L’impact de la pollution sonore sur la santé est de mieux en mieux documenté. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande des seuils limites à ne pas dépasser, bien plus stricts que ceux qui existent en Europe : 53 dB en journée pour les nuisances routières contre 68 dB. D’après l’indicateur Daly (disability adjusted life year) utilisé par l’OMS, qui estime l’impact du bruit sur la santé, à la Montagne-Verte, les habitants du quartier perdent en moyenne quatre à cinq mois de vie en bonne santé à cause de la pollution sonore. C’est plus que les trois mois en moyenne dans l’Eurométropole de Strasbourg (EMS), mais deux fois moins qu’en Île-de-France (10,7 mois par habitant).
"Le problème, c’est vraiment l’accumulation", met en garde David Écotière, chercheur en acoustique au Centre d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et les aménagements (Cerema). "Si j’habite à côté d’une autoroute, ça fait du bruit, mais le lendemain, je ne vais pas être mort. Les premiers jours, le rythme cardiaque peut un peu augmenter, la tension aussi, et au bout de quelques mois on a l’impression qu’on est habitué mais il y a certains paramètres physiologiques qui, eux, ne reviennent pas à la normale."
Une maison de santé en débat
Elle est à la fois le cœur battant du quartier et le principal souci de la Montagne-Verte. La route de Schirmeck, avec son trafic constamment engorgé aux heures de pointe, ralentit les automobilistes et pèse sur le quotidien des habitants.
Eva Billion et Morgane Joulin
L’ARS explique cette situation par une offre de soins insuffisante, des difficultés d’accès et un faible renouvellement des professionnels. En quatre ans, douze médecins sont partis sans être remplacés : un dermatologue, un ORL, un orthodontiste, deux dentistes, trois gynécologues et quatre généralistes. "Avant, ma mère allait chez la docteure Starkova, raconte Céline, 29 ans. Depuis, elle fait comme moi et va à l’hôpital de Hautepierre pour ses rendez-vous chez le gynécologue." Françoise, 78 ans, a carrément baissé les bras et ne cherche plus à consulter.
Parkings rares et traversée dangereuse : un casse-tête pour les familles
Service minimum en pédiatrie
Vianney Rohfritsch précise : “Les concessions sont renouvelées la plupart du temps. Ça reste un cimetière familial.” Seules les tombes en fin de concession sont enlevées, selon les nécessités. Les proches choisissent souvent la durée de concession la plus courte qui est de quinze ans, “surtout en raison du coût” : 380 euros contre 1 900 euros pour cinquante ans en ce qui concerne les tombes à double profondeur.