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Le 13 février, au cours d’une conférence de presse organisée spécialement pour l’occasion, la Présidente de la République de Moldavie, Maia Sandu, a publiquement accusé la Russie de chercher à déstabiliser son pays, voire de chercher à « renverser le gouvernement légitime et d’installer un gouvernement illégal contrôlé par la Fédération de Russie »

Ce faisant, la cheffe d’État moldave a repris à son compte les révélations de Volodymyr Zelensky qui, le 9 février à Bruxelles, assurait aux chefs d’États européens que les services de renseignement ukrainien avaient intercepté des documents russes prouvant que des actions violentes se préparaient en Moldavie. Cette information, n’a pour l’instant pas pu être vérifiée par une source indépendante.

Une cinquième colonne pro-russe

Maia Sandu affirme que Moscou aurait infiltré des agents russes, biélorusses, monténégrins et serbes en Moldavie. Ces « saboteurs », d’après la cheffe d’État, auraient le profil « d’anciens militaires camouflés en civil » et leur mission serait d’organiser des manifestations violentes, mais aussi des « prises d’otage » et des « attaques contre des bâtiments gouvernementaux ».

En définitive, ce plan viserait à « stopper le processus d’intégration [de la Moldavie] à l’Europe, mais aussi à faire de la Moldavie une base que la Russie pourrait utiliser dans sa guerre en Ukraine », conclut la Présidente. Une menace d’autant plus plausible que le 10 février, la Russie n’a pas hésité à envoyer trois missiles survoler l’espace aérien moldave pour frapper des cibles ukrainiennes dans le nord du pays.

Pour la Russie et l’opposition, un contre-feu

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi ce mardi 14 février. Balayant dans un communiqué ce qu’il considère être des « allégations infondées », il accuse Maia Sandu de vouloir « détourner l'attention des citoyens moldaves des problèmes intérieurs rencontrés par le pays ».

Une position partagée par l’opposition moldave. Le Parti Șor, du nom du sulfureux politicien et homme d’affaire pro-russe Ilan Șor – qui se trouve actuellement en résidence surveillée du fait de son implication présumée dans une fraude bancaire d’un milliard de dollars – appelle les Moldaves à manifester dimanche pour forcer le gouvernement à régler leurs factures de gaz, dont le prix a explosé depuis l’invasion russe de l’Ukraine, voisine de la Moldavie.

Quel futur pour la Moldavie ?

La crise économique qui s’en est suivie pourrait remettre en cause la politique menée par Maia Sandu depuis son arrivée au pouvoir en 2020. Cette politicienne de centre-droit a été élue sur la base d’un programme résolument pro-européen et anticorruption. En 2015, alors qu’elle occupait le poste de ministre de l’Éducation, elle appelait déjà de ses vœux une « classe politique qui aime plus le peuple que ses poches », critiquant la mainmise des oligarques pro-russes comme Ilan Șor sur les maigres ressources du pays. Sous son mandat, la Moldavie s’est rapprochée de l’Otan et de l’Union Européenne (UE) avec, pour cette dernière, un dossier de candidature déposé en mars 2022 et la reconnaissance officielle de son statut de candidat par les Vingt-Sept en juin 2022.

Alors que la guerre en Ukraine a conduit l’UE à accélérer l’examen du dossier moldave, l’effondrement de l’économie moldave qui l’a accompagnée pourrait mettre un coup d’arrêt à l’occidentalisation du pays. En effet, depuis l’été dernier, la Russie a diminué de moitié ses livraisons de gaz à la Moldavie, provoquant une inflation record dans le pays (atteignant 27,3% en janvier 2023) et accentuant l’exode de la population vers l’Europe centrale et de l’ouest. Depuis septembre, l’opposition pro-russe profite de la situation pour affaiblir le gouvernement de Maia Sandu en organisant des manifestations à répétition dans la capitale, Chișinău.

L’impopularité grandissante de son gouvernement a conduit la Première ministre Natalia Gavrilita à démissionner le 10 février. Son remplaçant désigné, Dorin Recean, est lui aussi issu de la formation politique de Maia Sandu et farouchement pro-européen. Mais si la situation économique des foyers moldaves ne s’améliore pas prochainement, l’avenir du camp pro-occidental semble incertain.

