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05/02/20
17:54

Micropolluants : « Sensibiliser les élus et les acteurs de l'eau »

Nous rejetons aussi des substances polluantes à travers nos urines et nos excréments. © Flickr/Stephane333

Après une première étude sur les pesticides en 2017, l'Association pour la protection de la nappe phréatique de la plaine d'Alsace (Aprona) s'attaque aux micropolluants organiques de synthèse. Ces substances, présentes à de très faibles concentrations dans l'eau, sont mal connues. Pourtant, l'étude de Ermes (Evaluation de la ressource et monitoring des eaux souterraines) le montre : elles sont présentes partout. Explications de Baptiste Rey, chargé d'étude à l'Aprona et co-responsable du projet Ermes.

Après les pesticides, pourquoi s'intéresser aux micropolluants ?

Parce que, comme les pesticides, elles restent durablement dans l'environnement et peuvent dégrader les milieux aquatiques – ou même avoir un impact sanitaire. Ces substances, plutôt d'origine urbaine (domestique et industrielle), sont  présentes à de très faibles concentrations dans l'eau – souvent en-dessous d'un microgramme par litre. Mais elles sont moins facilement détectables que les pesticides, auxquels nous nous étions intéressés dans notre précédente étude [publiée fin 2017 cf site Aprona ndlr]. Les progrès réalisés par les laboratoires permettent désormais de s'y intéresser.

Comment avez-vous procédé ?

Nous nous sommes concentrés sur les molécules les plus utilisées en Alsace. Nous en avons sélectionné 400 – sur les quelques 100 000 substances commercialisées à l'échelle de l'Union européenne. Ce sont, par exemple, les composés perfluorés, utilisés dans les emballages ou le textile, mais aussi les substances pharmaceutiques, que l'organisme n'a pas entièrement capté et qui sont rejetés dans les urines ou les excréments. Ainsi, la carbamazépine, utilisée dans des médicaments anti-épileptiques, est particulièrement soluble et résistante. C'est le résidu médicamenteux qu'on retrouve le plus dans les eaux usées.

Si ces substances sont présentes en très petites quantités dans l'eau, en quoi posent-elles problème ?

D'abord, elles peuvent être toxiques, même à faibles doses. Mais il est difficile d'établir si oui ou non la concentration de micropolluants dans l'eau est préoccupante car leurs effets ne sont pas encore bien connus ni analysés. Par ailleurs, nous disposons de très peu de données d'études sur de possibles effets cockails. Une fois ensemble, certains composés peuvent s'avérer plus ou moins toxiques. Une question émerge de notre étude : comment évaluer la dangerosité potentielle de l'eau ? Nous retrouvons des substances polluantes jusque dans les eaux souterraines et les nappes phréatiques. Cela doit au moins donner lieu à des interrogations.

Concrètement, qu'attendez-vous de cette étude ?

Avec cette étude, nous avons cherché à pointer du doigt le problème de la qualité des eaux souterraines pour sensibiliser les élus et les acteurs de l'eau. Mais le rôle de l'Aprona n'est pas de décréter que telle molécule est dangereuse. Ce travail revient à l'Etat via notamment la Direction générale de la santé qui peut saisir l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) pour établir si possible des seuils réglementaires. A partir de là, les puissances publiques peuvent mener une campagne pour limiter le rejet de ces micropolluants dans l'environnement, en impulsant par exemple un changement de pratiques. Elles peuvent aussi réglementer l'usage de telles substances ou tout bonnement en interdire certaines. Il faudrait peut-être aussi remettre aux normes les stations d'épuration : conçues avant tout pour traiter les gros déchets organiques, elles ne sont pas efficaces pour retenir les micropolluants.

Propos recueillis par Nicolas Massol 

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