Ces munitions ne correspondent pas aux pièces d’artillerie 152 mm des anciennes Républiques soviétiques et nécessitent un entraînement supplémentaire pour leur utilisation. Le rapport parlementaire propose donc d’unifier les normes européennes d’armement.
Selon les parlementaires, la seconde solution est celle des économies d’échelle. Grâce à des achats groupés de l’UE et des productions communes, les États membres pourraient économiser jusqu’à 57 milliards d’euros selon la direction générale des services de recherche parlementaire. Bertrand De Cordoue, conseiller défense et armement de l’institut Jacques Delors, renchérit : “Le marché unique de la défense permettrait de donner une perspective de croissance à l’industrie de l’armement, qui gagnerait en compétitivité à l’échelle européenne mais aussi mondiale
Facile à dire, moins facile à faire
Si l’Europe de la défense n’est pas encore une réalité, c’est que deux principes s’opposent : la rationalité qui pousse les États à s’unir et la souveraineté qui pousse les États à l’individualisme.
Le rapport parlementaire dénonce un recours trop systématique et “abusif” à l’article 346 du traité de fondation de l'Union Européenne. L’article, demandé par Charles de Gaulle, stipule que chaque État membre reste souverain sur sa défense. “C’est une des dernières frontières du régalien” selon Renaud Bellais, codirecteur de l'Observatoire de la défense de la Fondation Jean Jaurès. C’est une ligne rouge pour de nombreux pays qui craignent que leurs capacités de défense en soient diminuées. “Est-ce qu’on peut faire confiance à un autre État quand il s’agit de la survie du nôtre ?” interroge Renaud Bellais. Pour Christophe Gomart, eurodéputé du PPE, Bruxelles n’a pas à intervenir. “L’Union européenne n’a pas besoin d’un marché unique mais d’un marché intergouvernemental fondé sur la coopération volontaire, les achats conjoints et une Commission qui reste à sa place.”
Actuellement, l’industrie de la défense se trouve principalement dans les mains des grands pays européens comme la France et l’Allemagne. Mais la donne pourrait changer avec l'avènement d’un marché unique de la défense, d’après Bertrand De Cordoue. “La préférence européenne et la volonté de s’extraire des Etats-Unis peuvent fonctionner uniquement si on donne la possibilité aux autres pays de développer leur industrie de l’armement.” C’est notamment le cas de l’Allemagne qui a ouvert en août 2025 la plus grande usine de munitions d'Europe.
Renaud Bellais rappelle : “La décision finale reste celle des États. La Commission ne peut que les inciter à développer un marché unique de la défense.”
Antoine Dana et Sacha Laudrin Laroche
Europe de la défense, 27 ne font pas 1
Dans l’espoir d’empêcher l’adoption en session plénière, nombreuses organisations européennes de la société civile se mobilisent pour interpeller et convaincre les eurodéputés du PPE de voter contre le texte. Aucune date officielle de vote en session plénière n'a encore été communiquée.
Chloé Laurent et Léo Sallé
La possibilité de placer en détention “en dernier recours” des enfants et mineurs non accompagnés suscite l’inquiétude. Pour Saskia Bricmont, eurodéputée du groupe Les Verts (écologistes), cette disposition est contraire à l’intérêt supérieur de l'enfant, un principe de droit international consacré en 1989 par la Convention des Nations unies. “Pour le PPE et l’extrême-droite, le règlement ne viole pas l’intérêt supérieur de l’enfant car l’enfermement protège le mineur. Or quand on connaît l’impact sur la santé mentale, on ne peut dire ça”.
L’inégalité de rémunération et des retraites entre les femmes et les hommes persiste dans l’Union européenne. L’écart moyen de salaire s’élève à 12 % selon le rapport débattu ce lundi au Parlement. Un constat qui fait consensus chez les eurodéputés, mais les politiques de genre, comme la directive sur la transparence des salaires adoptée en 2023, se heurtent à des obstacles.
