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Après le déclenchement de la crise grecque, la zone euro crée le Fonds européen de stabilité financière (FESF), pour venir en aide aux pays fragilisés. Nous l'avons rencontré à Luxembourg. Construit sur un montage jugé par certains aussi risqué que ceux qui avaient déclenché la crise, il sera remplacé par une instance permanente, le Mécanisme européen de stabilité financière (MES), qui ambitionne de faire figure de FMI bis. Autre solution envisagée par les dirigeants européens pour endiguer la contagion : le recours aux ressources illimitées de la BCE. Il faudrait pour cela faire violence aux traités. Pour contourner cet obstacle, ils entendent passer par le FMI.
Fabrice Pelosi, 28 ans, est le Jean-Pierre Gaillard de Twitter. Diplômé d’école de commerce, il se destinait à la finance. « Un peu par hasard », il s’est retrouvé à Capital.fr, en tenant à côté le blog warrant marrant dans lequel il vulgarise la finance grâce à des vidéos décalées. Aujourd’hui, il est éditeur à Yahoo Finances. Mode d’emploi pour se connecter à l’infosphère financière.
En 2012, les réductions à marche forcée des déficits publics engagés par les gouvernements ne réduisent pas leurs besoins de recourir aux marchés.
La valeur de la dette contractée qui arrive à échéance est considérable pour des États tels que l'Italie et l'Espagne, particulièrement exposés à la défiance des investisseurs.
Quant au gouvernement français, il devra faire appel au marché en 2012 pour lever l'équivalent de 16% de son PIB.
Incitation supplémentaire à se livrer à ces paris, les coûts de transaction des produits dérivés sont très bas, puisque la majeure partie d'entre eux sont échangés de gré-à-gré entre deux établissements, échappant ainsi à la régulation et aux frais de gestion.
«La complexité des produits financiers, comme les subprimes inclus dans des titres structurés en tranches de risques croissants, les a rendus plus risqués. Du coup, les banques, et en particulier les géants internationaux, se sont largement lancés dans la fabrication de produits dérivés pour offrir des couvertures contre chacun de ces risques, mais aussi dans la conclusion de contrats de couverture entre elles, pour garantir leurs propres actifs» explique Paul Atkinson. C'est en partie ce qui explique l'explosion quantitative des produits dérivés. Bien sûr c'est aussi le fait qu'ils rapportent beaucoup d'argent. Le monde de la finance est avant tout motivé par cela.
«L'utilisation excessive des produits dérivés est responsable de la crise» affirme Paul Atkinson. Utilisés massivement pour la spéculation, présents dans les bilans de toutes les banques, ils ont nourri les bulles spéculatives.
Quand la bulle éclate, c'est-à-dire quand une des parties ne peut pas honorer sa promesse de payer car elle ne dispose pas de fonds suffisants, c'est le début d'une crise financière. Si celle que nous vivons se diffuse avec une telle ampleur, c'est que tous les grands groupes bancaires sont interdépendants, conclut Paul Atkinson. Voilà comment la faillite du géant Lehman Brothers suite à l'explosion de la bulle des subprimes s'est transformée en crise bancaire mondiale. Comme un domino qui entraîne dans sa chute les autres dominos devant lui.
Jeanne Richard Et Eléa François À Paris
Dans les bureaux francfortois de la rédaction du Handelsblatt, Oliver Stock se réjouit de la fusion qui se prépare entre les deux opérateurs boursiers NYSE-Euronext et Deutsche Börse. Rédacteur en chef online du quotidien financier, il est aux premières loges de l'excitation qui agite le microcosme financier de Francfort. «C'est la chance de la ville de s'ériger en véritable place financière mondiale. Malgré la crainte d'être peu à peu engloutie par New-York, tout le monde est impatient ici», assure-t-il. La Deutsche Börse, dont les actionnaires détiendraient 60% de la holding, s'allierait aux bourses de New-York, Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Porto et au LIFFE (marché à terme britannique). Prévu pour être basé à New-York et à Francfort, le conglomérat vise à devenir le plus grand groupe boursier mondial sur tous les segments de marché.
Pourtant, ce mariage financier tant attendu est encore loin d'être acté. Annoncé en février, le projet de fusion entre NYSE-Euronext et Deutsche Börse fait l'objet depuis le mois d'août d'un contrôle accru de la Commission. L'objet de l'enquête porte sur le poids de «ce nouveau monstre», qui contrôlerait environ 90 % du marché des produits dérivés en Europe, étouffant ainsi toute concurrence. Aussi, cette fusion provoquerait un double monopole : sur le marché des dérivés et sur celui des activités de compensation. D'où l'expression de « silo vertical », processus imaginé pour contrôler à la fois les transactions boursières et leur enregistrement.
Cette manœuvre n'a pas échappé à la Commission, qui s'apprêtait le 12 décembre dernier à interdire l'union des deux opérateurs boursiers. Ceux-ci ont réagi dans la foulée, se déclarant prêts à augmenter leur cession d'actifs dans les dérivés d'action, ainsi qu'à permettre un accès plus large aux services de Eurex Clearing, la chambre de compensation de la Deutsche Börse, et à la plateforme d'échanges de dérivés Eurex. Ils ont néanmoins indiqué que s'ils devaient se séparer de toutes leurs activités dans les dérivés, comme les plateformes d'échanges Liffe et Eurex, leur fusion n'aurait plus lieu d'être.
Le contentieux doit prendre fin le 9 février 2012, date à laquelle Joaquin Almunia, commissaire à la concurrence dévoilera la décision définitive de l'instance européenne.
Marion Kremp et Laure Siegel À francfort
Paul Atkinson, chercheur à Sciences Po. Paris, explique à quoi sert un produit dérivé avec l'exemple des options de vente.