Opposition anti-Barseghian
Face à de nombreux soutiens, elle est venue présenter son programme et espérait convaincre les derniers indécis. Mais comment expliquer ce retour en force de l’ancienne maire de la Ville, 25 ans après son dernier mandat. Déjà par ses attaques directes envers la mairie écologiste. La socialiste n’a cessé d’appuyer sur ce clivage tout au long de sa campagne. Pendant une heure de monologue face à une audience conquise, la socialiste a longuement rappelé son attachement à la laïcité tout en reprochant à la mairie actuelle de favoriser le communautarisme. Elle a également appuyé sur tous les points d’accroche qui parlent aux Strasbourgeois anti-Barseghian : les aménagements cyclables rue Mélanie, l’endettement de la ville, les rétropédalages sur le tram Nord ou encore l’extinction de l’éclairage public la nuit.
Trautmann se positionne comme la candidate qui va « rendre la ville » aux Strasbourgeois grâce à un mandat « de redressement et de réparation ». En jouant sur la nostalgie et sur son poids politique local et national, elle rassure une partie de l’électorat qui a vu en Barseghian une trop grande radicalité. Si la septuagénaire se présente comme le « choix du mouvement » face à la « continuité », elle semble pourtant incarner un espoir de retour à la normale, pour clore la parenthèse écologiste.
Profil consensuel
L’opposition aux politiques écologistes semble donc être au cœur du vote Trautmann, mais ce n’est pas la seule raison : « Elle va sûrement me convaincre, pourtant je ne vote pas obligatoirement à gauche. Elle se rapproche du centre donc c’est plus acceptable. Aux dernières élections, j’avais voté écologiste, mais ce n’est plus envisageable », soutient une retraitée dans l’assemblée, qui reproche pourtant à la socialiste son côté « démago ».
Tamara Kartvelishvili, 46 ans, a également été conquise par la personnalité de Catherine Trautmann alors qu’elle avait voté pour Jean-Philippe Vetter en 2020 : « Elle a beaucoup de profondeur, elle est orientée vers les gens et elle inclut tout le monde. » Pour certains, elle incarne une figure rassembleuse, capable de convaincre tout le monde : « Elle peut apaiser les tensions. Ces dernières années, la mairie a opposé les gens, les modes de transport, les âges », explique Marzieh Flaischer, 64 ans, candidate en 33e position sur une liste que Trautmann désigne comme « sans tutelle ». Dans les faits, elle est tout de même investie par le PS, et les premières places de la liste reviennent tout de même à de fidèles socialistes.
16h12: Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) libèrent 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques.
Pour calmer les marchés et la hausse des prix, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) effectue le déblocage « le plus important de son histoire ». Les 32 pays membres, dont la France, libèrent 400 millions de barils en provenance de leurs réserves stratégiques.
« On fait la course en tête et pourvu qu’on le reste ! » Il est 19h20 au palais des fêtes de Strasbourg ce mardi 10 mars et, dans la salle, 700 personnes sont venues assister au meeting de Catherine Trautmann, la candidate socialiste à la tête de la liste “Pour Strasbourg”. Devant un public impatient et emballé, elle entre sous les applaudissements, au son de Pookie d’Aya Nakamura, malgré la quasi-absence de jeunes dans la salle.
Le premier tour des élections municipales doit se tenir dimanche et les deux dernières études d’opinion publiées placent Catherine Trautmann en tête, avec dix points d’avance sur la maire sortante Jeanne Barseghian (Les Verts) et Jean-Philippe Vetter, candidat Les Républicains.
Conseillère municipale depuis 43 ans
Un retour au premier plan d’un poids lourd de la politique strasbourgeoise, et de la politique tout court. Engagée en tant que conseillère municipale d’opposition depuis 1983, elle est élue maire PS en 1989 puis 1995. En parallèle, elle cumule un mandat de députée entre 1986 et 1988, puis un mandat d’eurodéputée de 1989 à 1997. Elle interrompt ses fonctions locales et européennes lorsqu’elle est appelée par Lionel Jospin pour être ministre de la Culture. Elle reste au gouvernement pendant cinq ans, avant de revenir à la vie strasbourgeoise en 2000. De 2004 à 2014, elle siège au Parlement européen. Depuis, elle n’exerce plus que ses fonctions de conseillère municipale, un mandat qu’elle occupe depuis 43 ans maintenant.
Trautmann avait déjà tenté de revenir à la tête de la ville en 2020, en remplaçant à la dernière minute la tête de liste, Maxime Cahn. Elle était arrivée en troisième place derrière Jeanne Barseghian et Alain Fontanel (LREM). Après avoir rejoint l’opposition, elle retente sa chance cette année, avec plus de chance de parvenir à ses fins, selon les sondages.
Au meeting qu’elle a tenu mardi 10 mars, l’ancienne maire socialiste a misé sur un discours d’opposition aux écologistes pour séduire les indécis, tout en faisant face aux critiques sur son image jugée trop tournée vers les seniors.
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