Vous êtes ici

Des commerçants ont décidé de les moderniser par leurs propres moyens, à l’image de la boulangerie centenaire Blédor. Amine Némard et son établissement Délicious Food sont, eux, installés rue de Molsheim depuis 2018. Déçu du manque de fréquentation, le gérant pense déjà à s’en aller. Et les travaux entamés depuis novembre sur le boulevard de Lyon ne semblent pas aider. “Heureusement que j’ai une clientèle fidèle”, soupire un manager du fast-food Akabe, qui voit le manque de places de parking comme un frein supplémentaire au pouvoir d’attraction du secteur.

Profil des demandes d'hébergement au 115 du Bas-Rhin en 2020 (Source SI-SIAO). © Rémi Casalis

[ Plein écran ]

La boulangerie Gare'mandise connaît le succès commercial.

© Adélie Aubaret

[ Plein écran ]

L'hôtel Graffalgar s'est réinventé en 2015. © Camille Perriaud

[ Plein écran ]

©Adélie Aubaret 

[ Plein écran ]

Rozenn Droual et les participants de l'atelier du jour © Julie Arbouin

À eux trois, ils totalisent 1 700 places de stationnement. Soit 27% de l’offre du centre-ville de Strasbourg, c’est-à-dire les parkings de la Grande-Île et du centre commercial des Halles. 

Les mues de la rue Kuhn. © Adélie Aubaret et Camille Perriaud

À Strasbourg, lassociation Stimultania simplique dans la vie du quartier Gare au profit des habitants. À travers des expositions, des ateliers et des projets, elle cherche à éduquer par limage.

Mobilisation citoyenne et entraide 

Une femme âgée se penche et leur tend une baguette de pain. Quelques minutes plus tard, un jeune homme en costume-cravate ne manque pas de les saluer. “Les gens nous connaissent”, raconte Enzo. Au cœur du quartier, une réelle entraide se dessine. “On va échanger notre monnaie chez le coiffeur, se réchauffer au kebab et le gérant de l’épicerie s’arrange toujours quand il nous manque quelques centimes”, poursuit-il.

La solidarité existe même entre les sans-logis. Les dons de nourriture sont réguliers : quand l’un d’entre eux a des restes, il n'hésite pas à les donner aux autres. C’est l'occasion de discuter et de se soutenir mutuellement. Le soir, Alain quitte son emplacement rue du Maire-Kuss pour aller à la rencontre de ses amis : “Au fond, c’est aussi un moyen de se maintenir en vie et de s’assurer que l’on est toujours là.” 

La mort reste omniprésente dans la rue et Guillaume Keller-Ruscher, président de l’association Grains de sable - Collectif des morts de la rue d’Alsace, en a fait son combat. Chaque année, le travailleur social comptabilise les sans-abris décédés dans l’espace public. Depuis janvier 2022, 24 ont péri à Strasbourg. “La rue détruit la santé, l’espérance de vie y est de 48 ans.” Alain a 48 ans. 

Rémi Casalis et Esther Suraud

Pages