Selon l'un de ses conseillers, le président turc entend convoquer une élection anticipée pour briguer un nouveau mandat, contournant la limitation constitutionnelle.

Réélu en 2023, le chef de l'Etat turc avait promis qu'il s'agirait de son ultime mandat. Photo Wikicommons
À 72 ans, Recep Tayyip Erdogan n’entend pas lâcher le pouvoir. Premier ministre pendant dix ans puis Président depuis 2014, l’homme fort du régime se représentera pour un nouveau mandat. Selon un conseiller, cité par l’AFP, le scrutin aura lieu le 16 avril 2028, une date qui advient un mois avant le terme officiel du mandat. Une condition doit être respectée : que « la décision d'organiser de nouvelles élections soit prise avec le soutien de 360 parlementaires » sur 600.
La raison de l’opération est simple. Le pouvoir présidentiel est limité à deux mandats consécutifs à une exception près, si une élection anticipée est convoquée. Erdogan, qui en est à son troisième mandat, avait déjà réalisé cette manœuvre constitutionnelle lors de la précédente élection. Réélu en 2023 après un second tour serré, alors qu'il était menacé par la crise économique et par la mauvaise gestion d’un séisme meurtrier, le chef de l'Etat turc avait promis qu'il s'agirait de son ultime mandat.
Une dérive autocratique
Ironie du sort : la Constitution qu’il détourne pour la seconde fois est celle que lui-même a fait adopter en 2017, transformant le régime parlementaire en régime présidentiel. Cette révision a supprimé la fonction de Premier ministre et concentré les pouvoirs entre ses mains, en guise de réponse à la tentative de putsch de juillet 2016.
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Dix ans plus tard, l’homme fort de l’AKP, le Parti de la justice et du développement, est accusé de dérive autocratique. Erdogan muselle plus que jamais l’opposition politique. Le populaire maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme son rival le plus redoutable, a été arrêté pour "corruption" en mars 2025, et placé en détention le jour même de sa désignation comme candidat du principal parti d'opposition. Cette semaine, une centaine de militants LGBT+ ont été arrêtés dans les rues d’Istanbul et d'Ankara alors qu’ils manifestaient pour leurs droits.
Clément Vaillat
Edité par Ella Peyron