En contrebas du parc Gruber est installé Libre Objet, une association accueillant des personnes en contrats aidés. Ces derniers réalisent en petite série des objets conçus par des artistes, souvent à partir de matériaux recyclés. L’atelier s’est implanté à Koenigshoffen il y a deux ans, au niveau du parc Gruber, mais existe depuis 1997.
Le choix de Koenigshoffen ne s'est pas fait par défaut : "Le quartier a l’avantage d’être desservi en transports en commun et d’avoir un parking gratuit, contrairement à Strasbourg et même nos anciens ateliers", indique François Oberling. Les jeunes en insertion travaillant à Libre Objet ne viennent pas de Koenigshoffen, mais de l’Eurométropole en général, et n’ont pas de moyens de locomotion. François Oberling habite quant à lui à la Robertsau et met quarante minutes pour venir. "Pas un souci" pour lui.
En l’espace de deux ans, il a pu constater une évolution de Koenigshoffen, notamment la réhabilitation de nombreux bâtiments au début de la route des Romains. Et si le quartier lui convient bien, il le trouve néanmoins délaissé : "Il n’y a pas de centre-ville à Koenigshoffen, c’est la route des Romains qui en tient ce rôle, note-t-il. Mais les élus souhaitent dynamiser le quartier." Avant de conclure : "Un des plus gros problèmes ici, c’est le manque d’offre culturelle. Il n’y a rien."
Mehmet Akbalik gère Au Poilu depuis cinq ans, un bar-restaurant qu’il a repris alors qu’il était fermé depuis un an et ne cessait de changer de propriétaire. Il tenait auparavant un bar sur Illkirch et c’est « l’envie de changement » qui a motivé sa venue ici. Son bar-restaurant sert 15 à 20 couverts et propose un plat du jour le midi et des tartes flambées et pizzas le soir.
Lui et sa famille habitent à Schiltigheim, à 15 minutes en voiture mais il rencontre parfois des difficultés pour stationner. La cause ? Les travaux du tramway, censé arriver en 2020, qui touchent tout le début de la route des Romains dont son commerce. "Les gens voient les travaux, ils ne peuvent pas stationner, font 2-3 fois le tour du quartier et s’en vont, se plaint-il. Le bar est peu accessible, hormis à pied."
Une partie de sa terrasse extérieure a déjà été fermée lors des travaux et devrait encore l’être lors de la construction des rails. "J’ai perdu 30 % de mon chiffre d’affaires depuis le début des travaux du tram", souffle-t-il. En réponse, il a monté un dossier afin d’obtenir des compensations mais attend toujours un signe de l’Eurométropole.
Mehmet Akbalik se montre sceptique sur le projet : "Le bus dessert déjà bien le quartier, le tram aura un faible impact." Il espère tout de même observer une hausse de la fréquentation de son enseigne et "accueillir une clientèle plus diversifiée que les habitués qui s’y succèdent."