
Paris FC-Strasbourg signe ce samedi la première rencontre entre le club alsacien et l’entraîneur anglais depuis son départ à Chelsea, également propriété de BlueCo, en janvier 2026.
Peut-on pardonner son ex après que ce dernier vous ait trompé avec un membre de votre famille ? Voilà un dilemme auquel sont confrontés les supporters strasbourgeois ce week-end. Neuf mois après son départ, Liam Rosenior, tacticien du Racing de juillet 2024 à janvier 2026, affronte son ancien club ce samedi 17h15. Une retrouvaille particulière, sous fond de multipropriété, en plein essor dans le monde du ballon rond.
Le 1er janvier, le club londonien Chelsea, propriété de BlueCo, annonce le licenciement d’Enzo Maresca. Son successeur : Liam Rosenior, toujours son contrat avec le Racing Club de Strasbourg, également dans le giron du fonds américain. Les supporters, dépossédés de l’entraîneur qui les a qualifiés dans une compétition européenne, n’en reviennent pas. Antoine, étudiant en master comptabilité, est l’un des leurs. Voir le coach de son équipe partir en milieu de saison du jour au lendemain a été l'illustration parfaite des dérives de de la multipropriété.
Pour Hugo, abonné à la tribune Ouest, le Racing est avant tout une histoire de famille. L’amour qu’il voue au club : un héritage de son père et son grand-père qui l'accompagnent dès l’âge de 6 ans, en 2009, saison où le club est relégué en Ligue 2, à la Meinau. Mais l’épisode de l’hiver dernier reste toujours en travers de sa gorge. « Quand il est parti à Chelsea, c'était mission impossible », analyse-t-il. Arrivé dans un club de haut standing avec des attentes conséquentes sur les résultats en Premier League et en Ligue des Champions, le coach anglais est viré le 22 avril 2026, après trois mois passés à la tête de l'équipe. « Il a été envoyé au casse-pipe », résume le militaire âgé de 23 ans.
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« C’était un choix perdant-perdant »
Pour la plupart des personnes interrogées, un mot revient à l’évocation du cas Rosenior : la « rancœur ». « On a vécu des trucs avec lui qu'on n'aurait pas forcément vécu avec d'autres coachs », résume Hugo. Si ce sentiment domine chez les Strasbourgeois, c’est notamment parce que l’anglais a emmené le club à des sommets. Aussi bien tactiquement que sportivement.
« On a vécu des trucs avec lui qu'on n'aurait pas forcément vécu avec d'autres coachs »
Hugo, abonné à la tribune de Ouest
Antoine retient de son passage principalement du « positif ». Les matchs à la Meinau le week-end était synonyme de plaisir pour lui. Avec un jeu porté vers l’avant, Liam Rosenior semblait proche de ses joueurs. « Pour moi, il était parfait avec le groupe », s'enthousiasme le jeune homme. Pour Alexis, membre de l’association Kop Bleu Ciel, la réalité était un peu différente. Dès le début de saison 2025/2026, il commence à se poser des questions sur ses limites tactiques. Liam Rosenior aura également vécu une courte – uniquement six matchs, sans compter les barrages – épopée européenne. La victoire 2-1 face au club londonien Crystal Palace est probablement son match référence. Un « bon souvenir » pour Alexis, entaché par cette séparation précipitée.
Pour autant, Antoine, son départ, il l’a toujours compris. « Il vient de Londres, t'as Chelsea qui t’appelle, je m’attendais pas à ce que le mec dise non ». Même s’il juge avec du recul qu’il s’agissait d’un « choix perdant-perdant », il se dit « content » de voir Liam Rosenior s’épanouir avec le Paris FC. Une décision « digérée » du côté d’Alexis, malgré ses « déclarations complétements lunaires » en conférence de presse. « Quand il s’explique en disant qu'il était obligé de partir parce que Chelsea est le meilleur club au monde, j'ai pas compris », souffle-t-il. Des arguments inaudibles pour l’abonné à la tribune Ouest de la Meinau.

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Des supporters confiants pour samedi
A quoi peut-on s’attendre de la part des supporters strasbourgeois ce samedi ? Antoine, qui ne fera pas le déplacement à Paris, ne se verrait pas siffler son ancien entraîneur, bien qu’il imagine « un peu de contestation » de la part du Kop. Une évidence pour « un mec qui a claqué la porte en plein milieu de saison ».
Après un début de saison encourageant de la part du Racing – deux victoires, un nul et une défaite – Hugo et Alexis ne redoutent pas un revers face au Paris FC. Le club parisien affiche pourtant un très bon niveau et est allé chercher, lors de la troisième journée de Ligue 1, une victoire face à l’OM au Vélodrome. Hugo espère surtout que « le tacticien soit reconnaissant au club » qu’il supporte depuis tant d’années
Antoine a, lui, déjà coché le 6 février dans son agenda, date à laquelle Liam Rosenior fera son retour à la Meinau. Il sera surtout attentif à l’attitude d’après match du coach anglais. « Je ne jugerai jamais un acteur pendant un match. Par contre je l’imagine mal aller au milieu du terrain, applaudir tout le monde à la fin de la rencontre. » Reste à savoir qui, de Rosenior ou du Racing, paiera les pots cassés de ces retrouvailles demain à 17h15.
Léo Sallé
Édité par Sacha Laudrin Laroche