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L’horizon s’éclaire pour la recherche européenne
Le Parlement européen a adopté ce mardi la mise en œuvre du dixième programme-cadre de recherche Horizon Europe. Lancé en 2021, Horizon est le programme phare de l'Union européenne pour la recherche et l'innovation, avec un budget de 95,5 milliards d'euros jusqu'en 2027. Lors de cette session, les députés se sont opposés à la Commission européenne qui prévoit, dans le cadre de son budget 2025, de restreindre le financement du programme.
Les parlementaires appellent, au contraire, à renforcer les financements pour la recherche climatique, la santé publique et les technologies de pointe. Selon leur argument, favoriser l'innovation permettrait de renforcer la compétitivité européenne et en garantir la stabilité économique.
« Aujourd’hui, le Parlement et le Conseil des ministres ont envoyés ensemble un stop à la Commission, se félicite le rapporteur du texte du groupe de droite PPE Christian Ehler. Elle doit maintenant discuter avec le Parlement sans quoi elle risque un conflit avec les législateurs. »
Zoé Fraslin
Joris Schamberger et Carol Burel
L’heure du réveil menace de se rapprocher pour les 210 milliards d’euros d’actifs russes qui dorment dans les banques européennes. Ces fonds, appartenant en majorité à la Banque centrale de Russie et, pour une petite partie, à des oligarques, ont été suspendus par l’Union européenne dès le début de la guerre. Depuis février 2024, les intérêts générés par ces avoirs (environ 3 milliards d’euros par an) sont utilisés pour aider l’Ukraine.
Une inquiétude partagée par les associations de défense des droits humains, qui voient en la mesure un recul juridique. « La législation européenne interdit le renvoi des personnes contre leur gré dans des pays avec lesquels ils n’ont pas de lien. C’est donc une proposition contraire au droit européen », dénonce Anne Savinel-Barras, la présidente d’Amnesty International France.
Ce défaut de garanties claires n’a pas manqué de faire réagir les eurodéputés. « [Ce texte] parle de rapatrier des personnes vers des pays tiers qui doivent respecter les droits, mais sans aucune exigence spécifique, comme le fait d'être signataire des conventions internationales sur les droits de l'homme », assène Cecilia Strada, députée italienne du groupe S&D et membre de la commission des libertés civiles.
Des risques d’atteinte aux droits humains
Ce plan ne nomme de pays précis où pourront être implantés ces centres de retour. Il précise seulement qu’ils devront respecter « les normes et principes internationaux en matière de droits de l'homme, conformément au droit international ».
Cette idée est déjà expérimentée depuis octobre dernier par l’Italie, en vertu d’un accord controversé signé fin 2023 avec l’Albanie pour une durée de cinq ans. Deux centres de rétention gérés par Rome ont déjà été construits dans ce pays du sud-est de l’Europe, non membre de l’UE.
Ce vote arrive à point nommé. Début février, les Etats-Unis ont suspendu l’USAID, leur fonds d’aide aux pays en développement, dont la Moldavie était l’un des principaux bénéficiaires en Europe : 2,5 milliards de dollars en l’espace de trente ans. « Dans quasiment tous les festivals, manifestations sportives, événements, on voyait le logo de l’USAID », raconte Thierry Ernst, fondateur de l’ONG humanitaire Vent d’Est, bénéficiaire de l’aide américaine.
L'Europe vote une aide pour la reconstruction de la Syrie
462 voix pour, 76 contre. C’est à une très large majorité que le Parlement européen a adopté, ce mercredi 12 mars, la résolution sur la reconstruction et la transition politique en Syrie. Les eurodéputés exhortent ainsi l’Union européenne et ses Etats membres à soutenir une « transition plurielle et inclusive » et à accroître l’aide humanitaire dans le pays.
