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D’un côté, la presse quotidienne régionale, comme le reste du secteur, fait face à la montée des prix du papier. De l’autre, le premier janvier 2026, la Poste a augmenté de 7 % en moyenne ses tarifs de distribution, explique l’ONG Reporters sans frontières dans son rapport. Cette hausse concerne près de l’ensemble des 4 864 publications enregistrées sur les listes de la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) en 2026. Il s’agit d’une instance qui permet à certains titres de presse de bénéficier de tarifs postaux avantageux.

Outre cette augmentation des coûts, on observe de plus en plus de fermeture au sein des médias locaux. Début 2026, la chaîne de télévision locale des Hauts-de-France Weo a été placée en liquidation judiciaire et a été contrainte de raccrocher l’antenne, après un désengagement de la région et une chute de ses revenus publicitaires. Pourtant, elle représentait à elle seule près de 30 % de l’audience des télés locales en France.

Pauline Moyer

Edité par Zoé Fraslin

 

Le nombre de journalistes diminue dans beaucoup de régions, et cela s’explique notamment car beaucoup de départs à la retraite ne sont pas remplacés, à cause des difficultés économiques rencontrées par les médias locaux. Dans l’ensemble, les principaux titres connaissent depuis plusieurs années une baisse de leurs ventes. 

14h46 : Israël étend son appel à l'évacuation de la population du sud du Liban

L'armée israélienne a étendu son appel à évacuer aux habitants du sud du Liban, élargissant vers le nord la zone où elle a dit se préparer à mener des opérations contre le mouvement islamiste Hezbollah, soutenu par l'Iran.

« Avertissement urgent aux habitants du sud du Liban. Les activités terroristes du Hezbollah contraignent l'armée israélienne à agir fermement contre lui », a indiqué sur X un porte-parole de l'armée, le colonel Avichay Adraee. Il a ajouté que les habitants du sud du Liban devaient « se déplacer immédiatement au nord du fleuve Zahrani », qui coule à environ 40 kilomètres au nord de la frontière avec Israël.

14h40 : Donald Trump réaffirme sa volonté d'empêcher l'Iran de « se doter d'armes nucléaires »

Le président américain Donald Trump affirme qu'il est « beaucoup plus important » à ses yeux d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire que de se soucier des prix du pétrole, qui flambent avec la guerre au Moyen-Orient.

« Les États-Unis sont de loin le plus grand producteur de pétrole au monde, donc lorsque les prix du pétrole augmentent, nous gagnons beaucoup d'argent. MAIS, en tant que président, ce qui est beaucoup plus important pour moi, c'est d'empêcher un empire du mal, l'Iran, de se doter d'armes nucléaires et de détruire le Moyen-Orient, voire le monde entier », a écrit le chef de l'État, sur sa plateforme Truth Social.

Conséquence directe du regroupement des médias, de moins en moins de journalistes sont embauchés par les titres locaux. Selon les chiffres de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP), on compte près de 19 000 journalistes professionnels en Île-de-France, 1 500 en Bretagne et 700 dans le Centre-Val de Loire. Rapporté à la population de chaque région, on se retrouve avec 151 journalistes pour 100 000 habitants en Île de France, 42 en Bretagne, et seulement 26 dans la région Centre-Val de Loire. 

Que ce soit à travers l'organisation d’un débat, comme l’a fait les Dernières Nouvelles d’Alsace, la mise en lumière des bilans de mandats proposée par la Voix du Nord ou encore les vidéos incarnées sur les réseaux sociaux de la Nouvelle République, on ne peut pas passer à côté du rôle central de la presse locale dans les élections municipales 2026, dont le premier tour aura lieu ce dimanche 15 mars.

En France, 51 titres quadrillent le territoire, et malgré leur grand nombre, les journaux locaux font face à de grandes difficultés. Notamment, la concentration : neuf grands groupes possèdent 47 de ces 51 titres. D’après une enquête menée par Médiacités, le nombre de départements possédant au moins deux titres de presse appartenant à des entreprises différentes a été divisé par deux en 2009 et 2019, passant de 34 à 17. 

« La réduction de l’information locale a pour conséquence la remise en cause de la capacité de chacun à pouvoir se forger une opinion pour s’insérer sereinement dans le débat démocratique », déplore Thibaut Bruttin, directeur de Reporter Sans Frontière dans l’introduction du rapport intitulé «l’information locale en première ligne », publié le 10 mars. Dans la publication, l’ONG alerte sur les difficultés que rencontrent les médias locaux, en presse écrite, radio, ou télévision.

