Artistes déprogrammés, festivals annulés, établissements fermés… L’appel au boycott s’est popularisé sur les réseaux sociaux comme moyen de faire pression sur des établissements jugés problématiques. Rencontre avec ces Strasbourgeois qui le pratiquent dans le milieu festif.
Sous l’impulsion de chants et au milieu des pancartes rivalisant d’originalité, les manifestants arrivent place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, lieu de fin du parcours prévu. Alors que les syndicalistes signent la fin d’une sage mobilisation, d’autres prennent le relais et s’élancent vers la cité administrative.
« Grève, blocage, manif sauvage » : le slogan de ces nouveaux visages marque le début de la manifestation, spontanée, rebelle, énergique. Les gaz lacrymogènes ne tardent pas à pleuvoir, après la première sommation, et envahissent d’un brouillard blanc les rues qui longent l’université. « J’ai cru que j’allais perdre la vue », relate une manifestante, les yeux remplis de larmes.
Elle n’est pas la seule à être éprouvée : certains sont à terre la tête entre les mains, d’autres tentent quelques soins à l’aide de sérum physiologique. S’ensuit un jeu du chat et de la souris dans le quartier de la Krutenau, entre manifestants et forces de l’ordre, ces dernières n’hésitant pas à gazer dans des rues exiguës.
En tout, cinq personnes ont été interpellées. Il est 18h, sous un ciel azur qui n’est plus parsemé de traînées blanches, quelques sirènes résonnent encore dans les rues de la capitale alsacienne.
Eva Lelièvre, avec Esther Dabert, Carol Burel, Maud Karst, William Jean,
Mahault de Fontainieu et Titouan Catel--Daronnat
Edité par Axel Guillou