Vous êtes ici

Le module est validé, il peut être inséré dans un article pour être consulté par les internautes.

Chez la gauche radicale, on a du mal à se mettre d’accord. Manon Aubry, présidente du groupe The Left, l’avoue de ses propres mots : « le groupe est relativement divisé sur la question ». Manon Aubry trouve que la saisie des avoirs est “une fausse bonne idée” trop risquée diplomatiquement, tandis que la député finlandaise Merja Kyllönen, du même groupe, a appelé pendant le débat à « ne pas se cacher derrière des principes juridiques » et à transférer immédiatement les fonds à l’Ukraine. De l’autre côté de l'hémicycle, le groupe d’extrême droite PfE où siègent des eurodéputés du Fidesz hongrois, ouvertement russophile, ne trouve pas non plus de position commune. Le président du groupe Jordan Bardella se dit « très réticent » à l’idée de la confiscation, craignant que les entreprises européennes présentes en Russie subissent des mesures de rétorsions.

Un manque d’ambition climatique pour le Pacte pour une industrie propre

Les parlementaires ont débattu mardi du « pacte pour une industrie propre ». Il s’agit d’une série de mesures législatives proposées par la Commission européenne.

Contrairement à ce que son nom indique, un seul point porte sur l’écologie : la Commission souhaite créer une banque dédiée au financement de projets en faveur de la décarbonation, pour réduire l’empreinte carbone de l’industrie.

Le faible aspect environnemental du pacte réjouit les députés à droite et à l’extrême droite de l’hémicycle, qui y voient l’occasion de réduire les ambitions écologique de l’Europe. Matej Tonin, député du PPE a déclaré que ce pacte était une « réponse aux folies du Pacte vert, un pas vers une bonne version du texte ».

Le Pacte vert, adopté en 2022 sous la précédente mandature, fixe des objectifs climatiques afin de permettre à l’UE d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Pauline Moyer

Chez la gauche radicale, on a du mal à se mettre d’accord. Manon Aubry, présidente du groupe The Left, l’avoue : « le groupe est relativement divisé sur la question ». Manon Aubry trouve que la saisie des avoirs est « une fausse bonne idée » trop risquée diplomatiquement, tandis que la député finlandaise Merja Kyllönen, du même groupe, a appelé pendant le débat à « ne pas se cacher derrière des principes juridiques » et à transférer immédiatement les fonds à l’Ukraine. De l’autre côté de l'hémicycle, le groupe d’extrême droite PfE où siègent des eurodéputés du Fidesz hongrois, ouvertement russophile, ne trouve pas non plus de position commune. Le président du groupe Jordan Bardella se dit « très réticent » à l’idée de la confiscation, craignant que les entreprises européennes présentes en Russie subissent des mesures de rétorsions.

Le Parlement a débattu mercredi 12 mars sur l'assouplissement des normes écologiques pour les constructeurs automobiles. © European Union 2013 EP

Lundi 10 mars, le Parlement européen s’est penché sur la loi de simplification du Pacte vert, présentée par la Commission fin février. Baptisée « Omnibus », cette loi propose un allègement des normes administratives environnementales et sociales destinées aux entreprises. Les eurodéputés ont débattu sur l’activation de la procédure fast track, souhaitée par le PPE, qui permettrait une accélération de la procédure de vote.

Brouillard givrant 

Lors d’un débat sur le sujet en plénière mercredi 12 mars, une majorité du Parlement européen a demandé une confiscation immédiate des avoirs dans leur totalité. A l’image de Raphaël Glucksmann du groupe de gauche S&D, les eurodéputés s'appuient sur le principe de contre-mesure en droit international : un Etat agressé peut demander des sanctions contre l’Etat agresseur. L’Ukraine pourrait alors légitimement demander la saisie complète des fonds.

Un détricotage n’aura jamais donné aussi chaud. Une procédure « fast track » (procédure accélérée) a été vivement débattue ce lundi au sein de l’hémicycle européen. Cette procédure exceptionnelle, parfois comparée au 49.3 français, permet de raccourcir les débats et d’avancer un vote. Elle a été proposée par le Parti populaire européen, le groupe de droite majoritaire dans l’hémicycle, et sera votée en session plénière le mois prochain.

