Vous êtes ici
30/01/18
10:34

En Allemagne, IG Metall fait trembler le patronat

Depuis le début de l’année, le puissant syndicat IG Metall réclame des hausses de salaire et une réduction du temps de travail. Face au refus des industriels, IG Metall a annoncé samedi des grèves de 24 heures dans plus de 250 usines en Allemagne.

Samedi à Böblingen, dans le Bade-Wurtemberg, la 4e phase des négociations a échoué entre IG Metall et le patronat allemand. Au lieu des 3, voire 4 % d’augmentation habituellement demandés, le puissant syndicat exige une augmentation des salaires de 6 % pour les 3,9 millions d’employés qu’il représente. Et pour la première fois de son histoire, IG Metall abat la carte d’une réduction du temps de travail : une semaine de 28 heures. Refus catégorique des industriels ce week-end. Jörg Hofmann, président d’IG Metall, reproche à l’industrie de bloquer « la modernisation du monde du travail ». IG Metall a alors annoncé une grève de 24 heures, entre mercredi et vendredi. Un mouvement inédit qui va toucher 250 entreprises allemandes.

 

 

IG Metall pèse lourd et peut se permettre d'être gourmand. Le syndicat représente le cœur de l’industrie allemande : l’automobile, l’électronique et le textile. Et surtout, il a toutes les cartes en main. L’économie allemande va très bien, tous les feux sont au vert. Bref, les entreprises allemandes croulent sous les commandes, mais ne peuvent pas toutes les honorer à défaut de main-d'oeuvre suffisante. Le chômage est historiquement bas : 5,3 % d’après l’Agence de l’emploi.

Le modèle « Trumpf »

Depuis 2016, l’entreprise Trumpf, spécialiste des machines de découpe laser, permet à ses employés de faire évoluer leur temps de travail en fonction de leurs conditions de vie. Une sorte d’emploi à la carte : pendant deux ans, ils ont la liberté de travailler entre 15 et 40 heures par semaine. Au siège de Ditzingen, un quart des salariés ont opté pour cette flexibilisation du travail. Et, contre toute attente, « ceux qui voulaient augmenter leur temps de travail étaient plus nombreux que ceux qui voulaient le réduire », souligne Renate Luksa, présidente du comité d’entreprise et membre du syndicat IG Metall.

En jouant le jeu de la flexibilisation du travail, Trumpf a finalement récolté plus de volontarisme de la part de ses employés, et du même coup du syndicat. Ce dernier a accepté que plus de 18 % des salariés de l’entreprise travaillent jusqu’à 40 heures par semaine ; son accord était la condition nécéssaire pour aller au-delà des 35h prévues par le code du travail. Un pari gagnant pour le DRH de l’entreprise, Olivier Maassen : la multiplicité des modèles de temps de travail est « une évidence pour la génération des Millennials ».

D’après l’Office fédéral des statistiques, 1,2 million des salariés allemands à plein temps aimerait pouvoir travailler plus. Une même part aimerait faire le contraire. En entamant le débat de la flexibilisation du travail, l’IG Metall se montre prêt à revenir sur le modèle des 35 heures. Un droit pourtant difficilement obtenu en 1984 après sept semaines de conflit social.

Le patronat va-t-il céder ?

Compte tenu du contexte économique favorable en Allemagne, les employeurs assurent être d’accord pour une augmentation salariale inférieure à 5 %. Mais refusent de payer plus ceux qui veulent travailler moins. Et s'ils se disent prêts à introduire une flexibilité du temps de travail, c'est d'abord pour multiplier les contrats de 40 heures hebdomadaires.

En cas de grève, des entreprises comme Daimler ou Siemens pourraient être paralysées. La dernière grève dure d’IG Metall remonte à 2003. L’organisation avait tenté d’obtenir les 35 heures aux « métallos » de l’ex-Allemagne de l’Est qui travaillent toujours 38 heures par semaine. Le syndicat avait échoué.

Simon Cardona

Imprimer la page

Fil info

09:38
Monde

Des milliers de personnes défilaient, jeudi, à Haïti pour protester contre l'inflation et demander le départ du président Jovenel Moïse.

09:12
Monde

Crise diplomatique France/Italie : le rappel de l'ambassadeur français vise à "marquer le coup", explique Benjamin Griveaux.

17:32
Monde

Le groupe Etat islamique ne contrôle plus que moins de 1% de son "califat", selon la coalition internationale antijihadiste.

16:48
Monde

Cacophonie à Bruxelles. Theresa May a déclaré que le Brexit aura lieu dans les temps. Donald Tusk, lui, ne voit pas de "percées sérieuses".

15:29
Monde

La Lettonie annonce qu'elle facilitera la vie des 800 résidents britanniques sur son sol en cas de Brexit.

13:00
Monde

L'Ukraine inscrit l'objectif d'adhésion à l'UE et l'Otan dans sa Constitution

10:56
Monde

Les quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, selon l'ONU.

10:40
Monde

Procès Nemmouche : deux journalistes français, anciens otages en Syrie, ont formellement reconnu Mehdi Nemmouche comme un de leurs geôliers.

09:57
Monde

En Allemagne, le gendarme de la concurrence restreint la collecte des données personnelles des utilisateurs de Facebook.

09:54
Monde

Brésil : Incarcéré depuis avril, l'ex-président Lula condamné à 12 ans de prison supplémentaires pour corruption et blanchiment d'argent.

09:39
Monde

Tchad : Frappes de l'armée de l'air française contre des rebelles venus de Libye. Vingt véhicules ont été détruits.

18:42
Monde

Le président kényan Uhuru Kenyatta propose de l'aide au nouveau chef d'Etat de la RDC, Felix Tshisekedi, pour stabiliser son pays

18:03
Monde

Ankara condamne la journée de commémoration du génocide arménien décidée par E. Macron, l'accusant de nuire aux relations franco-turques

17:50
Monde

Des milliers d'oiseaux marins s'échouent et meurent sur les plages néerlandaises, les scientifiques soupçonnent une grave famine

16:56
Monde

Cameroun : plusieurs arrestations après des tirs à Buea. Cette région est en proie à un conflit entre séparatistes et forces de l'ordre.

15:40
Monde

Les Etats-Unis vont "continuer à diriger" la lutte contre les jihadistes malgré le retrait de leurs forces armées de Syrie

12:34
Monde

Alexis Tsipras a visité deux lieux du passé orthodoxe d’Istanbul, lors d'un déplacement destiné à apaiser les tensions entre les deux pays.

12:15
Monde

Les pourparlers entre représentants talibans et opposants au gouvernement afghan reprennent à Moscou, évinçant les autorités de Kaboul.