Matei Danes

Un succès. Un mois et demi après son entrée en vigueur le 1er janvier 2023, la gratuité des préservatifs pour les moins de 26 ans a provoqué une hausse significative de leur consommation, à l’échelle nationale. Les premiers résultats annoncés la semaine dernière, sur Twitter, par le ministre de la Santé, François Braun, l’attestent : « En janvier, 2 millions de préservatifs ont été remboursés par l’Assurance maladie. »

Les médecins libéraux manifestaient à Paris ce mardi 14 février, du ministère de la Santé au Sénat. © ReAGJIR

Luca Salvatore

Édité par Camille Aguilé

Les praticiens sont en grève ce mardi 14 février. Alors que les négociations avec l’Assurance maladie sur les tarifs de consultation patinent, la pression monte avec l’arrivée au Sénat de la proposition de loi Rist. 

C’est quatre fois plus que l’an dernier, à la même période. Après le pic de janvier, consécutif à un effet d’annonce, une baisse progressive sera-t-elle enregistrée les prochains mois ? S’il faut encore patienter pour obtenir des chiffres représentatifs de la mesure, à Strasbourg, les pharmacies situées sur le campus de l’université partagent pour l’instant toutes le même constat : de plus en plus de jeunes poussent les portes des officines.

Des ventes multipliées par trois

Derrière le comptoir de la Pharmacie des Alpes, rue de Lausanne, Anaïs et ses collègues ont plus que doublé leurs ventes. « Nous avons écoulé 32 boites de préservatifs depuis le début d’année. Habituellement, on tourne autour d’une quinzaine. C’est significatif. » À tel point que les conditionnements de douze pièces sont en rupture de stock chez le fournisseur Eden, l’une des deux marques, avec Sortez couverts !, qui permet un remboursement à 100% sur présentation de la carte vitale. Pour la préparatrice en pharmacie, la mesure a incité les plus réticents à s’adresser aux professionnels de santé. « Il pouvait encore exister une forme de timidité ou de honte à venir acheter des préservatifs. La gratuité rend la démarche plus populaire. L’aspect économique n’est pas négligeable, notamment pour les étudiants qui n’ont pas toujours les moyens. »

Sylvie, elle, reçoit chaque jour une dizaine de clients éligibles au dispositif, à la Pharmacie de l’Ange. Des étudiants, mais aussi des lycéens, auprès de qui l’information a très vite circulé. « Les mineurs représentent une proportion importante des demandes. Ils bénéficient de l’anonymat lié à leur âge. C’est très important pour eux. » Une cible d’autant plus importante à toucher que 15 % des nouveaux cas de séropositivité ont concerné les moins de 25 ans, en 2021, selon les données de Santé Publique France.

Un coup de projecteur bienvenu

Située dans le quartier le plus étudiant de la métropole strasbourgeoise, la Pharmacie de l’Esplanade est au coeur des problématiques de santé des plus jeunes. Leïla, une des préparatrices, se réjouit de la fréquentation des officines de la ville. « Nous avons une situation géographique stratégique pour constater une tendance, et elle est sans aucun doute à la hausse. » Pour Anaïs, sa consoeur, la gratuité des préservatifs est à mettre en parallèle avec un autre traitement pris en charge à 100% et sans critère d’âge, depuis le 1er janvier 2023 : la pilule du lendemain. « Certains adolescents ou jeunes adultes oublient que les préservatifs ne sont pas de simples contraceptifs. Ils ont l’impression d’être protégés car la contraception d’urgence existe. J’espère que cette mesure permettra de remettre un coup de projecteur sur les conséquences des infections sexuellement transmissibles. »

Dans les allées du campus, comment cette mesure est-elle accueillie par les principaux intéressés ? À deux pas de la faculté de droit, Tom et ses amis sont enthousiastes. « Franchement, tant qu’on peut en profiter gratuitement, on prend », souligne le jeune homme. Ce matin-là, sur vingt étudiants interrogés, seize avaient entendu parler de la gratuité des préservatifs. Parmi eux, la moitié s’en étaient procuré depuis le 1er janvier. Les autres, eux, se disent prêts à franchir le pas. « J’y vais tout de suite, c’est la Saint-Valentin aujourd’hui ! »

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