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Comme 90 % des Thaïlandais et des Thaïlandaises, ils perçoivent un minimum vieillesse de 600 bahts par mois à partir de 60 ans, soit un peu moins de 16 euros. Cette allocation universelle est rehaussée chaque décennie de 100 bahts, jusqu’à atteindre 1 000 bahts par mois pour les citoyens de 90 ans et plus. « Mais ce n’est pas assez pour tout payer », surtout dans une capitale où « les prix ne font qu’augmenter », regrette le couple. Ce revenu concerne les travailleurs et travailleuses du secteur privé, ainsi que celles et ceux du secteur informel n’ayant pas déclaré leurs activités, soit la moitié de la population en âge de travailler. Seuls les fonctionnaires ne perçoivent pas cette allocation : ils cotisent à un régime spécifique qui leur garantit une pension mensuelle, financée en partie par l’État. L’épargne vers des fonds de retraite privés est une solution choisie par d’autres. Elle reste malgré tout à la marge en Thaïlande.

Camille Carvalho

Au fil des années, le temple a sensibilisé les habitants du district, au départ réticents, à travers des cours de tri et des partenariats avec des écoles. « Aujourd’hui, 80 % de la communauté participe au projet », affirme Phra Maha Pranom Dhammalangkaro. Wandyee, l’une des couturières, a elle aussi choisi de le rejoindre, attirée par sa démarche, mais aussi parce que son quartier est fortement touché par les déchets plastiques. « Je vois des sacs et des bouteilles partout près des maisons. Ici, j’ai l’impression de pouvoir faire quelque chose d’utile pour l’environnement. » Pour autant, chaque année des tonnes de plastiques continuent de flotter dans les canaux et de joncher dans les rues de Bangkok.

Paramee Waichongcharoen, femme transgenre, a été députée du Parti du peuple jusqu'aux dernières élections législatives thaïlandaises. Longtemps enseignante, elle combat désormais pour l'accès à l'égalité des droits, en particulier concernant la communauté LGBTQIA+. Interview.

Le lien entre bouddhisme et écologie s’inscrit dans un courant plus large, parfois désigné par le terme « Éco-Sattva ». Le mot associe « écologie » et « sattva », qui désigne dans la religion une personne engagée dans le bien-être de tous les vivants. Cette approche repose sur un principe : l’interdépendance entre les humains et leur environnement. « Dans les sociétés fondées sur le christianisme, on vous apprend que Dieu a créé les humains et que le monde leur est destiné. Il y a donc cette idée que la nature est une ressource à exploiter. Au contraire, dans le bouddhisme, il ne s’agit pas de dominer la nature, mais de s’y adapter », explique Nuttavikhom Phanthuwongpakdee, chercheur en géographie et sociologie et maître de conférences en étude de développement de l'Université Thammasat.

Pour les moines du temple, la protection de l’environnement s’inscrit pleinement dans la pratique bouddhique du respect du vivant. Dans le Vinaya – les règles monastiques bouddhiques – les religieux ont le devoir de nettoyer et d’entretenir leur environnement. « On dit que si l’extérieur est nettoyé, notre intérieur est en paix. Si tu le fais avec sincérité, tu reçois cinq bienfaits : être apprécié des autres, la paix intérieure, l'esprit clair, la sagesse et la méditation », récite Phra Maha Pranom Dhammalangkaro.

Au fond du temple, derrière les bâtiments religieux, une déchetterie entourée d’arbres accueille les sacs-poubelles remplis de bouteilles, bouchons, verres apportés par les habitants ou repêchés dans le fleuve. Les déchets y sont triés, broyés en petits morceaux ou compactés en grands blocs, avant d’être envoyés dans une usine qui les transforme ensuite en fibres textiles et en rouleaux de tissus. Pour un meilleur confort, le plastique est mixé à 40 % de coton. Ces toiles reviennent ensuite au temple, où des couturières bénévoles confectionnent, sept heures par jour, les robes monastiques couleur safran dans le bruit continu des machines à coudre. Chaque année, leur vente rapporte entre 400 000 à 500 000 bahts (10 560 à 13 200 euros). Ces recettes viennent couvrir les frais de main-d’œuvre et les coûts des matières premières.

« Si l’extérieur est nettoyé, notre intérieur est en paix »

Mooh et son époux Ood tiennent l'échoppe Kanom Wan Pa Mooh dans le refectoire de l'Université Thammasat, à Bangkok.  © Tom Soriano

À Wat Chak Daeng, depuis 2019, les 40 tonnes de déchets plastiques récupérés par an sont recyclées pour fabriquer les robes des moines. Un projet né « d’un enseignement bouddhique : “Pamsukula”, qui peut se traduire par des vêtements confectionnés à partir de tissus abandonnés ou jetés », explique Phra Maha Pranom Dhammalangkaro, l’abbé du temple à l’initiative du projet. « Même le Bouddha, lors de sa deuxième année après son éveil, récupérait des tissus au rebut dans les ordures afin de les laver, les teindre et les transformer en robe. »

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