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15/09/26
18:33

“Il a menacé d’égorger son fils et son ex compagne” : Un barbecue tourne aux menaces de mort

Un homme de 45 ans paraissait devant le tribunal correctionnel de Strasbourg sans avocat. Il est accusé d'avoir menacé de mort, début août, son fils, son ex-compagne ainsi que la sœur et la nièce de cette dernière.

Lui, c’est un homme de 45 ans, séparé de son ex-compagne en 2024 puis à nouveau en 2026. Il a avec elle un fils de 7 ans. Mais c’est également 32 mentions au casier judiciaire dont la première remonte à ses 17 ans et qui s’étalent jusqu’en 2024 que le quarantenaire traîne au tribunal judiciaire de Strasbourg. Ce mardi 15 septembre, il comparaît pour menace de mort sur son fils, son ex-compagne mais aussi sur la sœur  et la nièce (majeure) de celle-ci.  Le prévenu est également en état de récidive judiciaire puisqu’il avait été condamné pour des faits similaires en 2024.

« Je vais égorger mon fils, je vais égorger sa mère »

Début août, lorsque son ex-compagne, avec qui il explique entretenir une relation intermittente, lui demande son barbecue pour un événement, il accepte volontiers. Mais lorsqu’il apprend qu’il n’est pas invité, il s’énerve. Il prend alors son vélo et se rend alors au domicile de son ex-compagne pour récupérer son bien. Et là, ça dégénère. Son ex-compagne arrive avec sa nièce et sa sœur. Le prévenu accuse cette dernière : « Elle m'est rentré dedans, elle m’a poussé. »

Mais la version des trois femmes diverge : il aurait sonné à la porte et aurait demandé aux trois enfants dont son fils présents dans le logement un couteau. Terrorisés, les jeunes enfants - la plus grande avait 12 ans - auraient barricadé la porte à l’aide du canapé et appelé leur mère. Interrogé sur cette version, l'homme reconnaît à demi-mots : « Oui, j’ai sonné. Mais trois enfants de cet âge, dont une handicapée, [qui auraient] porté un canapé ? » La sœur de son ex-compagne casse alors une bouteille qu’il avait dans le panier de son vélo. Il ramasse le tesson et les menace une première fois : « Ça je le mets dans la carotide. » Il quitte alors les lieux mais revient pendant le barbecue, fortement alcoolisé. Il réitère les menaces. Mais cette fois “il menace d’égorger son fils et son ex compagne », raconte leur avocate qui lui attribue la phrase : « Je vais égorger mon fils, je vais égorger sa mère, de toute façon j’irai en enfer. »

Des menaces de mort, mais pas contre son fils

L'homme assume et reconnaît, il a bien menacé de mort – sans intention de passer à l’acte – la sœur de son ex-compagne et sa fille. « Ce sont des sorcières qui veulent que je coupe les liens avec mon ex-compagne et mon fils », justifie le prévenu. Mais il nie en bloc avoir menacé son fils ou son ex-compagne. « J'ai grandi sans parents, j’ai grandi sans père. Si j’ai fait autant de conneries c’est parce que j’avais pas de soutien. Quand vous me dites que j’ai voulu tuer mon fils, ce n'est pas possible », plaide-t-il. Il ajoute au sujet de son ex-compagne : « La veille, on était à la piscine avec les enfants et le jour d’avant on a eu des relations sexuelles. Pourquoi le lendemain je voudrais la tuer ? »

L’avocate de son ex-compagne et de son fils demande « une peine de prison sérieuse » accompagnée d’un suivi sociojudiciaire de cinq ans avec interdiction de paraître au domicile des victimes, aux activités scolaires et périscolaires des enfants et même d’entrer en contact avec les membres de la famille ainsi que des dommages et intérêts. En entendant ça, le prévenu s'effondre à l’idée de ne plus voir son fils. Le procureur de son côté est plus modéré et ne requiert que 18 mois de prison et un sursis probatoire assorti d’une interdiction de contacter son ex-compagne et sa famille pendant deux ans mais avec la possibilité de voir son fils. Il requiert également une obligation de soin en psychologie et addictologie pour ses problèmes de frustration et d’alcool.

Lorsque le juge demande au prévenu s’il souhaite s’exprimer après les réquisitions, il plaide qu’il veut bien aller en prison, pour deux ans comme requis ou pour cinq ans s’il le faut, à condition de pouvoir voir son fils. Il conclut : « Mon fils, je vis pour lui. Enlevez-le moi, en prison, je prends une corde et je me suicide ».

Sacha Laudrin-Laroche

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