Vous êtes ici

Le module est validé, il peut être inséré dans un article pour être consulté par les internautes.

Sur 53 meurtres idéologiques commis depuis 40 ans en France, 48 sont le fait de l’extrême-droite contre 5 de l’extrême-gauche. Données tirées de l’ouvrage Violences politiques en France, du politologue Xavier Crettiez. © Enora Moreau

[ Plein écran ]

Jackie Fox avec Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, à l’occasion de la journée internationale du droit des femmes. © European Union 2026 - Source : EP

Pourtant, cette stratégie n’est pas sans risques. « Cette posture, elle fait du mal à tout le monde, mais particulièrement à l’Europe », constate le géopolitologue Bertrand Badie. En position de faiblesse par rapport aux superpuissances, la défense du droit international lui assure une certaine autonomie, selon lui. « L’UE a fait du droit international sa marque de fabrique. Le jour où elle dira ‘le droit, je m’assoie dessus’, la voix de l’Europe dans le multilatéralisme ne comptera plus beaucoup », conclut-il.

Un deux poids, deux mesures manifeste

60% : c’est le taux d’augmentation des prix des loyers au sein de l’Union européenne sur les dix dernières années, d’après la Commission européenne. Ce constat avait mené sa présidente Ursula Von der Leyen à faire de la question du logement une des priorités pour l’UE. Elle a présenté son premier plan pour l’accès à des logements abordables en décembre dernier. 

Cette distanciation avec le droit international n’est pas inédite. « On accumule les entorses au droit international », explique Denis Bauchard, chercheur à l’IFRI. « Récemment, l’Europe a été particulièrement molle dans ses réactions, voire complaisante sur la guerre à Gaza comme celle en Iran ». Pour lui, le deux-poids-deux-mesures de l’Union européenne pose problème. « L’UE s'indigne de l'invasion par les Russes de l’Ukraine, mais pas de ce qui se passe actuellement contre l'Iran. C'est une politique qui va semer un chaos complet au Moyen-Orient », affirme-t-il. 

Pourcentage des intentions de vote à un mois du premier tour. © Ipsos

Pour autant, les groupes de droite, en particulier le PPE, se sont alignés à la position de la Commission. « Cette attaque ne doit pas se transformer en une guerre complète pour la région. Nous devons lancer un appel pour protéger les civils et respecter totalement le droit international », a annoncé le député Jeoren Lenaers (PPE, droite), sans mentionner les agissements israélo-américains. Comme les conservateurs, il a souligné l’enjeu de la sécurité européenne, de la défense de Chypre et des répercussions de la guerre sur le coût de l’énergie. Le groupe libéral Renew Europe lui a emboîté le pas, bien que sa présidente, Valérie Hayer, ait insisté sur l’importance de la menace Donald Trump pour l’UE.

La mobilité… ce sujet qui agite les foules 

Une fois la question des alliances évacuées, le débat se recentre sur les propositions des candidat·es pour la ville. Florian Kobryn prône la mobilité comme  « un droit pour tous et toutes », et propose la gratuité des transports en commun pour les moins de 25 ans. Chez Catherine Trautmann, cette même gratuité ne cible pas les jeunes, mais les aînés de plus de 65 ans. En outre, l’ancienne édile regrette la gestion de la maire sortante, arguant que les mobilités ne doivent pas être une « punition ». Une marotte régulière contre la politique de Jeanne Barseghian : stationnement payant trop élevé et circulation ralentie ont fait grincer des dents.

L'élément le plus pointé du doigt à ce sujet reste le projet du tram Nord. Pour Pierre Jakubowicz, c’est un « échec » ; pour Catherine Trautmann, un « mauvais projet » couplé d’un « mauvais tracé ». Jeanne Barseghian se défend. L’élue regrette que ce projet ait été mal compris par ses administré·es. « On peut toujours faire mieux, en matière d’information », concède-t-elle, en rejetant tout retour en arrière.

À droite, on défend le droit à la bagnole, on dénonce l’abondance des cyclistes, on adresse une pensée émue au piéton, « le grand oublié » dans l’histoire pour Jean-Philippe Vetter. À l’extrême droite, on estime qu’on « ne peut pas mettre tout le monde sur un vélo ». 

La sécurité au cœur des discussions 

La décision de la municipalité d'éteindre une partie de l’éclairage public entre 1 h et 5 h du matin dans certains quartiers de la ville soulève les passions. « Le vrai féminisme, c’est de permettre aux femmes de se sentir en sécurité dans la rue [quand elles rentrent le soir] », dénonce Pierre Jakubowicz. L’élu évoque un « déni de sécurité » concernant cette mesure. Aucune étude fiable n’a pourtant permis de constater une hausse du nombre d'agressions due à l’extinction de l'éclairage public pour le moment. Jean-Philippe Vetter et Catherine Trautmann rejoignent néanmoins l’opinion du candidat. 

Celle qui se décrit « social-démocrate » propose également « d’augmenter les effectifs de la police municipale pour soutenir les victimes ». Plus de force de l’ordre à Strasbourg : les autres listes se retrouvent sur ce point, à l'exception de celle menée par Florian Kobryn qui ne s’est pas exprimé à ce sujet lors du débat, préférant proposer un « plan de lutte contre le harcèlement de rue ».

Enfin, droite et extrême droite s'accordent sur le retour d’un arrêté anti-mendicité, présenté comme une mesure de lutte contre l’insécurité.  Une idée jugée « inadmissible » pour Florian Kobryn, visant à  « exclure les gens de l’espace public »

Le climat, grand oublié du débat

« Nous avons amélioré la qualité de l’air », pose Jeanne Barseghian en vantant son bilan sur la réduction des véhicules dans la ville. La maire ne rentre pourtant pas plus en détail sur les enjeux environnementaux, et notamment sur le climat. L’Écologiste se contente de lancer une pique à la candidate nationaliste Virginie Jorgon, qu’elle accuse de déni face au réchauffement climatique.

Le candidat insoumis, Florian Kobryn assure défendre « l’idée de concilier changement climatique et justice sociale », mais glisse à peine plus de détails. Après une heure d’échange, le nombre de fois où le mot « climatique » a été prononcé se compte sur les doigts des mains. Si l’organisation du débat n’a pas prévu une thématique spécifique à l’écologie, force est de constater que les candidat·es ne se sont pas non plus saisi·es du sujet. Certaines thématiques, comme celle des mobilités, leur offraient pourtant une belle occasion de le faire. 

Maud Karst et Tom Soriano

Édité par Quentin Baraja, Zoé Fraslin et Gaïa Herbelin

Pages