Parallèle saisissant aux avoirs russes gelés en Ukraine, l’hémicycle a aussi appeler à utiliser les avoirs gelés de Bachar Al-Assad (réfugié à Moscou depuis la chute de son régime) pour financer la reconstruction du pays. Le sanglant dictateur avait été renversé le 8 décembre dernier par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), porté par la population. Les députés ont également appelé à condamner les « représailles » du nouveau pouvoir en place contre la communauté alaouite, soutien historique du régime Assad.
Samuel Rigolier
L'indépendance énergétique de l'UE : le dilemme de la diversification des sources
Comment sanctionner la Russie, tout en étant dépendante de son gaz et de ses autres sources d’énergies ? L’agression de l’Ukraine en 2021 a poussé l’Union européenne à revoir ses accords d’importation avec son principal fournisseur d’énergie. Pour réduire sa dépendance, l’Union a adopté le plan REPowerEu en mai 2022.
Dans une déclaration, le commissaire à l'Énergie et Logement a vanté les résultats déjà générés par le plan. En 2021, 45% des importations de gaz de l’UE provenaient de la Russie. En 2024, elles avaient été ramenées à 18%. La réduction d’approvisionnement auprès de Moscou est encore plus significative pour le pétrole : on est passé de 35% en 2021 à 3% en 2024.
Ces progrès ont été obtenus grâce à la diversification des sources d'approvisionnement. Mais il s’agit encore d’importations auprès d’autres Etats comme la Norvège et les États-Unis, et non de ressources propres. « Il nous faut développer une politique pour nous libérer de ces combustibles fossiles indépendamment de leurs origines », a alerté dans l'hémicycle Dan Jørgensen, député S&D du Parlement européen.
Diarouga Balde
Le nouveau plan d’action pour l’industrie automobile divise le Parlement
Le Parlement a débattu des nouvelles mesures annoncées par la Commission européenne pour soutenir l'industrie automobile. Elles prévoient un assouplissement des délais imposés aux constructeurs pour réduire leurs émissions de Co2.
Dans l’Union européenne, chaque constructeur doit respecter une limite de gaz à effet de serre émis par véhicule vendu. Pour 2025, le plafond à ne pas dépasser était fixé à 80,6 grammes de Co2 par kilomètre. Le plan repousse cette obligation de trois ans. Une mesure dénoncée par les députés verts. « La Commission plie face aux avocats de la voiture thermique », a déclaré l’eurodéputé Michael Bloss.
La réduction progressive des émissions de Co2 prépare l’interdiction de la vente de véhicules à moteurs thermiques prévue pour 2035. Une mesure toujours soutenue par la Commission, malgré les critiques de plus en plus fortes des groupes d’extrême droite. « Avec l’interdiction des moteurs thermiques, la Commission détruit la filière », a lancé Roman Haider, membre de PfE.
Paul Marcille
Le Parlement alerte sur le Made in China
Des jouets en plastique brandis au sein de l’hémicycle du Parlement européen. Ce geste, qui peut paraître incongru, a été effectué mercredi 12 mars, journée européenne des consommateurs, lors d’un débat sur le prochain plan d’action sur le sujet.
L’autrice du geste : Leila Chaibi, eurodéputé de gauche (The Left). L’objectif : dénoncer le danger que représentent les produits achetés sur des sites internet non européens, notamment chinois, qui ne respectent pas les exigences de l’UE. Selon la députée européenne, « les plateformes doivent être responsables de ce qu’elles vendent : ces objets ont leur place à la poubelle, pas entre les mains de nos enfants ».
Une opinion partagée par la Commission, représentée par le commissaire à l'Énergie et au Logement Dan Jørgensen, qui souhaite « renforcer les droits des consommateurs au sein de l’UE, pour mieux les protéger et garantir des conditions équitables pour les entreprises ».
Messaline Hamon
Ces « hubs de retour » proposés par la Commission pourront accueillir des migrants soumis à une obligation de quitter le territoire d’un État membre de l’UE et dont la demande d’asile a été rejetée, après épuisement des possibilités d’appel. Les personnes visées attendront dans ces centres hors de l’UE une expulsion définitive vers leur pays d’origine.