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3. Sale temps pour les travailleurs de rue
Selon les prévisions pour 2050, Bangkok sera la ville la plus chaude d’Asie du Sud-Est. En 2026, la chaleur et la pollution détériorent déjà la santé de celles et ceux qui travaillent en extérieur. Une menace pour la survie de métiers qui font partie de la culture thaïlandaise.
Paul Marcille, Emilien Martin, Khetthapoom Srisuwan, Ploychompoo Sukhachot et Thitiphon Nualjan
Bangkok, la ville de tous les superlatifs. En 2050, selon les projections, la mégapole sera l'une des plus peuplées au monde : 20 millions d’habitant·es. L'une des plus impactées par la montée des eaux, et la ville la plus chaude de l’Asie du Sud-Est.
En 2026, la capitale de la Thaïlande subit déjà les effets du changement climatique. Ils se voient, ils se ressentent. Les températures peuvent dépasser les 50°C. Et les pluies intenses inondent les rues.
Dans les maisons sur pilotis, dans les temples bouddhistes, dans les rues agitées, les habitant·es s’adaptent. Que deviendront-ils dans les années à venir ?
Portés par un récit fictif, les étudiant·es du Centre universitaire d’enseignement du journalisme (Cuej) de Strasbourg et de l’Université Thammasat de Bangkok vous proposent cinq reportages ancrés dans le réel, sur ces enjeux brûlants. Pour mieux appréhender l’évolution de la ville d’ici 2050.
Prologue
2050. Une habitante de Bangkok retrouve une mystérieuse carte mémoire. Sur celle-ci, des reportages réalisés en 2026, avant que l’eau ne monte…
Avec plus d’un million de cas résolus sur plus de 1,2 million de plaintes déposées selon Aekvarunyoo Amrapala, porte-parole du BMA, la plateforme est devenue un symbole du mandat de Chadchart. Centrée sur des mesures concrètes, l’application permet de signaler des problèmes urbains. Traffy Fondue sert ainsi d’interface entre besoins des citoyens et administration qui se veut travailleuse.
Des complexes luxueux aux zones précaires, les déchets jonchent trottoirs neufs et canaux. Dans cette mégapole de plus de 10 millions d’habitants, sacs plastiques à usage unique, mégots et bouteilles en verre s’accumulent. Si des plans de gestion des déchets ont vu le jour, leur application reste partielle. « Le peuple thaï n’est pas très discipliné. Ces politiques restent difficiles à faire appliquer », relève Prinya Thaewanarumitkul, professeur de droit public à l’Université de Thammasat.
Bangkok étant menacée de devenir la ville la plus chaude d’Asie du Sud-Est d'ici à 2050 selon l’Asean Centre for Energy, la végétalisation fut l’un des axes majeurs du mandat du gouverneur. Et double sa promesse d’un million d’arbres plantés. « Les gens ont besoin de fraîcheur naturelle, pas de deux millions de climatiseurs », relève l’enseignant. « Bangkok 15 minutes » incarne cette méthode, visant un parc à moins d’un quart d’heure de marche. Inspirée de tendances internationales initiée par le Paris d’Anne Hidalgo et du C40 Cities Climate Leadership Group, où siège notamment l’ancien maire de New York et milliardaire Michael Bloomberg. Cette tactique s’inscrit dans un mouvement global de villes durables. Si le BMA s’est vanté de la sortie de terre d’une centaine de « parcs de poche », les effets bénéfiques pour la santé restent moindres et les craintes d’une gentrification verte fondées.
« Ce n’est pas un désastre. Mais il a fait le strict minimum », estime Pravit Rojanaphruk. Même chez ses détracteurs, les critiques restent tendres. Quantum, 26 ans, scrolle sur son téléphone en marge d’un immense centre commercial. Polo noir brodé du triangle inversé orange en évidence : « Il n’est ni bon, ni mauvais, il aurait dû plus se concentrer sur le trafic routier. »