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La différence entre ETF «physique» et «synthétique» réside dans le procédé de fabrication. Pour créer un ETF «physique», il suffit d'acheter sur le marché les titres constituants l'indice à suivre, aussi appelé sous-jacent. C'était le cas de notre ETF CAC 40 ci-dessus.
«Risque de contagion à tout le système»
Pour fabriquer un ETF «synthétique», le gérant assemble un bouquet de titres qui, à un moment donné, semble reproduire la performance de l'indice sous-jacent. Mais ces titres peuvent être très différents des originaux. Finalement, on ne sait donc pas précisément ce que contient ce panier. Dans un deuxième temps, le gérant assure la valeur de son panier. Pour cela, il conclut, contre une prime, un engagement d'échange (swap) avec une contrepartie qui sera déclenchée en cas de dépréciation de l'ETF. Cette contrepartie peut elle-même se réassurer en concluant un swap avec une autre contrepartie.
Cette méthode de réplication lie les garants entre-eux. Ils deviennent interdépendants. Si l'un deux fait défaut, «il y a un risque de contagion à tout le système», conclut dans son rapport le Conseil de stabilité financière. Certains économistes considèrent d'ailleurs les ETF comme des candidats à la prochaine bulle financière [selon un article publié dans Tendances des marchés de capitaux, une publication de l'OCDE].
Bâle III, dernier accord en date, instaure une définition restrictive des fonds propres appelée « Core tier one ». À l'intérieur de celui-ci, seul le capital des actionnaires et les bénéfices reportés sont pris en compte. Ces nouvelles règles demandent aux établissements bancaires de respecter un ratio de 4,5% de Core tier one en fonction des risques encourus. Elles devront également se doter d'un matelas de précaution constitué d'actions ordinaires représentant 2,5% du bilan. Bâle III laisse aux banques jusqu'à 2019 pour se conformer à ses accords. Cependant, l'autorité bancaire européenne (ABE) a rehaussé le niveau d'exigence en fonds propres, le passant de 7à 9% et avançant le calendrier à juin 2012.
Catherine Deunf et Fabien Piégay
16 décembre 2010 : L'Eurozone adopte le projet d'un mécanisme européen permanent de stabilité (MES) doté de 440 milliards d’euros de garanties. Il requiert une révision du traité de Lisbonne. En cas d'intervention, il examinera systématiquement l'hypothèse de l'insolvabilité et, le cas échéant, de l'implication du secteur privé dans la répartition des pertes. Les taux d'intérêt du Portugal décrochent à leur tour.
24-25 mars 2011 : Les 27 s'accordent sur le projet de révision de l'article 136 du traité de Lisbonne. Pour assurer la note AAA du FESF sans diminuer sa capacité d'intervention, les membres de l'Eurozone doivent se résoudre à porter à 680 milliards d'euros les garanties qu'ils lui apportent. La Grèce et l'Irlande sont exemptés d'y participer. Le Portugal, aussi, car il doit à sont tour faire appel à un plan de secours.
21 juillet 2011 : Les bons du trésor italiens et espagnols sont gagnés par la contagion. Les dirigeants de l'Eurozone interrompent leurs vacances pour adopter un nouveau plan. Le FESF pourra désormais intervenir sur le marché de la dette publique, prêter, à titre préventif, à des États qui ne sont pas encore soumis à un programme d'aide, et enfin aider à la recapitalisation des banques. Par ailleurs, les créanciers privés de la Grèce devront subir une perte de 21% sur les bons du trésor qu'ils détiennent. Les taux d'intérêt italiens, puis espagnols s'envolent. Le 9 août, la BCE vole à leur secours en intervenant une nouvelle fois sur les marchés.
26 octobre 2011 : La perte que doivent consentir les créanciers privés de la Grèce s'élèvera à 50%. Pour protéger les autres pays contre la contagion que pourrait entraîner cette opération, le FESF sera érigé en parefeu, dotée d'une capacité d'intervention de 1000 milliards d'euros. Toutes les banques européennes seront si nécessaire contraintes à se recapitaliser. Et la gouvernance de l'euro sera soumise à une sévère discipline. Les taux de la France, de l'Autriche, des Pays bas et de la Finlande commencent à leur tour à monter.
