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Un jeune homme en smoking, trempé jusqu'aux os, est recraché par la mer sur une plage en Angleterre. Amnésique, pendant quatre mois, il ne prononcera pas un mot. Son seul moyen de communication : le piano, qu’il maîtrise à la perfection. On l'appellera Piano Man. 

Alors qu’il séjourne dans un hôpital psychiatrique pendant plusieurs mois, ses soignants vont tout mettre en œuvre pour le sortir de son silence et percer son mystère. Jusqu’au jour où il va finir par parler. Quand le réel s’inspire de la fiction, le metteur en scène suédois Marcus Lindeen revient du 5 au 13 mars au Théâtre national de Strasbourg (TNS), sur l’histoire vraie d’un emballement médiatique, qui occupera la presse internationale pendant plusieurs mois. 

Une intrigue parfaite

C’est une histoire qui a tout pour plaire. Un héros, une intrigue, un mystère et un peu de poésie. Le genre de synopsis qui nous prend tranquillement par la main et nous installe sur les sièges pliants du TNS, dans la certitude de passer un bon moment. 

Sauf que le metteur en scène, ayant reconnu comme le lecteur le caractère intrinsèquement cinématographique de cette histoire, décide de ne pas faire le film. Mais de nous parler du film qu’il aurait voulu faire. La pièce, entre conférence et plateau télé, plonge dans l’enquête quasi journalistique du narrateur. Interprété par le comédien Nans Laborde-Jourdàa, le double fictionnel de Marcus Lindeen, qui s’est pris d’obsession pour l’histoire de Piano Man quand il était encore étudiant en cinéma. 

Le metteur en scène confie dans une interview avoir choisi le théâtre à défaut d’avoir pu réaliser un film documentaire sur Piano Man, qui a refusé ses sollicitations : « Il m’a semblé que pour réaliser un film documentaire autour de cette histoire, j'avais vraiment besoin d’accéder à la parole de cet homme, "Piano Man". Le théâtre est devenu une solution à ce dilemme, car il me permettait de créer un spectacle autour de son absence. » Et ça se voit.

Une pièce qui prend trop par la main ses spectateurs 

Si l’investigation n’est pas dénuée d’intérêt, tout au contraire, le spectateur est avide de percer le mystère de Piano Man, sa mise en scène est plutôt décevante. Au sens premier du terme : ce n’est pas mauvais, mais on s’attendait à autre chose. 

Au lieu de mettre en récit le fait-divers, le narrateur s’en sert pour s’interroger plus généralement sur la manière de raconter les histoires. Avec les différents invités mobilisés sur le plateau — qui jouent les soignants qui étaient avec Piano Man lors de son séjour à l'hôpital — on décortique pas à pas ce fait divers des années 2000. 

On formule des hypothèses, on creuse la psychologie du personnage, on raconte des anecdotes… Heureusement qu’il y a l’écran géant au-dessus de la joyeuse bande d’enquêteurs, support visuel qui permet de réveiller le spectateur de temps en temps. Le problème : c’est justement que la réflexion, portant sur la fabrique des mythes médiatiques, prend trop le spectateur par la main. Vous voyez ce sentiment quand quelqu’un fait une blague et se sent obligé de l’expliquer ?

Une bonne conférence ne fait pas une bonne pièce

Tout est explicite, vraiment comme dans une conférence. Les questions posées ont immédiatement des réponses, comme les relances de Dora l’exploratrice. Elles servent juste de béquilles au narrateur pour qu’il détaille un peu plus son propos, qui en lui-même, manque cruellement de relief. On pourrait presque poser son cerveau à la porte en entrant. Il y a notamment plusieurs moments « morale de fable » avec des réflexions un peu superficielles du genre :  « Ce qui est beau dans l’histoire de Piano Man c’est qu’on ne saura jamais la vérité ». Merci et bonne soirée.

 

Partager une passion commune est devenu un critère de rencontre : 49% des célibataires interrogés par Yougov pour l’application de rencontre Bumble en 2024 pensent que cela est une nécessité pour être heureux en amour. C’est ce qu’Ines, 23 ans, épaules dessinées, bras fermes, clame pleinement : « Un mec pas sportif, qui reste cloué sur le canapé, je ne pourrais pas. Il y a aussi une question de physique, et j’assume. Je prends soin de moi, je veux qu’il en fasse autant. C’est 50% physique et 50% la personnalité. » Depuis un an et demi, conseillère téléphonique le jour à Strasbourg, son quotidien c’est muscu, boulot, dodo.

Depuis le 11 septembre dernier, elle partage sa vie à distance avec Yann, lui aussi adepte de musculation. « Ce que j’aime, c’est qu’il a le même état d’esprit que moi. Quand j’ai la flemme, il me motive. Si j’ai un coup de mou, il ne me dit pas ‘ça va aller’, il me pousse à me dépasser. C’est aussi ça l’amour, non ? Se tirer vers le haut, ensemble. »

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Quand le sport met le couple à l’épreuve
S’élever ensemble, c’est aussi la base de ce duo de combattants, Kelly, 39 ans et Frédéric, 50 ans. Ensemble depuis quinze ans, parents de deux filles de 12 et 10 ans et demi, ils partagent tout : le tatami et la vie de famille. La grossesse de l'aînée, elle l’a appris, une semaine avant sa première coupe de France. Frédéric, son mari et entraîneur, lui laisse le choix : « Tu veux faire quoi ? »« J’y vais ! ». Sur le tapis, pourtant, le doute s’invite. « J’avais l’impression d’avoir oublié ma grossesse, je me disais : je vais être une mauvaise mère », se souvient-elle. Instinctivement, elle baisse sa garde au visage pour protéger son ventre. Face au danger, Frédéric, lucide, finit par jeter l’éponge (signe d’arrêt du combat). À l’entraînement, Kelly l’appelle encore « choupinou » et leurs filles traînent souvent au bord du tapis. « Elles ont grandi dedans », sourit-elle. Chez eux, le sport de combat rythme tout, jusqu’à la logistique familiale.

