L’adjudant-chef Arnaud Frion, mort jeudi en Irak, faisait partie d’un important dispositif militaire engagé dans la lutte antidjihadiste au Moyen-Orient. Décryptage de la présence des forces armées françaises dans la région.
L’état-major français des armées a annoncé, ce vendredi 13 mars, la mort de l’adjudant-chef Arnaud Frion, tué dans la nuit lors d’une attaque de drone contre la base kurde de Mala Qara base, près d’Erbil, en Irak. Six autres soldats ont été blessés, précise le communiqué. Ils participaient à l’une des opérations militaires françaises sur place.
Il s’agit du premier décès de l’armée française depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines contre l’Iran le 28 février. L’évènement met en lumière l’ampleur de la présence française dans la région.

L’adjudant-chef Arnaud Frion était déployé en Irak dans le cadre de la coalition internationale antidjihadiste Operation Inherent Resolve. © Zoé Fraslin
Opérations Chammal et Daman: la France sur deux fronts
L’adjudant-chef Arnaud Frion était déployé en Irak dans le cadre de la coalition internationale antidjihadiste Operation Inherent Resolve, via l’opération Chammal, qui mobilise depuis 2014 plusieurs bases dans la région. Environ 1200 militaires français y sont déployés aux côtés des forces irakiennes, principalement à Erbil et à Bagdad.
Avec l’opération Daman, la France participe également à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), mise en place par l’ONU en 1978. Environ 750 militaires français sont ainsi déployés au Sud-Liban, à la frontière avec Israël. Il est prévu que la Finul entame son retrait le 31 décembre 2026, pour un départ complet d’ici fin 2027.
Djibouti et Abu Dhabi : les principaux points d’ancrage français
En dehors de son territoire, la France dispose de deux bases militaires principales. La première, à Djibouti, lui permet de soutenir les forces locales et de participer à la sécurité maritime en mer Rouge. Près de 1 500 militaires y sont stationnés. Cette présence est encadrée juridiquement par le Traité de coopération en matière de défense, renouvelé le 24 juillet 2024 par les deux présidents pour une durée de 20 ans.
La seconde se trouve aux Émirats arabes unis. Environ 900 militaires et employés de l’armée sont installés autour d’Abu Dhabi, notamment dans les camps de Zayed Military City, sur la base aérienne d’Al Dhafra et sur la base navale Camp de la Paix. Cette dernière a été touchée début mars par une frappe de drônes iraniens, sans faire de victimes.
À lire aussi : Zone stratégique, envolée du pétrole… Tout comprendre au blocage du détroit d’Ormuz
Déploiement naval : une veille des routes maritimes
Côté forces maritimes, la France est déployée à plusieurs points stratégiques de la région. Dans la mer Rouge et le golfe d’Aden, l’opération Aspides, lancée en février 2024 par l’Union européenne, vise à protéger le trafic maritime face aux attaques depuis le Yémen des rebelles Houthis, alliés de l’Iran. En visite à Chypre, Emmanuel Macron a confirmé, ce lundi 9 mars, la mobilisation d’une nouvelle frégate – portant à deux le nombre de navires de guerre français dans cette opération.
Face au conflit actuel, le président a aussi annoncé le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale, accompagné de huit frégates, pour sécuriser l’île européenne abritant une importante base navale britannique, Akrotiri, et servant de plateforme logistique aux évacuations de ressortissants européens. Début mars, une des deux bases aériennes britanniques à Chypre a déjà été frappée par un drone de fabrication iranienne.
Emmanuel Macron prépare par ailleurs une « mission strictement défensive et d’accompagnement », « entièrement pacifique », aux côtés de partenaires « européens et non européens ». L’objectif serait d'assurer « dès que possible » l’escorte de porte-conteneurs et de navires pétroliers afin de « rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz », bloqué depuis le début du conflit par l’Iran.
Zoé Fraslin
Édité par Lucie Porquet