Le syndicat mixte qui exploite la station du Grand Ballon a annoncé ne plus ouvrir les remontées mécaniques, mettant un terme définitivement à la pratique du ski alpin sur le site. C’est la quatrième station vosgienne à fermer en deux ans.
C’était la petite station du Tanet en 2024. Puis celle du Gaschney en 2025. Le 2 juillet dernier, c’était au tour de la station du Lac Blanc. Mi-septembre, le syndicat mixte qui exploite la station du Grand Ballon emboîte le pas et a annoncé ne plus ouvrir ses remontées mécaniques. Un nouveau coup dur pour le ski alsacien et une quatrième station haut-rhinoise fermée en seulement deux ans.
« On a des frais fixes importants et on n'a pratiquement pas de recettes. La raison doit l'emporter », s’est justifiée Annick Lutenbacher, la présidente du Syndicat Mixte Markstein Grand Ballon (SMMG), dans des propos rapportés par nos confrères d’Ici Alsace. Avec un chiffre d’affaires moyen de 12 500 € par saison, des pertes annuelles qui pouvaient varier de 2 000 à plus de 20 000 € et d’importants travaux à venir, le site ne parvenait plus à atteindre l’équilibre. Les difficultés financières de la station du Grand ballon risquaient de mettre en péril l’exploitation du site du Markstein, les deux stations étant gérées par le même syndicat mixte.
Face au manque d’enneigement sur les sommets vosgiens, situés en moyenne montagne, et aux effets du changement climatique, le SMMG s’est résigné à fermer les remontées mécaniques du Grand Ballon. Au cours des six dernières années, en moyenne, la station a ouvert ses pistes moins de neuf jours par saison.
Un frein pour la pratique du ski alpin en Alsace
Des fermetures de station en chaîne qui mettent un coup à la pratique du ski alpin en Alsace. « On a une ou deux stations par an qui ferment dans le massif Vosgien. Déjà qu’on n’a pas beaucoup de neige… On va faire la queue pour les remontées », regrette Stéphane Balay, responsable de la commission sportive du club les Skieurs de Strasbourg, qui s’est confié à Webex. Et la situation ne va pas s'améliorer : dans le massif des Vosges, moins d'un hiver sur deux verra plus de dix cm de neige en 2050, d’après une étude de Climsnow, publiée en 2023.
Aujourd’hui, les athlètes de l’équipe de France de ski alpin, dont fait partie l’Alsacien Thibaut Favrot, membre des Skieurs de Strasbourg, s’entraînent dans les Alpes. « À long terme, ça va être très compliqué, poursuit Stéphane Balay. Un jeune talent en ski alpin devra s’expatrier. Un sportif très talentueux peut quand même émerger en Alsace mais il devra déménager. » Margaux Seitz (ski club de Barr) a fini troisième des championnats de France de Super G (une discipline du ski alpin), mais l’Alsacienne doit s’entraîner dans les Alpes.
Un déport du public vers les autres sites ?
Malgré tout, la fermeture des remontées mécaniques au Grand Ballon devrait avoir des répercussions limitées. C’est ce qu’explique, à Webex, Cyril Brèche, le président du syndicat mixte de la station du Schnepfenried. « L’ouverture du Grand Ballon restait très épisodique et n’était pas structurante au niveau du massif vosgien. C’est surtout une station prisée par les locaux donc la fréquentation ne va pas se reporter aux alentours. En revanche, la fermeture de la station du Lac Blanc est plus inquiétante. Les gens vont se déporter sur la station du Markstein ou vers les Alpes suisses. »
Le site du Markstein continuera à proposer une offre de ski alpin, tandis que le SMMG travaille à une offre de tourisme quatre saisons pour la station du Grand Ballon.
Antoine Dana

La station du Markstein continuera à faire fonctionner ses remontées mécaniques, contrairement à celle du Grand Ballon. Wikipédia