Le PPE souhaite accélérer la procédure d’adoption d’un dispositif de la loi « Omnibus », présentée par la Commission le 26 février dernier pour alléger les charges règlementaires des entreprises européennes. Ce dispositif, « stop the clock » (arrêter la pendule), permettrait de reculer d’un, ou deux ans selon les obligations, l’échéance à laquelle les entreprises doivent se plier à certains impératifs écologiques et sociaux du Pacte vert.

Présenté fin 2019, sous l’ancienne mandature, ce dernier définit une stratégie commune aux Etats membres afin d’arriver à la neutralité carbone à l’horizon 2050. Mais ce Pacte vert est désormais considéré, par la nouvelle majorité de droite, comme trop contraignant pour les entreprises. C’est dans ce contexte que la loi Omnibus, qui vise à alléger ces obligations réglementaires, a été soumise par la Commission européenne. 

Elle cible principalement deux mesures du Pacte vert : d’une part l’obligation faite aux entreprises de fournir un rapport d’impact environnemental et social de leurs activités. Dans la nouvelle loi, 80 % des entreprises actuellement concernées seraient exemptées de toute obligation. Les 20 % restantes (les plus grandes entreprises), verraient la quantité d’informations à fournir considérablement réduites. D’autre part le devoir de vigilance, qui impose aux entreprises de prévenir les risques sociaux et environnementaux sur l’ensemble de leur chaîne de production. Si le projet de simplification est adopté en l’état, il limitera les informations que les entreprises peuvent demander à [certains] de leurs partenaires commerciaux.  

Des eurodéputé.es inquiet.ètes sur la situation à Gaza

Les député.es européens sont toujours profondément préoccupés par la situation à Gaza. La journée du 11 mars s’est conclue par des prises de paroles sur le sujet. Le régime de Tel Aviv bloque de nouveau l’aide humanitaire depuis le 2 mars. L'eurodéputée du groupe de gauche radicale The Left, Rima Hassan, souligne l’urgence de l’accès à cette aide, « en plein mois de jeûne du ramadan, il est très important que les populations puissent se nourrir et reprendre des forces pendant le seul repas de la journée ». L’eurodéputée du groupe de gauche S&D, Hana Jalloul, dénonce l’utilisation de l’aide comme « outil de pression » par Israël dans les discussions qui ont lieu à Doha. Ces négociations portent sur l'avenir et la reconstruction de l'enclave, soutenue par la Ligue arabe et la Commission européenne. 

L’État hébreu a également coupé la seule ligne électrique de Gaza. Une attaque qui inquiète les parlementaires. Cette ligne alimente la seule usine de dessalement d’eau de l’enclave. Une décision grave qui touchera 600 000 Gazaouis. « Ces actes sont constitutifs d’un crime de guerre. Lorsque la Russie a commis des attaques similaires contre des infrastructures à destination de la population civile en Ukraine, Ursula von der Leyen dénonçait des crimes de guerre », déplore Rima Hassan, regrettant un « deux poids, deux mesures » de la part de la Commission.

William Jean

Face à ce flou juridique, certains eurodéputés tempèrent et s'éloignent des grands effets d’annonces. Sandro Gozi, du groupe libéral Renew, regrette : « Si on pouvait confisquer ces fonds tout de suite, je serais le premier à le faire. » Pour « éliminer le risque juridique », son groupe propose une « approche en deux phases ». Il pousse pour « utiliser sans confisquer » les avoirs dès maintenant comme « garantie de prêt » contracté par l’Ukraine. Cette garantie permettrait alors de faire pression sur la Russie. Quand la paix sera signée, les avoirs pourraient être saisis pour payer les réparations demandées par l’Ukraine à la Russie. « Si Moscou refuse de verser les dommages, alors l’Ukraine conservera les avoirs », abonde Valérie Hayer, la présidente du groupe centriste.

Pages