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Après seulement quelques jours, les grains de riz plantés par Pornthap ont déjà bien poussé. © Arthur Besnard

Pour s’adapter au changement climatique, Thitiwat essaye de renouveler ses cultures en plantant du riz vietnamien. © Arthur Besnard

À Samut Sakhon, les moules - molusques épargnés par le tilapia - sont de plus en plus pêchées. © Anouk Seveno

Des entreprises qui s’adaptent aux pressions internationales 

Thai Union, leader mondial de la mise en conserve du thon – qui détient notamment Petit Navire et Parmentier – a réalisé un chiffre d’affaires de 132,72 milliards de bahts (3,51 milliards d’euros) en 2025. Malgré les puissants moyens financiers et politiques dont disposent les grosses entreprises, reste une contrainte forte : la pression internationale. En 2014, une enquête du Guardian, en parallèle d’autres médias,révélait que l’entreprise CP Foods se fournissait via une chaîne d’approvisionnement alimentée par des bateaux esclavagistes, profitant de la main-d’œuvre de migrants, pour la plupart birmans ou cambodgiens. D’autres entreprises prospéraient aussi grâce à ce système illégal.

Un an plus tard, la Commission européenne adressait un carton jaune à la Thaïlande pour ces pratiques de pêche illicites. La menace d’un arrêt des échanges commerciaux avec la zone européenne, couplée d’une forte pression états-unienne, a poussé le pays à lutter contre ces pratiques. Le gouvernement a ainsi investi plus de 80 millions d’euros dans la transition du secteur, supprimant les bateaux non conformes et mettant en place un système de traçabilité pour lutter contre les sorties en mer non déclarées. En 2019, face aux progrès réalisés, l’UE a retiré sa sanction et négocie actuellement un accord de libre-échange avec la Thaïlande.

Rangsan Kaendaeng pêche depuis ses 15 ans. Au fil des années, il a observé la chute de la biodiversité dans le golfe de Thaïlande. © Eva Lelièvre

À Samut Sakhon, les pêcheurs vendent leurs prises quotidiennes au marché de Mahachai. Dès 5h00 du matin, l'effervescence commence. © Anouk Seveno

À Samut Sakhon, les pêcheurs vendent leurs prises quotidiennes au marché de Mahachai. Dès 5h00 du matin, l'effervecence commence. © Anouk Seveno

Arthur Besnard

Pauline Moyer

Nutwaree Titwattanasakul

En réponse à cette crise, la classe politique « n’a pas les outils » pour faire les investissements adéquats, d’après Cyrille Moyon. Parmi les freins, le spécialiste cite l’impact de la corruption sur les investissements publics, ou encore la défiance commerciale entre les pays de l’Asie du Sud-Est, empêchant tout investissement collectif.

Thitiwat, lui, dit ne plus faire confiance aux partis au gouvernement, dont il dénonce la connivence avec les élites économiques. Malgré tout, il ne manque pas de nostalgie en évoquant la politique de subvention qui, dans les années 2000, a accordé des prêts avantageux aux agriculteurs. Thaksin Shinawatra, largement soutenu dans les campagnes, était alors Premier ministre.

Aujourd’hui, Thitiwat travaille parfois avec des élus du Parti du peuple, qui représentent une opposition centriste libérale ; mais il doute de leur capacité à agir face à l’influence des grandes corporations agroalimentaires.

Au moins, la récolte de cette année s’annonce bonne. Prophétie des bœufs ou non, c’est avec un sourire non dissimulé que Thitiwat nous montre son champ fraîchement germé.

L'action publique à la traîne

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