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Depuis 2003, Laurent Lefebvre n’a plus connu d’épisode de décompensation. C’est en grande partie lié à un changement dans son traitement. « Le traitement ne fait pas tout, précise-t-il pourtant. C’est la quête de sens que je mène depuis 35 ans qui fait que je suis là aujourd’hui. Je me suis levé pour combattre ma schizophrénie. » 

« On représente de l’espoir, l’espérance de s’en sortir. »

En 2015, l’Alsacien se lance un défi : courir un marathon sous antipsychotique. Il s'entraîne pendant 4 ans et demi, raconte son combat dans les médias, et vient à bout des 42 km. Cet événement change sa vie. Il est ensuite invité à partager son témoignage dans des conférences, et échange avec des professionnels du secteur. Rapidement, on lui propose de retourner sur les bancs de l’école pour devenir médiateur de santé pair, un métier qui consiste pour une personne atteinte d’un trouble psychique à intervenir auprès de ses pairs pour partager son expérience. « On représente  l’espoir, l’espérance de s’en sortir. »

Aujourd’hui, Laurent Lefebvre intervient en majorité dans les groupes de parole de l’UNAFAM (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques). Cette association accompagne les proches de personnes atteintes de maladies psychiques comme les troubles bipolaires ou schizophréniques. « J’ai vu la différence depuis que Laurent est arrivé dans l’association, confie Fabrice Berna qui intervient avec lui dans ces groupes de paroles. En tant que médecin, on peut dire des choses, mais quand c’est un pair aidant qui le dit, l’impact n’est pas le même et c’est extrêmement précieux. »

Quand on parle de schizophrénie, les préjugés sont nombreux, et Laurent Lefebvre le ressent à chaque fois qu’il dévoile sa maladie à quelqu’un. « Je vois qu’il se passe quelque chose dans le regard. Tu sens quelques secondes de silence, les gens se disent qu’ils sont face à quelqu’un de dangereux. C’est triste et injuste que la société nous voit comme ça. »

Beaucoup de schizophrènes sont confrontés au rejet et à l’isolement. Laurent Lefebvre a eu la chance d’être soutenu par sa famille. « La première fois qu’on m’a annoncé le mot schizophrène, je ne savais pas ce que ça représentait, avoue Annie Maurice, sa mère. Quand on est confronté à ce genre de problème, ce qu’il faut, c’est l’accepter et vivre avec. »

Les têtes de liste des Républicains et du Rassemblement national n’ont pas puisé l’idée bien loin. En avril 2019, l’ancien maire socialiste Roland Ries avait déjà instauré un arrêté similaire dans plusieurs secteurs du centre-ville en période estivale, et pendant le marché de Noël. L’une des premières mesures de sa successeure, l’Écologiste Jeanne Barseghian, aura été de le supprimer. « C’est la pauvreté qu’il faut combattre et non les pauvres », déclarait-elle lors de sa campagne de 2020.

Le géant japonais du jeu vidéo Sony est entendu par la justice britannique depuis ce mardi 11 mars dans le cadre d'un procès exceptionnel. La multinationale est accusée d'avoir profité de sa position dominante dans le secteur pour mettre en place des prix particulièrement élevés sur ses jeux dématérialisés vendus sur sa boutique, le Playstation Store, parfois deux fois plus chers que les jeux physiques, et ce, pendant près de 10 ans. Le préjudice total s'élèverait à près de 2 milliards de livres.

[VIDEO] Pourquoi Sony est jugé à Londres (et pourquoi ça peut coûter très cher)

13 mars 2026

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Interdire la mendicité à Strasbourg, vraiment ? À l’occasion de la campagne pour les élections municipales, dont le premier tour aura lieu le 15 mars, un vieux débat refait surface. Le candidat de droite Jean-Philippe Vetter propose de réinstaurer un arrêté anti-mendicité. Une proposition soutenue aussi par la candidate d’extrême droite Virginie Joron. Si un tel arrêté était instauré, les personnes sans-abri seraient susceptibles de se faire verbaliser pour « mendicité agressive ».

Sur un rythme marqué, sa voix grave envahit la pièce. Au fil du texte, les métaphores de la maladie s’accumulent : « J’ai perdu le fil d’Ariane de mon labyrinthe intérieur, ma boussole d’âme ne m’indique plus le nord. » À la fin du morceau, il raconte : « Cette chanson, c’est l'histoire d’un gars qui sort d’un bar et qui est complètement paumé. Il va devoir retrouver son chemin alors qu’il a perdu ses repères. » Seb Eidenschenck, qui le côtoie depuis plus de vingt ans, voit en lui « un personnage assez mystique, un poète. »

« C’est comme si tu sortais de la réalité »

La schizophrénie s’est déclarée quand il avait 23 ans. Alors qu’il effectue son service militaire en Allemagne, Laurent Lefebvre connaît sa première décompensation. c'est-à-dire une phase de rupture dans l’équilibre psychologique. S’ensuivent une hospitalisation et des mois d’hallucinations. « C’est comme si tu sortais de la réalité générale, raconte-t-il. Tu as une interprétation de tes cinq sens qui est différente des autres, et le problème c’est que tu ne t’en rend pas compte. » Une perte de contrôle qui s’est reproduite à deux reprises au cours de sa vie.

« La schizophrénie c’est une pathologie mentale qui arrive quand on est adolescent, ou jeune adulte, éclaire Fabrice Berna, professeur de psychiatrie au CHU de Strasbourg. Il y a des symptômes dits “positifs”, comme des délires ou des hallucinations, et d’autres “négatifs”, c'est-à-dire un renfermement sur soi. » 

Selon les personnes, cela se traduit de manière différente. Laurent se souvient lui d’avoir eu « l’impression que la radio ou la télé [lui] parlait » : « Quand tu sors de la réalité, tes pensées vont à 1 000 km/h. C’est comme si tu avais le pied sur l’accélérateur et que tu n’arrivais plus à rien contrôler. Ça peut durer plusieurs mois. »

Les candidat·es aux élections municipales Jean-Philippe Vetter et Virginie Joron souhaitent interdire de nouveau la « mendicité agressive » à Strasbourg. Une idée juridiquement complexe à mettre en place et éthiquement très contestable.

Élections municipales : la droite et l’extrême droite souhaitent un arrêté anti-mendicité à Strasbourg. De quoi parle-t-on ?

13 mars 2026

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Laurent Lefebvre utilise la musique pour retracer son parcours. © Pauline Moyer

C’est au dernier étage d’un petit immeuble de Colmar que Laurent Lefebvre vient répéter depuis un an. Avec Seb Eidenschenck, ils ont monté un groupe. Clavier et percussion pour l’un, saxophone, flûte traversière et chant pour l’autre. « L’idée du set, c’est de retracer en musique le parcours de Laurent vis à vis de sa schizophrénie », explique Seb Eidenschenck. À bientôt 60 ans, Laurent Lefebvre est atteint d’un trouble schizophrénique, comme environ 600 000 personnes en France. Aujourd’hui, il lutte contre les préjugés inhérents à la maladie à travers le théâtre et la musique.

 

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