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Dans la capitale du Royaume-Uni, les indignés d'Occupy London se mobilisent pour dénoncer les dérives du système financier incarné par la City. Leur dernière initiative : l’organisation de visites guidées hebdomadaires dans le quartier d’affaire de Canary Wharf, où de nombreuses banques sont implantées. Liam et Duncan, les deux organisateurs, se relaient au mégaphone. Suivez le guide.
Face aux spéculations sur le changement de politique de la BCE que pourrait induire le fait que la majorité des membres soit issue de pays en difficulté, un représentant de l'institution tient à réaffirmer que l'identité européenne prime : « La nationalité ne compte pas au directoire, elle s'efface derrière la fonction. Les membres sont uniquement choisis pour leurs compétences en finance et en économie. ». Il insiste également sur la continuité « impressionnante » entre les deux présidences : discours structuré de la même façon, même équipe de travail, et surtout même respect inconditionnel des traités.
Lors du dernier conseil des gouverneurs, Mario Draghi a été perçu comme encore plus rigide que son prédécesseur, coupant court à tout espoir des marchés de voir la BCE racheter massivement de la dette souveraine.
Marion Kremp et Laure Siegel À francfort
Depuis un an, un nouveau système de supervision européen est en place.
Nommés par le Conseil européen à la majorité qualifiée, les six membres du directoire de la BCE sont chargés de préparer les deux réunions mensuelles du Conseil des gouverneurs et de mettre en œuvre la politique monétaire de la zone euro en donnant des instructions aux banques centrales nationales de la zone euro. Enfin, ils assurent la gestion courante de la BCE, et surtout les membres de cet exécutif participent aux votes.
Ces hauts fonctionnaires de l'Europe sont en place pour huit ans, non renouvelables. L'Espagnol José Manuel González-Páramo est le prochain sur la liste à devoir laisser sa place, en juin 2012.
Le jeu des chaises musicales va bientôt prendre fin au 36e étage de l'Eurotower. Ce jeudi 8 décembre, à Francfort, la Banque centrale européenne a rendu un avis favorable quant à la candidature de Benoît Coeuré, directeur adjoint du Trésor Français, à son directoire. Celui-ci devrait remplacer l'Italien Lorenzo Bini Smaghi, après des mois de tractations entre Rome et Paris. Avec l'arrivée de Mario Draghi à la place de Jean-Claude Trichet en novembre, Nicolas Sarkozy avait exigé le départ du second membre italien pour rétablir « l'équilibre ». Victoire du politique sur l'indépendance de l'institution européenne, Smaghi quittera son siège au directoire le 1er janvier pour rejoindre l'université d'Harvard, alors que son mandat courait jusqu'en 2013.
Le début de l'année est aussi marqué par l'arrivée de Jörg Asmussen, secrétaire d''État au ministère des Finances allemand. Il prendra le siège de son compatriote Jürgen Stark, qui occupe actuellement la fonction informelle de « chef économiste » convoitée par les Français. Opposé à l'achat par la BCE d'obligations émises par des pays de la périphérie de la zone euro, ce dernier a claqué la porte début septembre.
Pressions politiques et divergences de point de vue, la crise exacerbe sans aucun doute les difficultés de fonctionnement d'une BCE dont les décisions sont prises à la majorité simple. Théoriquement, pour éviter que les sensibilités nationales ne parasitent ses décisions, les positions de chaque membre ne sont jamais divulguées. De la salle du conseil des Gouverneurs, ne sort au grand jour qu'une seule et même déclaration, diffusée en conférence de presse, dans la foulée.
Benjamin Lemoine est post-doctorant au centre de sociologie des organisations (CSO - Sciences Po Paris) et à l’IFRIS. Après avoir réalisé sa thèse sur la gestion du problème de la dette publique française à l’École des Mines de Paris, au centre de sociologie de l’Innovation (« Les valeurs de la dette. L'État à l’épreuve de la dette publique »), il travaille désormais sur les liens entre notation financière et risque souverain.
Quelle a été l’évolution de la gestion de la dette française ?
En l'espace de soixante ans après la seconde guerre mondiale, on est passé d'une dette dont les prix étaient entièrement sous contrôle de l'Etat à une dette mise sur les marchés financiers. La stratégie, depuis le milieu des années 1980 vise à rendre notre dette attractive et compétitve pour les investisseurs. Mais, en 1946, l'Etat, à travers la direction du Trésor, fonctionnait comme un banquier. Il collectait ses ressources via ce qu'on appelait le « circuit du Trésor ». C'était un système de crédit et de collecte de l'épargne largement contrôlé par l'administration. L'Etat fixait, par exemple, lui même le « prix » de sa dette et contraignait le système bancaire à en acquérir une part conséquente. L'objectif économique de l'époque était de retrouver le plein-emploi et de reconstruire le pays. Mais on a accusé d'être une source de l'inflation. La mise sur le marché de la dette s'est donc présentée contre ce mal de l'époque qu'était l'inflation. Du coup, l'Etat s'est obligé à aller chercher ses ressources à l'extérieur. En France, cela s'effectue le long des années 70 et, plus particulièrement, au milieu des années 1980, avec ce qu'on a appelé le " big bang de la libéralisation des marchés des capitaux. La vente de la dette s'est alors effectuée à l'échelle industrielle, avec des produits sophistiqués qui s'adressent à un monde internationalisé de professionnels de la finance et non plus de rentiers amateurs. Dans ce nouveau monde global, l'Etat a dû faire de la satisfaction des investisseurs une priorité, puisqu'il lui fallait se financer de façon compétitive.
Est-ce qu’aujourd’hui les dettes des Etats sont trop dépendantes des marchés ?
Le problème aujourd'hui est que la « valeur » financière, morale, économique et politique des Etats est dépendante du fonctionnement des marchés financiers obligataires. Les Etats, pour se financer s'exposent aux marchés: ils doivent s'ajuster aux attentes du marchés et faire en sorte de ne pas être dépréciés par ceux-ci. Il leur faut donc surveiller, ne pas être « trop dépensiers », veiller à conserver leurs triple a, etc. En cela, on peut effectivement dire que l'Etat est très largement exposé aux marchés. Mais cette exposition dépasse le cadre des marchés financiers. Elle circule aussi sur un ensemble d'espaces, médiatiques et politques, sans que l'on discute collectivement de la légitimité de ce financement par les marchés et ce qu'il implique pour les choix démocratiques.
Pourtant, depuis le début de la crise, le débat public s'est intéressé à la question de la dette des Etats?
On peut distinguer deux phases dans le débat public autour de la dette. A partir de 2005, notamment à travers la publication du rapport Pébereau, le débat public s'est intéressé au problème de la dette publique. Sauf que ce débat s'est focalisé sur la question budgétaire. Le problème de la dette était à l'époque essentiellement perçu à travers l'idée d'un Etat qui, en mauvais gestionnaire, s'est trop endetté en dépensant l'excès. La crise de la Grèce puis de l'ensemble des dettes souveraines européennes a commencé à changer la donne. Certains journalistes et hommes politques ont commencé à s'interroger sur les causes proprement financières de la dette : comment est-elle émise? Qui la détient et l'achète? Comment évalue-t-on sa « qualité »? Quelles autres modalités de financement sont possibles? Cette nouvelle manière d'aborder le problème tend à remettre en cause la façon dont le système financiers est organisé. Elle permet de s'interroger sur la manière dont l'Etat se finance sur les marchés et la légitimité démocratique de ce financement.
Propos recueillis par Benjamin Edgard