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Un à un, ils descendent du car, sac sur le dos. Il est 16h45 à Crastatt (Bas-Rhin) ce jeudi 26 mars, l’heure pour les enfants de rentrer chez eux après leur journée d’école dans la commune voisine de Hohengœft. Sur la place du village, une poignée de parents est rassemblée pour attendre l’arrivée des maternelles et élémentaires. La petite commune de 300 habitants a attiré l’attention en raison de son important niveau de participation aux élections municipales les 15 et 22 mars 2026 : 82,1 % au premier tour et 87,5 % au second, contre une moyenne nationale de 57 %. « C’est remonté même jusqu’à Strasbourg, se réjouit Laëtitia, habitante du village depuis huit ans, qui patiente adossée à un muret, une large paire de lunettes de soleil marron sur les yeux. On a fait parler de nous, c’est bien. On a fait connaître Crastatt ! »
La localité alsacienne n’est pourtant pas un cas isolé. Lors de ce scrutin, les villages de moins de 1 000 habitants, qui représentent 71 % des communes françaises, ont brillé par leur niveau de mobilisation. Ceux-ci enregistrent un taux de participation moyen de 63,4 % au premier tour – la plupart d’entre eux1 n’ont pas eu de second tour – soit 10 points de plus que les villes de plus de 10 000 habitants. Ces chiffres montrent notamment que l’obligation de la parité femmes-hommes sur les listes des villages de moins de 1 000 habitants n’a pas eu d’impact sur la participation. Ces territoires restent donc les champions de la mobilisation puisqu’ils observent presque systématiquement des scores plus élevés que les moyennes nationales, quel que soit le type d’élection.
Lors des élections municipales de 2026, les communes de moins de 1 000 habitants se sont démarquées par une participation supérieure de six points à la moyenne nationale. Une forte mobilisation qui s’ancre dans les spécificités de ces territoires, où chacun connaît son voisin ou sa voisine.
La justice israélienne a clos ce jeudi 12 mars le dossier de cinq soldats accusés de violences sexuelles et physiques. Webex revient sur cette affaire, révélatrice de l’impunité de la torture militaire en Israël.
Arthur Besnard
Edité par Zoé Fraslin, Lucie Porquet et Anouk Seveno
« Le procureur général de l’armée vient de donner un permis de violer à ses soldats, du moment que la victime est palestinienne », s’est offusqué le comité public contre la torture en Israël à Associated Press, suite à l’abandon des poursuites contre cinq soldats israéliens ce jeudi 12 mars. En cause : des violences sexuelles qu’ils auraient commises sur un détenu palestinien dans la prison de Sde Teiman, près de la bande de Gaza en 2024. Le médecin de la prison avait rapporté une pénétration du rectum avec un objet tranchant, menant à plusieurs lésions internes, un poumon perforé, des côtes brisées et une hospitalisation d’urgence. Des faits qui s’apparentent à un viol en réunion.
La justice a pourtant abandonné le qualificatif de viol, expliquant que des « complexités » sur les « bases probatoires » ont amené à classer le dossier. Selon le procureur, le retour de la victime à Gaza suite à un échange d’otages aurait également compliqué la procédure. Le premier ministre Benjamin Netanyahou a salué l’abandon des poursuites, estimant que « l’État d’Israël doit traquer ses ennemis, pas ses combattants héroïques ».
Aucune condamnation pour torture depuis 2001 en Israël
Pourtant, les procès pour torture sont rares en Israël : près de 1 700 plaintes ont visé des agents des renseignements en Israël depuis 2001 pour ce motif. D’après le comité public contre la torture en Israël, en 2024 seuls cinq de ces cas avaient fait l’objet d’une enquête. Aucun n’a abouti à une condamnation.
Les cas sont de plus en plus nombreux depuis le 7 octobre 2023, alors qu’Israël maintient encore plus de 10 000 Palestiniens dans ses geôles, considérés comme otages de facto par les Nations unies. Rien qu’en 2024 et 2025, l’ONG a décompté au moins 95 morts en détention et des traitements inhumains. De son côté, la Croix Rouge ne peut même pas rentrer à Sde Teiman. Un dixième des détenus fait l’objet d’une loi sur les « combattants illégaux », permettant à Israël de légitimer son non-respect des conventions internationales sur le traitement des prisonniers.
Si cette fois, les soldats de Sde Teiman ont été inquiétés, c’est aussi grâce à la divulgation illégale de vidéos des caméras de surveillances. L’acte émanait de l’ex-procureure générale des armées, Yifat Tomer-Yerushalmi, qui fait aujourd’hui l’objet d’une procédure judiciaire après avoir quitté ses fonctions sous la pression gouvernementale. Si le média +972 rappelle qu’elle n’avait jamais agi contre les crimes de guerre de son armée en deux ans de poste, la révélation de la vidéo lui a valu des accusations de traîtrise à la nation chez les réactionnaires du pays, dont Netanyahou lui-même. Après un passage en détention provisoire, la disparition temporaire de la magistrate et la découverte de sa voiture abandonnée avaient interrogé les médias israéliens sur une possible tentative de suicide.