« On malaxe, on pétrit, on étale et on pâtonne. » L’atelier démarre, et les sept comédiens amateurs du théâtre du Potimarron s’appliquent au « massage du boulanger », deux par deux. Comme chaque mardi, la compagnie Potimarron se donne rendez-vous au Divanoo, café associatif à Bischheim, au nord de Strasbourg. C’est la deuxième fois depuis la rentrée qu’ils se réunissent. Pour l’heure, il faut construire un groupe avant de s’attaquer à des situations plus complexes. « Je propose des jeux qui permettent de travailler sur la confiance », raconte Jacqueline Martin, animatrice de l’atelier hebdomadaire. La troupe qu’elle constitue ne donnera pas des représentations de théâtre conventionnelles. Au Potimarron, la spécialité, c’est le Théâtre de l’opprimé, registre théâtral engagé.
Changer le cours de l'histoire
Si certains participants étaient déjà là l’an passé, d’autres, comme Fatima Wolff, découvrent : « Un théâtre-forum avait été organisé dans mon entreprise, sur le thème du harcèlement sexuel. J’ai trouvé extraordinaire de mettre en scène des situations, et ensuite, de demander au public : qu’auriez vous fait à la place de la victime ? »