12 février 2026

Annalena Baerbock présidente de l'assemblée générale des nations unies lors de son discours au Parlement européen le 12 février 2026 © European Union 2026 - Source : EP
Indignée par les violences en RDC, l’UE renouvelle son soutien
“Les femmes et les enfants sont les premières victimes, le viol est utilisé comme arme de guerre en République Démocratique du Congo (RDC)”, s’est indignée la commissaire à l’égalité Hadja Lahbib devant l’hémicycle.
Depuis mars 2022, les affrontements se multiplient en RDC entre les forces gouvernementales et les milices rebelles du M23. En plus d’un message de soutien, la commissaire affirme : “Nous avons débloqué 121,5 millions d’euros d’aide humanitaire pour la région des Grands Lacs en 2025 et nous avons l'intention de faire davantage”.
Une annonce accueillie avec scepticisme par les eurodéputés qui, de tous bords, ont dénoncé une forme d’hypocrisie vis-à-vis d’une politique européenne qui ne rompt pas clairement avec le Rwanda, soutien avéré du M23. D’après Amnesty International, depuis le début du conflit, plus de 3 millions de femmes auraient été victimes de violences sexuelles.
Emeric Eymet
Le Parlement européen condamne la guerre au Soudan
Au Soudan, la guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) plonge le pays dans une catastrophe humanitaire majeure depuis près de 1 000 jours. Suite au coup d’État qui a déchiré le pays, plus de 150 000 personnes ont été tuées et 13 millions de Soudanais ont été déplacés de force. Les violences continuent et l’accès humanitaire reste entravé, alors que seulement 15 à 30% des besoins seraient couverts dans certaines zones notamment au Darfour.
Le Parlement européen appelle à nouveau à un cessez-le-feu immédiat, à la responsabilisation des acteurs bloquant l’aide et à une intensification des efforts de médiation internationale pour ouvrir la voie à une paix durable. Il réaffirme son soutien au Soudan, un pays dont l’Union européenne est le premier donateur d'aide humanitaire (700 millions d’euros depuis 2023).
Lilou Marjolet
Journée mondiale contre le cancer : les eurodéputés unis sur le fond mais pas sur la forme
Lors des débats à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le Parlement européen a affiché son unité face à l'urgence sanitaire : 2,7 millions de nouveaux cas de cancer et 1,3 million de décès liés au cancer en 2024. Cependant, les priorités divergent selon les bancs. Si le besoin de financement a été soulevé par la majorité des groupes politiques, les parlementaires de gauche et d’extrême gauche (The Left, S&D, les Verts) ont insisté sur les causes environnementales du cancer et ont appelé à lutter contre les lobbies du tabac et de l’alcool. À droite et au centre droit, PPE et Renew Europe ont mis l’accent sur la nécessité d’innovation technologique et d’une collaboration transfrontalière pour lutter contre les pénuries de médicaments. Les groupes de droite souverainiste et d’extrême droite ECR et Patriotes pour l’Europe ont eux défendu "une Europe de la coopération scientifique", appelant à un meilleur partage de données.
Jeanne Derieux - Le Magueresse
Face aux événements climatiques extrêmes, la Commission veut renforcer la solidarité entre les 27
La commissaire chargée de l’État de préparation et de la gestion de crise souhaite renforcer la solidarité des 27 face aux catastrophes climatiques majeurs. Lors d’un débat motivé par les récents événements au sud de l’Italie, au Portugal et à Malte, Hadja Lahbib a fait part de sa volonté de multiplier par cinq le plafond annuel du fonds de solidarité pour le porter à 10,5 milliards d’euros.
Les pays sinistrés qu’ils soient États membres ou candidats, peuvent faire appel à ce fonds créé en 2002 après les inondations en Europe centrale. Depuis, il a été activé plus de 140 fois. Pour Hadja Lahbib, il faut davantage soutenir les États impactés car "ils sont en première ligne et de plus en plus dépassés par les conséquences de ces événements majeurs".
Melvin Hermann
La régularisation des migrants en Espagne divise le Parlement européen
Sous l’impulsion de la droite, mardi, le Parlement européen s’est emparé du sujet de la politique migratoire espagnole. Le 27 janvier, le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a présenté un projet de décret visant à régulariser 500 000 migrants, ce qui a fait réagir dans l’hémicycle strasbourgeois. La gauche (S&D et Verts) a défendu une immigration nécessaire pour payer les retraites et répondre aux besoins croissants dans le secteur des soins. Une immigration "de l’intégration et de l’avenir", a insisté la député espagnole Iratxe Garcia Pérez. A droite (PPE), les députés ont fait part de leur inquiétude quant à "l’appel d’air" de cette régularisation qui ouvrirait les portes de l’Europe et irait à l’encontre du pacte migratoire de l’espace Schengen. "Si vous voulez accepter des migrants, sortez de l’espace Schengen", a lancé le député ultraconservateur Jacek Ozdoba (ECR).
Jeanne-Esther Eichenlaub
Dans le rouge, l’ONU réclame ses contributions
"L’ONU fait face à une crise de liquidité existentielle ! Beaucoup d’États ne paient pas ou en retard leurs contributions", a asséné la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, devant le Parlement européen. Elle tire une deuxième fois la sonnette d’alarme à la suite du secrétaire général de l’ONU António Guterres, qui annonçait "un effondrement financier imminent" fin janvier.
En effet, 1,6 milliard de dollars de cotisations étaient impayés à la fin de l’année 2025, le double de 2024. L’institution internationale est notamment menacée par la réduction drastique des financements américains. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, réaffirme son soutien au multilatéralisme devant les députés : "Quand l’ONU regarde cet hémicycle, elle y trouvera un partenaire déterminé à avancer ensemble".
Olivia Bagarry