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À Saint-Avold, en 2026, le Rassemblement national s’impose pour la première fois. Face à une ville en déclin, entre commerces fermés et perte de population, les électeurs et électrices expriment une quête de renouveau. Pour la plupart, l'étiquette RN n'a pas tant d'importance. Zoé Fraslin est allée comprendre de l’intérieur les raisons de ce choix et les attentes qui se cachent derrière ce tournant politique.

© Zoé Fraslin

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Hervé Simon (au centre avec une cravate) fête sa victoire aux élections municipales devant l'hôtel de ville de Saint-Avold. La tête de liste Rassemblement National et ses acolytes ont fièrement entonné la Marseillaise, accueillis par les huées d’une partie des habitants et les applaudissements d’autres.  © Zoé Fraslin

© Zoé Fraslin

Comme dans 34 autres communes françaises, la mairie de Saint-Avold (Moselle) a basculé pour la première fois à l’extrême droite lors des municipales de 2026, avec l’élection d’une liste estampillée Rassemblement national. Au total, 46 communes sont aujourd’hui dirigées par le RN, sans compter la nébuleuse d’élus sans étiquette mais proches du parti à la flamme comme à Wittelsheim (Haut-Rhin), ainsi que ses alliés de l’Union des droites pour la République, formation lancée par Éric Ciotti après sa scission avec Les Républicains, et lui-même élu à Nice (Alpes-Maritimes). Des élections municipales qui semblent illustrer la stratégie de banalisation mise en avant par le parti depuis plusieurs années. 

Avec désormais 12 communes administrées par le RN, le Pas-de-Calais demeure le principal fief du parti fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen – condamné à plusieurs reprises pour apologie de crime de guerre et contestation de crimes contre l'humanité – et par les anciens Waffen-SS Pierre Bousquet et Léon Gaultier. Vient ensuite le Vaucluse et ses huit municipalités. Parmi elles, Orange fait figure de symbole : la ville est dirigée par l’extrême droite depuis près de trente ans, d’abord sous Jacques Bompard, ancien membre fondateur du Front national, puis sous son fils Yann Bompard, proche des positions d’Éric Zemmour. La commune est finalement revenue dans le giron lepéniste avec l’élection de Jean-Dominique Artaud sous l’étiquette du RN.

ZOÉ FRASLIN

Édité par Titouan Catel--Daronnat

 

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