Le Parlement européen souhaite mieux encadrer les influenceurs financiers
« Nous ne pouvons pas laisser l’éducation financière aux mains des plateformes », a martelé Dania Riba i Giner, du groupe Les Verts (écologistes). Le sujet sur la table est l’émergence des influenceurs financiers ou « finfluenceurs », ces créateurs de contenus partageant des conseils d’investissements et de gestion de patrimoine sur les réseaux sociaux. Le Parlement européen appelle notamment ce jeudi à créer un label volontaire pour les influenceurs qui respecteraient un code de conduite européen, afin de permettre plus de transparence et une meilleure prévention contre la fraude financière. Ce label vise à distinguer clairement entre les « finfluenceurs » proposant des contenus éducatifs et ceux ayant des intérêts financiers cachés et qui escroquent leurs audiences grandissantes. Selon l’Institut français d'opinion publique, en France, 29 % des moins de 35 ans auraient été victimes d'escroquerie financière en 2024.
Allan Moutet
En plein conflit au Moyen-Orient, la question reste à la porte de l’hémicycle : faut-il suspendre l’accord d’association avec Israël ? La droite refuse d’en débattre au Parlement européen, malgré une pétition.
Contrôle du budget 2024 : un feu vert mais une demande d'explications
Le Parlement européen a validé la gestion du budget de l’Union européenne pour 2024, tout en adressant une série de critiques à l’exécutif. En ligne de mire, l’opacité du fonds de relance post-Covid (FRR) : le Parlement exige que la Commission publie la liste des principaux bénéficiaires à la fin de l’année, sous peine d’action en justice. « Nous voulons veiller à protéger le droit des citoyens de savoir où vont les flux d’argent », a indiqué Daniel Freund (Les Verts, écologistes), en charge du dossier. Les députés ont aussi pointé du doigt le recul continu de l’État de droit, la corruption systémique et les attaques contre les droits fondamentaux dans plusieurs États membres, réclamant plus de sanctions. L’élu des Verts a visé directement la Slovaquie, en demandant le lancement d’une procédure de conditionnalité pouvant aller jusqu’au gel des fonds.
Salomé Fabre
« Chaque avancée pour le bien-être animal, c'est une victoire », s’exclame Tilly Metz, eurodéputée (les Verts, écologistes), après le vote d’une réglementation pour garantir le bien-être des chats et des chiens. Adopté à une large majorité au Parlement européen à Strasbourg ce mardi 28 avril 2026 (558 voix pour, 35 contre et 52 abstentions), ce texte prévoit un certain nombre de mesures afin de protéger les animaux de compagnie contre les mauvais traitements. Un engagement nouveau de l’Union européenne (UE) qui légifère pour la première fois sur ce sujet.
Une pétition « record »
Face au blocage institutionnel, la gauche mise sur la pression citoyenne pour suspendre l’accord avec Israël. Une initiative citoyenne européenne (ICE) lancée par le groupe The Left (gauche radicale) a déjà réuni près de 1,2 million de signatures, « un record dans l’histoire de l’UE », selon la co-présidente, Manon Aubry, qui veut remettre le sujet sur la table dès la prochaine session. « Ce que les États se refusent à faire, les citoyens pourront les y contraindre. »
L’ICE oblige entre autres la Commission à réexaminer la question. Le débat devrait ainsi revenir au Parlement et au Conseil des ministres au rythme lent des procédures européennes. Mais la guerre n’attend pas : Israël maintient son emprise sur le Sud-Liban et les raids aériens se prolongent à Gaza. Plus de 70 000 Palestiniens et 1 200 Israéliens ont trouvé la mort depuis le début du conflit en octobre 2023. Au Liban, le bilan dépasse les 2 500 morts et 7 800 blessés.
Salomé Fabre et Emma Simon
Négociations en suspens
La suspension partielle est depuis restée dans les couloirs. Mardi 21 avril 2026, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères, la proposition a de nouveau été débattue. L’Espagne, l’Irlande et la Slovénie poussent encore pour un rééxamen du respect de l’article 2 en raison « des violations continues de l'accord de cessez-le-feu, de l'escalade de la violence en Cisjordanie, des attaques contre la population civile au Liban et de l'approbation de la peine de mort par le Parlement israélien ».
L’Allemagne, la Hongrie, l’Italie et la République tchèque y restent opposés. Parmi les motifs invoqués : l’impact sur le peuple israélien, des raisons historiques, d’alliance, ou encore le fait que la suspension bloquerait toute négociation avec Israël. Faute de consensus, les Vingt-Sept explorent désormais des mesures alternatives, comme l’interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie. La France et la Suède ont ainsi cosigné un document invitant la Commission à étudier la faisabilité d’instaurer des droits de douane sur ces produits.