“Il y a 27 acheteurs et 27 offreurs”
Malgré la volonté affichée par l’ensemble des groupes parlementaires de construire un marché européen unique de la défense, il reste encore du travail avant d’y parvenir. “En matière de défense, nous maintenons 27 petits marchés distincts au lieu d'agir comme un seul. Cette fragmentation nous rend plus faibles, plus lents et beaucoup plus coûteux que nécessaire”, explique Tobias Cremer, rapporteur S&D du texte. Pour éviter cette fragmentation, les parlementaires proposent deux solutions. La première est la normalisation. “Nous constatons aujourd’hui sur les champs de bataille que la fragmentation peut même être mortelle” précise l’eurodéputé en référence aux envois d’armes. En effet, pour soutenir l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie, les pays de l’Otan ont envoyé des missiles d’artillerie de calibre 155 mm à l’armée de Zelensky. Ces munitions ne correspondent pas aux pièces d’artillerie 152 mm des anciennes Républiques soviétiques et nécessitent un entraînement supplémentaire pour leur utilisation. Le rapport parlementaire propose donc d’unifier les normes européennes d’armement.
Selon les parlementaires, la seconde solution est celle des économies d’échelle. Grâce à des achats groupés de l’UE et des productions communes, les États membres pourraient économiser jusqu’à 57 milliards d’euros selon la direction générale des services de recherche parlementaire. Bertrand De Cordoue, conseiller défense et armement de l’institut Jacques Delors, renchérit : “Le marché unique de la défense permettrait de donner une perspective de croissance à l’industrie de l’armement, qui gagnerait en compétitivité à l’échelle européenne mais aussi mondiale.”
Facile à dire, moins facile à faire
Si l’Europe de la défense n’est pas encore une réalité, c’est que deux principes s’opposent : la rationalité qui pousse les États à s’unir et la souveraineté qui pousse les États à l’individualisme.
Le rapport parlementaire dénonce un recours trop systématique et “abusif” à l’article 346 du traité de fondation de l'Union européenne. L’article, demandé par Charles de Gaulle, stipule que chaque État membre reste souverain sur sa défense. “C’est une des dernières frontières du régalien” selon Renaud Bellais, codirecteur de l'Observatoire de la défense de la Fondation Jean Jaurès. C’est une ligne rouge pour de nombreux pays qui craignent que leurs capacités de défense en soient diminuées. “Est-ce qu’on peut faire confiance à un autre État quand il s’agit de la survie du nôtre ?”, interroge Renaud Bellais. Pour Christophe Gomart, eurodéputé du PPE, Bruxelles n’a pas à intervenir. “L’Union européenne n’a pas besoin d’un marché unique mais d’un marché intergouvernemental fondé sur la coopération volontaire, les achats conjoints et une Commission qui reste à sa place.”
Actuellement, l’industrie de la défense se trouve principalement dans les mains des grands pays européens comme la France et l’Allemagne. Mais la donne pourrait changer avec l'avènement d’un marché unique de la défense, d’après Bertrand De Cordoue. “La préférence européenne et la volonté de s’extraire des Etats-Unis peuvent fonctionner uniquement si on donne la possibilité aux autres pays de développer leur industrie de l’armement.” C’est notamment le cas de l’Allemagne qui a ouvert en août 2025 la plus grande usine de munitions d'Europe.
Renaud Bellais rappelle : “La décision finale reste celle des États. La Commission ne peut que les inciter à développer un marché unique de la défense.”
Antoine Dana et Sacha Laudrin Laroche
En réaction à ce texte, Michael O’Flaherty, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, alerte : “La protection des droits humains n’est pas un obstacle au bon fonctionnement du système migratoire.” Olivia Carniel, responsable des questions européennes à la Cimade, association de solidarité aux étrangers en situation irrégulière, partage cet avis : “Cela contribuera à précariser beaucoup de personnes au sein de l’UE.” Chaque année, des centaines de milliers de ressortissants sont concernés par un ordre de retour.