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 Oliver Stock, rédacteur en chef online du Handelsbaltt. (CUEJ/Marion Kremp)

Le siège de la rédaction financière du Handelsblatt se dresse fièrement sur Eschersheimer Landstrasse. Le quotidien économique allemand, basé à Francfort, se porte bien et la crise n'y est pas pour rien. Véritable voix des marchés, ce quotidien, propriété de Holtzbrinck, troisième groupe de presse allemand, a vu son tirage augmenter de près de 10% en un an. Le journal doit désormais composer avec un nouveau lectorat. Oliver Stock, rédacteur en chef online d'une plateforme en plein essor, détaille cette évolution.

Finalement, pour vous la crise est une aubaine ?

Oui, on peut dire ça, nous avons gagné en lecteurs depuis 2008. La crise est dans toutes les bouches, les gens sont avides d'information et surtout d'explications. L'usage de la presse financière a évolué avec la crise, elle est devenue plus qu'un outil de travail pour le monde économique. Nous avons gagné un nouveau lectorat et particulièrement sur le web. Cette année nous avons enregistré 60millions de pages vues sur le site internet du journal, soit le double par rapport à l'année dernière.

Cet élargissement du public a-t-il modifié votre manière de travailler ?

Cela nous pousse effectivement à adapter notre écriture, à expliquer les termes de la finance avec des mots simples. Il est vrai qu'avant la crise nous nous posions moins de questions, nous avions un lectorat bien identifié d'initiés. Maintenant, nous devons nous renouveler, par exemple, expliquer tous les jours ce qu'est un eurobond. Dernièrement, nous avons titré «My name is Bond, eurobond!»

Quelle relation entretenez-vous avec les acteurs de la place financière de Francfort ?

C'est très simple, nous avons besoin les uns des autres, donc nous nous parlons d'égal à égal. Nous sommes en liaison permanente avec les acteurs des marchés. Nous avons besoin d'informations exclusives et solides, et eux ont besoin de nous pour s'exprimer. Et puis, nous sommes liés aussi par la publicité financière qui constitue 35% de nos annonces. Quand les marchés vont mal, nous aussi! Sur un autre plan, si nous publions un papier critique sur un annonceur, nous nous exposons au risque de perdre le contrat publicitaire. Heureusement, notre groupe de presse (Holtzbrinck Verlagsgruppe) est assez important pour que l'on reste indépendant de l'industrie financière.

 Marion Kremp et Laure Siegel à Francfort

 

 

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Garanties, c'est chacun pour soi

Les banques continuent à avoir besoin des garanties des Etats. Il leur faut rassurer les marchés financiers sur leur solvabilité pour emprunter à moindre coût. En 2008 et 2009, la Commission européenne a établi les règles du jeu qui permettent aux gouvernements d'aider le secteur bancaire. Face à une situation financière toujours critique, elle a décidé le 1° décembre de prolonger ces règles du jeu, arrivées aujourd'hui à échéance.

La Commission européenne, l'Autorité bancaire européenne (ABE) ainsi que la Banque centrale européenne (BCE) ont conseillé aux ministres des finances européens d'opter pour une garantie conjointe et solidaire. L'idée a été rejetée fin novembre en conseil Ecofin, notamment par les pays en relative bonne santé financière, comme la France ou l'Allemagne, qui refusent de prendre des risques pour les autres. Les ministres des finances ont décidé que chaque Etat pourra seul continuer à garantir les dettes à long terme de ses propres banques. Un montant minimal de rémunération des Etats par les banques a également été fixé. Il sera proportionnel à la qualité du crédit des pays.

Concrètement, les banques allemandes devront payer le soutien de leur Etat plus cher à leur Trésor que les banques italiennes au leur. La logique des gouvernements européens n'a pas changé depuis le début de la crise. Face au danger, pas d'entraide, chacun pour soi.

Fanny Bleichner et Magali Fichter

 

 

La fusion entre Nyse Euronext et Deutsche-Börse pourrait bouleverser les marchés européens. (CUEJ/Marion Kremp)

Le rôle de la BCE, du fantasme à la réalité

Un financement des dettes publiques par la planche à billets est et reste interdit par les traités européens, a martelé Mario Draghi, lors de la conférence de presse du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, le 8 décembre dernier. Pour le président de la BCE, les achats d'obligations publiques doivent rester « limités » et « temporaires ». La BCE n'a pas à endosser le rôle de « prêteur en dernier ressort » que marchés, analystes et certains gouvernements voudraient lui voir jouer.

Il a ainsi balayé le fantasme selon lequel les dettes publiques peuvent disparaître par simple création de monnaie. Au-delà de sa mission principale d'assurer la stabilité des prix, l'enjeu actuel pour la BCE est surtout de forcer les gouvernements à agir: « la responsabilité ultime (d'enrayer la crise) appartient aux responsables politiques », a finalement rappelé Mario Draghi aux dirigeants européens.

En pleine crise de l'eurozone, deux spécialistes livrent leur vision de la mission de la BCE.

Dès 2013, la Banque d'Angleterre reprendra son pouvoir de régulation. (© Cuej / Anna Benjamin)

La banque Barclays risque de devoir séparer sa banque de détail de sa banque d'affaires. (©flickr/Dominics)

 

 

Deux étudiants de l'université de Leicester, diplômés en économie en 2012, venus à la City dans l'espoir de trouver un emploi. (CUEJ/Anna Benjamin)

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