au domicile parental, le tribunal rend finalement sa décision. Le prévenu devra réaliser 140 heures de travaux d'intérêt général, réalisables ici à Strasbourg. En cas de non exécution, les quatre mois ferme seront appliqués.
Héloïse Lartia. Edité par Alice Billia

Le jeune comparaissait devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour être entré par effraction dans le domicile familial d’où il avait été chassé et violenté son père. Photo : Wikimedia Commons