Vous êtes ici
10/09/14
16:52

Moscovici, commissaire européen sous tutelle

 

Photo : Flickr/Laurent Guedon/CC

Pierre Moscovici l'a fait. L'ancien ministre français sera, sous réserve d'approbation du Parlement, le prochain commissaire aux affaires économiques et monétaires. Un succès personnel qui ne profitera peut-être pas à la France. Revue de presse.

 

Pourquoi cette nomination n'était pas gagnée d'avance ?

Le gouvernement français s'est rapidement félicité du choix de Jean-Claude Juncker, « conforme à la demande et aux souhaits de la France ». Il faut dire que cette décision n'était pas acquise. Longtemps, il a semblé que Pierre Moscovici n'obtiendrait que le poste de commissaire à la concurrence. L'Allemagne en particulier s'opposait à un tel choix, celui d'un représentant d'un pays jugé laxiste en matière budgétaire. Mais Berlin s'est finalement résigné.

 

Pourquoi l'Allemagne a cédé ?

La Croix y voit une affirmation d'indépendance de Jean-Claude Juncker, vis-à-vis de l'Allemagne. Mais, si Berlin a finalement cédé, c'est avant tout parce qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait. Le Polonais Donald Tusk a été nommé à la présidence du Conseil européen. L’Espagnol Luis de Guindos remplacera comme président de l'Eurogroupe le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem à la fin de son mandat. 

Et Pierre Moscovici sera bien encadré. Partisan convaincu de l'austérité, le Letton Valdis Dombrovskis s'occupera des politiques de l'euro et du dialogue social. Surtout, l'ex-Premier ministre finlandais Jyrki Katainen, défenseur de l'orthodoxie budgétaire, devient vice-président de la Commission, chargé de l'emploi, de la croissance, de l'investissement et de la concurrence. Pour les Echos, la nomination de ce dernier a servi de monnaie d'échange pour que Berlin accepte de laisser l'Economie à Pierre Moscovici.

 

Est-ce que la nomination va profiter à la France ?

Avant sa nomination, Pierre Moscovici avait déjà tracé les contours de l'Europe tel qu'il la désirait. Il avait ainsi évoqué une UE «moins libérale » et une « politique économique globale et inventive ». Mais, sitôt le choix de Jean-Claude Juncker acté, l'ancien ministre français a affirmé devant des journalistes à Bruxelles que les règles étaient sa « boussole » : « quand on vient à la Commission, on n'oublie pas sa nationalité, ses convictions, a-t-il ajouté. Je suis social-démocrate et fier de l'être mais on devient commissaire européen, défenseur de l'intérêt général européen ».

Le Monde veut croire que l'ancien ministre des Finances sera « à même de porter un message moins revêche sur le rythme et l'ampleur de la réduction des déficits budgétaires des pays membres ». Mais la vérité sera peut-être plus proche des paroles de Jean-Claude Juncker : « avec cette nomination, peut-être nos amis français comprendront mieux le fond, la justification et la nécessité des politiques de consolidation et de croissance que nous devons mettre en place. »

 

Alexis Boyer

 

Pour aller plus loin : bit.ly/1qFsr4Q
 

Imprimer la page

Fil info

15:37
Monde

Un navire chinois aurait éperonné un de leur bâteau de pêche, affirment les autorités philippines

15:27
Monde

IA : dans le cadre d'un test, des chercheurs ont piraté ChatGPT (Open AI), avec une IA d'Anthropic

14:01
Monde

8 morts et 32 blessés dans l'explosion d'un poste de police au Pakistan

11:04
Monde

Nigeria : 37 mineurs détenus pour leur présumée présence illégale sont morts en prison. Le ministre de l'intérieur a diligenté une enquête

11:00
Monde

Russie : début des élections législatives, alors que le pays est en pleine guerre avec l'Ukraine

10:55
Monde

Attaqué par un requin, un homme décède en Australie

10:51
Monde

À Ceuta, le gouvernement espagnol a commencé à transférer les migrants des plages vers le port

10:36
Monde

La filiale russe de Auchan dit avoir demandé des "clarifications" après le transfert de ses actifs à une société russe

10:34
Monde

Ormuz : Les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir frappé un pétrolier battant pavillon togolais

10:28
Monde

Après la pandémie de Covid-19, la vaccination des enfants est en net recul dans plusieurs pays d'Europe constate "The Lancet" dans son étude