Sorti de terre l’an dernier à l’ouest de Wolfisheim, l’ensemble immobilier Les Vergers du fort Kléber regroupe environ 140 logements dans 17 bâtiments alignés en bordure de champ. De l’autre côté de la rue du Kriegacker, une parcelle de nature sauvage fermée par des barbelés attire l’attention. C’est l’habitat d’un petit individu discret : le crapaud vert (Bufotes viridis) ne se dévoile qu’aux noctambules lors de ses traversées crépusculaires.
On est obligés d’augmenter le prix des billets pour s’en sortir.” Pour la prochaine édition, les tarifs risquent d’être aussi élevés que ceux de l’année dernière : entre 39€ et 49€ la soirée selon les concerts. Pour ne pas tomber dans le cliché de l’auditoire “CSP+ aux cheveux blancs”, le festival propose des tarifs réduits pour les 6-25 ans, les bénéficiaires du RSA et les chômeurs. La programmation éclectique contribue aussi à ne pas restreindre le public aux seules personnes amatrices de jazz, comme l’explique la présidente du festival : “On essaie de proposer aussi ce qu'on appelle des musiques du monde, comme le groupe d’afro-funk Cimafunk, qui font venir un autre public.”
À Wolfisheim, le crapaud vert, présent en Alsace depuis cinq cents ans, cohabite avec les résidents des Vergers du fort Kléber. L’espèce vit aujourd’hui sur un territoire remodelé par la construction du lotissement.
Beaucoup de fausses croyances sur le sexe
“Malheureusement c'est compliqué de bouger une génération quand il y a une demande. Géraldine n’a pas envie de perdre son argent pour changer le monde”, assure, par pragmatisme, Éva Igard. Les allées d’Osez Pilirose illustrent une conception de la sexualité pouvant être considérée comme hétéronormée, patriarcale et blanche. Images suggestives de femmes, mannequins parés de porte-jarretelles et de bodys en résille arborent les rayons. En termes de représentation masculine, des godemichets surdimensionnés sont exposés. Mike s’en étonne d’un air amusé : “Il y a vraiment des gens qui achètent ça ? Ça fait complexer.” D’après la sexothérapeute, “beaucoup de fausses croyances sont très ancrées. Le porno en est un exemple”. Par le biais d’ateliers de sexo-éducation ayant lieu dans la boutique, elle s’efforce de déconstruire cette vision : “J’essaye de décomplexer cette génération mais je vois que ça rame. Les gens sont très intimidés de se retrouver en groupe.”
Margaux Lamoulie et Emma Simon
Les mesures compensatoires sont situées de part et d’autre du quartier Les Vergers du fort Kléber © Luck Boissière et Héloïse Lartia
Arnaud Fischer et Thibault Schoepf