Le tribunal de Strasbourg a condamné un homme à un an de prison dont six mois ferme pour violences conjugales, mercredi 11 mars 2026. © Tom Soriano

À l'approche des élections municipales, la presse de proximité joue plus que jamais un rôle central dans la vie politique française. Avec 51 titres sur le territoire, le maillage est immense, mais dans un rapport publié le 10 mars, Reporters sans frontières alerte sur les difficultés rencontrées par les médias locaux.

En arrivant au domicile du couple, dimanche 8 mars, les forces de l’ordre se sont retrouvées face à une femme « terrorisée, en larmes et le visage en sang ». Ce soir- là, une dispute éclate entre la victime et son mari. « Il m’a traînée par les cheveux dans la chambre d’à côté pour que les voisins n’entendent pas », a déclaré la victime lors de l’enquête, avant de poursuivre : « il me mettait un coussin sur le visage pour ne pas m’entendre crier ». Trois jours plus tard, ce mercredi 11 mars, l’homme accusé d’avoir asséné ces violences sur son épouse comparaît devant le tribunal correctionnel de Strasbourg.

À la lecture de faits, exposés par la présidente de la cour, la victime, présente à l’audience, a gardé le regard droit et digne. Assise au premier rang, la femme âgée d’une vingtaine d’années remonte ses grandes lunettes, qui glissent de son nez. Dans cette salle d’audience, à chaque fois qu'elle sera confrontée aux violences qu’elle a vécues, elle remontera ses grandes lunettes.

Le prévenu, présent à la barre, nie les faits, comme il l’a fait durant l’enquête, malgré les constatations accablantes du médecin légiste. Lésion au cuir chevelu, ecchymoses sur la cuisse, contusions sur les bras et le dos. Des conclusions appuyées par des photos prises au cours de ces derniers mois. On y voit la victime, la lèvre en sang et le corps couvert d’hématomes.

Pour les faits qui lui sont reprochés, l’homme de bientôt 30 ans a presque réponse à tout. Les traces de coups sur son visage ? « C’est elle qui se mettait des claques en criant qu’elle en avait marre de tout ça », réplique le prévenu, confiant. Pour la première fois, elle le regarde, estomaquée. Quant aux lésions sur son cuir chevelu ? « Elle se tirait aussi les cheveux quand elle se frappait le visage ». Les bleus sur les cuisses et sur les bras ? « C’est quand elle fait des ménages ». Nouveau regard de la victime vers le prévenu. Et le sang retrouvé sur un coussin ? « Ça lui arrive souvent de s’essuyer la bouche avec un coussin ». Il reconnaît tout de même avoir poussé la victime, mais seulement parce qu’elle lui a « mis deux coups de poing dans le dos ». Après avoir remonté ses grandes lunettes, la jeune femme soupire et retient ses larmes.

Loin d’être convaincue par ces explications, la procureure souligne l’incongruité de ces propos lors de ses réquisitions. « C’est vrai qu’on a tous l’habitude de s’essuyer la bouche avec un coussin », ironise-t-elle.

« Une femme qui a été maltraitée des mois et des mois »

Surtout, cette terrible soirée n’a malheureusement pas été la seule. Le prévenu venait de finir une peine de sursis pour avoir violenté une première fois sa femme en 2024. Et son casier fait également mention d’une autre condamnation pour des faits similaires sur son ex-conjointe, également la mère de son enfant. L’avocat de la partie civile parle d’une femme « battue régulièrement et qui a été maltraitée des mois et des mois ». « Ma cliente a vécu un véritable enfer », affirme-t-il devant la présidente. Tout le long de l’audience, le prévenu ne quitte pas des yeux l’avocat de celle qu’il appelle « madame ». Il assure, ne manquant ni d’assurance, ni d’audace, qu’il a été « discriminé » par sa conjointe, et qu’elle n’avait de cesse de le menacer de le renvoyer en prison.

Durant tout le procès, l’homme n’a cessé de minimiser et de rejeter la faute sur son épouse. « Il n’y a aucune prise de conscience »,  déplore la procureure avant d’appeler à une sanction stricte. « Là, c’est de trop », conclut-elle. Du côté de la défense, l’avocate du prévenu a joué la carte du manque de compréhension du contexte global du couple. « Ce dossier peut paraître inquiétant lorsqu’on ne prend que les faits du 8 mars, annonce-t-elle. Il faut prendre en compte toute une situation. » Des disputes régulières, des insultes répétées et des violences réciproques ont été des arguments utilisés tout au long de la procédure par son client.

Le prévenu est finalement condamné à 12 mois d’emprisonnement avec 6 mois de sursis et l’interdiction de se présenter au domicile de la victime ou de prendre contact avec elle. À l’annonce de la décision, la jeune femme se lève et a quitte la salle d’audience aussi dignement qu’elle y était entrée.

Maud Karst
Edité par Eva Lelièvre

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