Chez les membres des parlements des pays de l’Union européenne, les femmes sont 33 fois plus suscpetibles d'être visées que les hommes par des trucages vidéo et photo à caractère pornographique. Une étude menée sur 27 pays de l’UE a révélé que les femmes élues sont beaucoup plus exposées au détournement de leur image par intelligence artificielle.
1 femme sur 14 contre 1 homme sur 500. C’est la différence d’exposition au deepfakes pornographiques parmi les élus des parlements nationaux des pays de l'Union européenne, relevé dans une étude publiée ce mois-ci par l’Agora Digitale Transformation. Ce think tank allemand, spécialisé dans le numérique, a consulté 160 sites permettant de produire des contenus truqués à caractère sexuel. Ces montages subtilisent une identité pour créer de fausses images à l’aide d’intelligence artificielle. Au cours de l’étude, les chercheurs ont découvert que sur les 5 872 noms d'élus européens recherchés sur ces sites, 138 femmes et 9 hommes étaient référencés, c'est-à-dire que leur noms sont associés à du contenu sur ces sites. En France, 17 députées sont concernées.


Les pays peinent à protéger leurs habitants et habitantes
Selon l’étude, les pays qui ont des législations spécifiques pour contrer les deepfakes ne sont pas moins épargnés. Les vidéos restent la plupart du temps en ligne, faute d’enquêtes concrètes et de fermetures de sites. Pour en suspendre un, il faut s’assurer que la plateforme en question héberge et produit bien des deepfakes : lorsque les sites permettent aux internautes de les générer eux-même par intelligence artificielle, la responsabilité n’est plus évidente. Et même lorsque le site est fautif, il est souvent basé hors-Europe, notamment aux États-Unis, bien au-delà des limites géographiques de l’application de la loi.
Des solutions possibles ?
Pour limiter le vol et la transformation d’images postées en ligne, l’étude propose plusieurs pistes. La coopération internationale d’abord, pour permettre aux pays d’appliquer une loi commune pour supprimer les deepfakes et poursuivre leurs hébergeurs sans contrainte de frontière. Les chercheurs pointent également la responsabilité de Google, chez qui ils ont retrouvé des traces de sites déjà saisis par les autorités. Pour eux, les moteurs de recherche ont une responsabilité dans l’indexation et l’accessibilité de ces contenus illégaux.
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De nombreuses actrices, chanteuses ou femmes politiques ont déjà été visées par ces pratiques, mais toute personne ayant son image sur internet peut être touchée. De plus en plus de plaintes sont déposées, malgré la lenteur de la justice à remonter aux auteurs de ces images.
Adèle Tabaali
Édité par Héloïse Lartia et Bertille Lietar