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07/02/25
10:51

Bande de Gaza : suite au plan de Trump, Israël prépare l’exil “volontaire” des Palestiniens

Le ministre de la Défense israélien a annoncé le 6 février un plan pour un départ "volontaire" des Palestiniens de la bande de Gaza. Cette déclaration s’inscrit dans le projet de Donald Trump d’une prise de contrôle américaine du territoire et du départ de ses habitants.

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Plus de 2 millions de Palestiniens vivent aujourd'hui dans la bande de Gaza. Photo Hosny Salah/Pixabay

Israël a dit jeudi 6 février préparer un plan pour un départ "volontaire" de Palestiniens de la bande de Gaza, malgré le tollé international provoqué par la proposition de Donald Trump d'une prise de contrôle américaine du territoire palestinien et d'un déplacement de sa population.

Le ministre de la Défense israëlien, Israël Katz, a déclaré avoir "ordonné à l'armée de préparer un plan qui permettra à tout Gazaoui le souhaitant de partir vers n'importe quel endroit du monde qui accepte de l'accueillir". Le plan, a-t-il ajouté, comprendra "des options de sortie" terrestres et "des dispositions spéciales pour les sorties par voie maritime et aérienne". 

Les quelque 2,4 millions de Palestiniens de la bande de Gaza ne peuvent actuellement pas quitter le territoire, assiégé par Israël et largement détruit par la guerre contre le Hamas, déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien du 7 octobre 2023. Une trêve est entrée en vigueur le 19 janvier.

Le président américain a annoncé son plan mardi, au côté du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à la Maison Blanche. Le chef d’Etat israélien a qualifié de "remarquable" l'idée de son homologue américain. Evoquant sa rencontre avec Trump, il a déclaré ensuite penser "qu'il faut bien étudier cette idée, qui est la plus originale qui a été proposée depuis des années", dans une vidéo sur X.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, contre lequel Israël a mené une guerre dévastatrice à Gaza pendant 15 mois, a affirmé que la proposition du président américain était "une déclaration d'intention d'occuper" le territoire palestinien. "Nous refusons de remplacer une occupation par une autre. Gaza appartient à son peuple, qui ne partira pas", a affirmé le Hamas, dont l'attaque du 7 octobre 2023 menée à partir de Gaza dans le sud d'Israël voisin a déclenché la guerre. 

Un plan illégal selon l’ONU

En lançant l'idée d'une prise de contrôle américaine de Gaza afin de la reconstruire et d'en faire la "Côte d'Azur du Moyen-Orient", Donald Trump a répété que ses habitants pouvaient être déplacés vers l'Egypte et la Jordanie, qui ont pourtant rejeté cette option.

Ce jeudi, il est revenu à la charge. Gaza sera "remise aux Etats-Unis par Israël à la fin des combats", ajoutant que, d'ici là, les Palestiniens "auraient déjà été réinstallés" ailleurs dans la région. "Aucun soldat américain" ne sera nécessaire pour ce faire. Le département d'Etat américain a annoncé le 6 février que son chef de la diplomatie, Marco Rubio, se rendrait en Israël, aux Emirats, au Qatar, et en Arabie saoudite à la mi-février. Ce sera le premier voyage du secrétaire d'Etat dans la région.

Et pour l'ONU, ce plan est illégal au regard du droit international. "Tout transfert forcé ou déportation hors des territoires occupés sont strictement prohibés", a souligné le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk. Face au tollé, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a dit "encourager" les pays qui critiquent le plan Trump "à apporter une solution et une réponse au problème".

L'Egypte et la Jordanie, qui reçoivent des aides américaines cruciales, et l'Arabie saoudite, poids lourd du Moyen-Orient, ainsi que d'autres pays arabes et occidentaux ont rejeté le plan américain. Le roi de Jordanie Abdallah II doit rencontrer Donald Trump le 11 février à Washington.

Dans la bande de Gaza, de nombreux déplacés palestiniens qui ont retrouvé leurs maisons en ruines ont dit à l'AFP exclure tout départ.n"Nous n'avons qu'une option: vivre ou mourir ici", déclare Ahmed Halassa, un habitant de Gaza-ville. "Ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Nous resterons dans notre patrie." 

Yanis Drouin avec l'AFP

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