Mais, d’autres couples peinent à trouver cet équilibre. Ambre et Jules, ensemble depuis cinq ans, en ont fait l’expérience. Lui, ancien espoir de VTT enduro, près du haut niveau. Elle, s’est mise au vélo de route pour partager sa passion. « Au début, le sport, c’était notre ciment. On passait notre temps libre à s’entraîner ensemble, à s’encourager », raconte la femme de 21 ans. Mais, peu à peu les objectifs ont divergé. « J’ai eu du mal à suivre. Il cherchait la performance que je ne partageais plus. J’ai fini par avoir l’impression de ne pas être à la hauteur. » 

Résultat, pendant deux ans, ils ont arrêté de s'entraîner ensemble. Aujourd’hui, la tension s’est tassée et un compromis a été trouvé : « Ses séances de performance seront mes séances de récupération pour moi. On garde le lien sans se donner de pression », confie le cycliste.  Une entente que le psychologue Pierre Eslen décrypte : « Quand les niveaux où les ambitions diffèrent, ce n’est pas un problème en soi. Ce qui compte, c’est la compréhension mutuelle. Il faut savoir s’écouter, faire preuve d’empathie, et ne pas oublier qu’en face, il y a un partenaire. »

Camille Carvalho

Le sport, critère de rencontre
Emma, fine et tonique, et Dorian, grand blond et à la carrure sèche, ont construit leur vie autour de l’athlétisme. Tous deux athlètes à l’ASPTT Strasbourg, ça aurait été compliqué de partager leur vie avec un non-sportif. « Le soir, si on est fatigué, on ne sort pas, mais on se retrouve dans le calme ; et si on veut dormir à 22h, on le fait, et chacun comprend  », affirme l’athlète de 24 ans. Leur train de vie de sportif influence aussi leur vie sexuelle : « Rien à voir avec la performance sportive. C’est plutôt l’inverse, les entraînements peuvent créer une baisse de libido. » Ils l’avouent, avant de continuer leur entraînement : « Avec un non-sportif, il ne comprendrait pas. »

Une compréhension et un soutien mutuel
Pour Typhanie et Axel, le sport est aussi le moteur du couple. Ensemble depuis trois ans, ces deux gardiens de handball partagent le même rythme, entre entraînements, déplacements et travail. Installés sur leur canapé, la sportive de haut-niveau de 28 ans, encore habillée de son ensemble de jogging, évolue aujourd’hui en D2 à Nîmes ; lui, en pyjama à carreaux et plaid entre ses jambes, joue en Nationale 3, avec l’ambition d’atteindre un jour la N1. « Je n’ai peut-être pas son niveau, mais elle m’inspire. Grâce à Typh, j’ai envie de progresser », s’exclame son compagnon de 25 ans. 

Il l’a suivie à deux reprises lors de ses transferts : d’abord sa ville natale de Saint-Amand, dans le Nord, où ils se sont rencontrés ; puis son emploi à Strasbourg pour la rejoindre dans le Sud. « J’ai beaucoup hésité avant d’accepter Nîmes, reconnaît Typhanie. Mais c’est Axel qui m’a convaincue. C’est mon avenir, mais je veux aussi que ce soit le nôtre. » Pour le psychologue Pierre Eslen, leur relation illustre parfaitement la force du soutien mutuel dans un couple sportif : « Quand deux partenaires sont engagés dans le sport, il y a une compréhension naturelle. Inutile de justifier fatigue ou tension d’avant-compétition : l’autre sait déjà ce que ça représente. » 

Il y a deux ans, un mercredi soir printanier à Strasbourg, une cinquantaine de coureurs s’élancent du pied de la cathédrale. Parmi eux, Hugo, le co-créateur de cet évènement Mercredi Run, et Alix. Après le footing, dans le brouhaha des joggeurs réunis autour d’un verre, c’est le coup de foudre. Depuis, ils ne se quittent plus. En sixième année de médecine, Alix jongle entre concours et révisions ; Hugo travaille comme communicant pour l’Office des Sports de Strasbourg. Pourtant, ils trouvent toujours le temps de courir côte à côte. « On ne cherche pas la performance, c’est un moment pour nous », précise l’étudiante de 24 ans. Depuis, Alix prend part à l’organisation de ce 8km tous les mercredis, montre connectée au poignet, drapeau sur le dos pour guider les runneurs et veiller au bon déroulement de la course. Hugo, lui, silhouette élancée et caméra en main, capture chaque foulée, chaque arrêt aux feux rouges. Il se faufile entre les pelotons pour avoir la meilleure image.

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