Elsa Sabado
Pourtant les ETF ne sont pas sans risque. Manque de transparence, opacité, risque de contagion à tout le système financier... Le Conseil de stabilité financière, institué par le G20 pour surveiller les risques mondiaux, s'en inquiète dans un rapport publié le 12 avril.
Car le bouquet de fleurs peut cacher des produits très complexes, fruits d’une savante ingénierie financière. Un type d'ETF est en particulier dans la ligne de mire des régulateurs: les ETF dits «synthétiques» par opposition aux ETF «physiques». Depuis 2005, leur croissance s'est accélérée.
Au premier abord, cela paraît facile à comprendre: un ETF est un fonds indiciel côté en bourse. Ainsi un ETF CAC 40 est un panier regroupant l’ensemble des actions du CAC 40 comme une sorte de calque de l'indice boursier. On dit qu'il le réplique. Son évolution va donc suivre la performance de l’indice. Si le CAC 40 gagne 3%, l’ETF CAC 40 va également gagner 3%.
Selon leurs promoteurs, les ETF présentent le double avantage d'être moins coûteux qu'une Sicav, car il n'y a pas de frais d'entrée, et d'être éligibles au Plan d'épargne en actions (PEA).
«Aussi simple que d'acheter un bouquet de fleurs»
Nés aux Etats-Unis dans les années 1990, ces ETF aussi appelés « trackers », sont arrivés en Europe dix ans plus tard. Leur développement s’est brusquement accéléré en 2005. Depuis ils connaissent un succès foudroyant: la progression des encours enregistrée entre 2008 et 2009 est de 50%. Entre 2009 et 2010, elle augmente de 27%.
Fin juillet 2011, on recensait plus de 2900 «trackers» pour un encours de 1 445 milliards de dollars, selon les données fournies par BlackRock, le plus important gestionnaire et «fabricant» d’ETF.
«Investir dans des ETF, c’est aussi simple qu’acheter un bouquet de fleurs». C’est, en résumé, l’idée d’un dessin animé publicitaire créé par iShare, filiale de BlackRock pour convaincre les investisseurs.
La crise de 2007 a contribué à un renforcement de la concentration bancaire. Les établissements les plus faibles se sont fait absorber par les plus solides. Le Conseil de stabilité financière (FSB) se méfie de ces monstres bancaires, et particulièrement des 29 banques "systémiques" qu'il a recensées dans un document daté du 4 novembre, au nombre desquelles on compte trois françaises. Leur effondrement provoquerait une cataclysme planétaire.
• En octobre 2008 , BNP rachète 75% des activité belges de Fortis et 66% des celles situées au Luxembourg.
• En Grand-Bretagne, le jeudi 18 septembre 2008 la banque Lloyds TSB annonce le rachat pour 15,4 milliards d'euros de la banque écossaise HBOS. Cette dernière avait vu son cours en bourse s'effondrer. La Lloyds devient alors la troisième ou quatrième banque britannique au coude à coude avec la Barclays. Le groupe ibérique Banco Santander prend le contrôle de deux banques britanniques : Bradfort & Bingley, pour 1,62 milliards d'euros en septembre 2008, et Alliance & Leicester en octobre 2008.
• En Allemagne, suite à un accord le 14 juillet 2009, la Deutsche Bank achète 22 % du capital de la Postbank. L'accord prévoit que 27% de plus seront acquis au cours des trois années suivantes. En novembre 2010, la Deutsche Bank annonçait qu'elle détenait désormais 36% du capital de la Postbank.
• Enfin, le 31 juillet 2009, la Banque Populaire et la Caisse d'Epargne officialisent leur mariage avec le création de la BPCE. Le rapprochement entres les deux enseignes avait commencé en 2006. Elles avaient pris le contrôle conjoint de la banque de financement et investissement Natixis. Mais suite à la crise, cette filiale enregistre une perte de 1,8 milliards d'euros. L'Etat français conditionne alors le versement de son aide financière à la fusion des deux établissements Banque Populaire-Caisse d'épargne.